Shure KSE1200

KSE1200

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Mettre des trans­duc­teurs or­tho­pla­nar dans une paire d’écou­teurs in­tra-au­ri­cu­laires, comme le fait Au­deze sur ses isine, c’est dé­jà osé. Y pla­cer de vrais trans­duc­teurs élec­tro­sta­tiques l’est en­core plus. C’est pour­tant ce qu’a fait Shure, le cham­pion ori­gi­nel des écou­teurs ul­tra haut de gamme, tout d’abord sur ses mo­dèles KSE1500 puis sur les KS1200 que nous tes­tons ici.

par Pierre Stem­me­lin

Il y a une dou­zaine d’an­nées, met­tant à pro­fit son ex­pé­rience dans le do­maine des oreillettes de scène pro­fes­sion­nelles, Shure lan­çait les E500 et se po­si­tion­nait comme pré­cur­seur du mar­ché des écou­teurs in­tra-au­ri­cu­laires haut de gamme. Il était le pre­mier grand construc­teur à mon­trer que ces pe­tits bouts de plas­tique pou­vaient être autre chose que des ha­ri­cots chan­teurs de piètre qua­li­té et de­ve­nir de vrais pro­duits au­dio­philes. Pour ce­la, ses E500, qui étaient com­mer­cia­li­sés à près de 500 € (une somme qui sem­blait énorme pour ce type de pro­duit), uti­li­saient un sys­tème à triple trans­duc­teurs à ar­ma­ture ba­lan­cée. De­puis, Shure n’a eu de cesse de conser­ver le «lead» sur le sec­teur des écou­teurs très haut de gamme, de type IEM (In-ear Monitor). En 2015, nous avons ain­si eu l’oc­ca­sion de tes­ter les Shure SE846 qui, pour nous, éta­blis­saient un «nou­veau stan­dard». Mais Shure ne s’est pas ar­rê­té en si bon che­min et, pour al­ler plus loin en ma­tière de per­for­mances, a dé­ci­dé de­puis de s’es­sayer aux trans­duc­teurs élec­tro­sta­tiques.

Un trans­duc­teur de ce type a pour par­ti­cu­la­ri­té d’être do­té d’un dia­phragme ex­trê­me­ment fin et lé­ger, ten­du entre deux grilles (sta­tors) qui le main­tiennent en équi­libre, l’at­ti­rant vers l’avant ou l’ar­rière en fonc­tion des va­ria­tions du si­gnal au­dio. Il ne s’agit pas tout à fait d’un phé­no­mène élec­tro­ma­gné­tique, mais plu­tôt électrostatique. Nor­ma­le­ment, un trans­duc­teur de ce type a une sur­face im­por­tante, mais Shure a réus­si à le mi­nia­tu­ri­ser sous la forme d’un disque d’à peine 1 cm de dia­mètre.

Il né­ces­site en outre que ses sta­tors soient main­te­nus sous ten­sion en per­ma­nence. Les Shure KSE1200 sont donc ac­com­pa­gnés d’un pe­tit boî­tier d’ali­men­ta­tion fonc­tion­nant sur bat­te­rie sur le­quel on doit rac­cor­der la source. Ce boî­tier dis­pose d’un ré­glage de vo­lume et joue éga­le­ment le rôle d’am­pli casque. Sur les mo­dèles plus haut de gamme, Shure KSE1500, il ajoute la fonc­tion de DAC USB com­pa­tible IOS et An­droid. Avec leur boî­tier et leurs gros câbles mu­nis de gaines tours d’oreilles, les Shure KSE1200 sont donc contrai­gnants à uti­li­ser, mais l’ex­pé­rience en vaut la chan­delle.

À l’écoute, ils dis­til­lent un son d’une pu­re­té ex­trême. On dé­couvre le grain des voix ou les timbres des basses avec une acui­té in­édite. La res­ti­tu­tion est d’une trans­pa­rence et d’une ra­pi­di­té que l’on n’ob­tient pas avec les tech­no­lo­gies de trans­duc­teurs stan­dard. L’ab­sence de co­lo­ra­tion, de traî­nage en est même presque per­tur­bante. Seuls les tym­pans semblent sol­li­ci­tés et ab­so­lu­ment pas l’écoute par conduc­tion os­seuse. Bien que les basses soient pré­sentes, le son pa­raît très clair, très ra­pide, to­ta­le­ment dé­grais­sé. Ai­dé par l’iso­la­tion pho­nique très pous­sée des KSE1200, chaque dé­tail d’un en­re­gis­tre­ment, le moindre souffle est per­cep­tible. Les écou­teurs à trans­duc­teurs élec­tro­sta­tiques de Shure dé­fi­nissent donc une nou­velle di­men­sion so­nore à la fois in­tri­gante et, acous­ti­que­ment, to­ta­le­ment hyp­no­ti­sante.

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