Em­ma Kirk­by en ve­dette

OPERA MAGAZINE - - Cadeaux -

Com­ment ou­blier Em­ma Kirk­by ( née en 1949), sa che­ve­lure rousse, son ap­pa­rence très « peace and love » ? La mu­sique ba­roque lui doit tant ! Deux cof­frets viennent cé­lé­brer une ar­tiste à part, un timbre dont la trans­pa­rence cris­tal­line et la can­deur pou­vaient dé­con­cer­ter les ama­teurs de voix plus co­lo­rées et cor­sées, mais qui sa­vait se plier au pou­voir des mots, et une chan­teuse qui pra­ti­quait la dis­ci­pline de l’en­semble avec un na­tu­rel confon­dant. Le cof­fret Era­to – Em­ma Kirk­by : 5 Classic Al­bums – la pré­sente sous les deux as­pects. En so­lo, avec le lu­thiste An­tho­ny Roo­ley, elle offre une an­tho­lo­gie John Dow­land et un choix d’airs de Ro­bert Jones – des mo­ments d’in­ti­mi­té raf­fi­nés. Avec le Lon­don Ba­roque, ses Deutsche Arien de Haen­del et ses pages de Boyce, Arne et Haen­del (la can­tate Ar­mi­da ab­ban­do­na­ta) té­moignent de la même in­gé­nui­té. Le dia­mant du cof­fret, tou­te­fois, ce sont les ma­dri­gaux du Livre VII de Giaches de Wert, avec le Consort of Mu­sicke, purs ins­tants de ma­gie tis­sés par des voix unies au ser­vice de la poé­sie (5 CD Era­to 0825646112265). Le boî­tier L’oi­seau-lyre – Em­ma Kirk­by : The Com­plete Re­ci­tals – offre so­los et duos (avec l’ex­cellent Da­vid Tho­mas, Mar­tyn Hill, plus fade, et Ju­dith Nel­son). Cinq disques avec An­tho­ny Roo­ley, six avec Ch­ris­to­pher Hog­wood, et un ( Pur­cell) où les deux com­pères se re­joignent, l’un au luth, le se­cond à l’orgue et à l’épi­nette. Sans doute trou­ve­rat- on au­jourd’hui les can­tates de Bach pas­sa­ble­ment sèches et étri­quées (la po­chette de la Can­tate du ca­fé en cos­tumes d’époque est par­ti­cu­liè­re­ment cro­qui­gno­lette !) ; plus vi­vantes, les can­tates de Haen­del, en­core que la pro­non­cia­tion ita­lienne soit des plus exo­tiques. Le Mo­zart d’em­ma Kirk­by, ethé­ré, en­fan­tin, in­nocent, au­ra ses dé­fen­seurs – le timbre a par­fois ten­dance à blan­chir, l’ai­gu à se dur­cir, mais in­con­tes­ta­ble­ment, l’émo­tion est là. Le ré­ci­tal Pur­cell de 1982, et les chan­sons éli­sa­bé­thaines de 1978, réunies sous le titre « The La­dy Mu­sick » , ra­vivent bien des sou­ve­nirs ( 12 CD L’oi­seau­Lyre 478 7863).

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