La gloire de L’oi­seau-lyre

OPERA MAGAZINE - - Cadeaux -

Clas­si­cal & Ear­ly Ro­man­tic : un vo­lu­mi­neux cof­fret à la gloire du la­bel L’oi­seau- Lyre (d’ori­gine fran­çaise, et en­tré dans le gi­ron de Dec­ca en 1970), qui fit tant pour la mu­sique an­cienne et ba­roque. Su­perbe hom­mage, aus­si, à Ch­ris­to­pher Hog­wood, dis­pa­ru voi­ci un peu plus d’un an, cla­ve­ci­niste et chef de l’aca­de­my of An­cient Mu­sic. Le par­cours va de Sta­mitz à Liszt. Hog­wood se taille la part du lion avec Haydn ( in­té­grale de Die Schöp­fung, can­tates ma­gni­fiées par la voix ra­vis­sante d’ar­leen Au­ger, mais aus­si le rare Or­feo ed Eu­ri­dice dont la ve­dette est Ce­ci­lia Bar­to­li), Mo­zart ( Messe en ut mi­neur), Bee­tho­ven ( Sym­pho­nie n° 9) ; il ac­com­pagne éga­le­ment Mar­tyn Hill dans des lie­der de Bee­tho­ven et We­ber. Si­mon Pres­ton di­rige trois messes de Haydn. Quant au Co­si fan tutte si­gné Ar­nold Öst­man, il au­ra en­core bien des par­ti­sans, qui ai­me­ront la vi­sion épu­rée et vi­vante du chef, la Fior­di­li­gi de Ra­chel Ya­kar et le Fer­ran­do de Gös­ta­win­bergh. Quelques pages de Schu­bert chan­tées par John Mark Ainsley com­plètent la par­tie vo­cale d’un cof­fret co­pieux et pas­sion­nant, ja­lon élo­quent de l’his­toire de l’in­ter­pré­ta­tion sur ins­tru­ments an­ciens (50 CD L’oi­seau-lyre 478 8694). Par­mi tous les ré­ci­tals gra­vés par Anne So­fie von Ot­ter pour Ar­chiv Pro­duk­tion et Deutsche Gram­mo­phon, dix ont été réunis dans un cof­fret in­ti­tu­lé 10 Classic Al­bums, cer­nant au mieux l’art d’une in­ter­prète que la France dé­cou­vrit en 1984, au Fes­ti­val d’aix- enP­ro­vence, en Ra­mi­ro dans

La fin­ta giar­di­nie­ra.

La char­mante Sué­doise à la voix de ve­lours ra­tisse large : la­men­ti d e Mo n t e v e rd i , Pur­cell, Vi­val­di, can­tates de Haen­del et Fer­ran­di­ni, les deux avec Rein­hard Goe­bel ; lie­der de Brahms, dé­li­cates par­ti­tions de Cé­cile Cha­mi­nade (l’in­usable An­neau d’ar­gent, bien sûr), mé­lo­dies sué­doises qui sont au­tant de dé­cou­vertes, Ri­chard Strauss, Berg et Korn­gold, tous avec, au pia­no, le com­plice de tou­jours, Bengt Fors­berg. Jus­tesse du style, beau­té du timbre sont sources de plai­sir. Idem pour un choix de Noëls char­mants. Plus in­at­ten­dus, un ré­ci­tal Of­fen­bach ir­ré­sis­tible, en­traî­né par Marc Min­kows­ki, et un CD Kurt Weill un rien so­phis­ti­qué ( Die sie­ben Tod­sün­den, des ex­traits de Hap­py End, La­dy in the Dark, O n e To u c h o f V e n u s ), ac­com­pa­gné par le frin­gant John Eliot Gar­di­ner. Le pé­riple se ter­mine de ma­nière moins convain­cante aux cô­tés d’el­vis Cos­tel­lo ( 11 CD Deutsche Gram­mo­phon 479 4369). Il est loin le temps où le très jeune so­pra­no gar­çon Be­jun Meh­ta en­re­gis­trait Le Pâtre sur le ro­cher de Schu­bert, mais aus­si Brahms et Haen­del. De­ve­nu contre­té­nor ve­dette, do­té d’une for­mi­dable pré­sence scé­nique, il gra­va pour H a r m o n i a Mu n d i t r o i s ré­ci­tals au­jourd’hui réunis en un boî­tier, in­ti­tu­lé Ba­roque, Clas­si­cal and Mo­dern Arias & Scenes for Coun­ter­te­nor. Sans doute re­pro­che­ra-t-on au chan­teur une cer­taine aci­di­té de l’ai­gu, des graves par­fois gros­sis, une dic­tion qui pour­rait être plus nette. Mais la sen­si­bi­li­té de l’in­ter­prète illu­mine le flo­ri­lège de mé­lo­dies an­glaises in­ti­tu­lé « Down by the Sal­ley Gar­dens » , et le vir­tuose i mpres­sionne t o u j o u r s d a n s Ha e n d e l , ac­com­pa­gné par Re­né Ja­cobs e t l e b r i l l a n t Fre i b u rg e r B a r o c k o rc h e s t e r. Me h t a re­trouve Ja­cobs, mais cette fois avec l a splen­dide Aka­de­mie für Alte Mu­sik Ber­lin, pour une an­tho­lo­gie de l’opé­ra clas­sique (Gluck, Mo z a r t , Tr a e t t a , Ha s s e , J. C. Bach) qui est une pure mer­veille et jus­ti­fie­rait à elle seule l’achat de ce cof­fret ( 3 C D Ha r m o n i a Mu n d i HMX 2908736.38).

M. P.

Voi­ci vingt ans que Vi­vi­ca Ge­naux dé­fend avec cha­leur et pas­sion les ré­per­toires ba­roque et bel­can­tiste. Son chant vir­tuose, qui n’hé­site pas à se lan­cer dans les plus folles vo­ca­lises, est aus­si ca­pable d’émo­tion et de ten­dresse. Sa per­son­na­li­té, qui s’épa­nouit à la scène (elle a même osé Car­men, avec p a n a c h e ) , n’ e s t e n r i e n in­hi­bée par le stu­dio. Vi­val­di, Haen­del et Hasse, Do­ni­zet­ti et Ros­si­ni sont au pro­gramme des trois ré­ci­tals Era­to, gra­vés entre 2003 et 2008, réunis en un cof­fret in­ti­tu­lé Arias. Du to­nus à re­vendre et du so­leil au coeur de l’hi­ver (3 CD Era­to 0825646098309).

M. P.

On l’a ap­plau­die, à l’opé­ra Na t i o n a l d e Pa r i s , d a n s Haen­del ( Al­ci­na et Giu­lio Ce­sare) et Ra­meau ( Les Indes ga­lantes) : Na­ta­lie Des­say n’a ja­mais ca­ché son af­fec­tion pour le ré­per­toire ba­roque. D’ o ù c e t t e c o m p i l a t i o n in­ti­tu­lée Ba­roque, fai­sant voi­si­ner les sus­nom­més avec Bach (la Can­tate n° 51), grâce à des ex­traits d’in­té­grales ou de ré­ci­tals pa­rus chez EMI, V ir­gin et Era­to, avec, au pu­pitre, William Ch­ris­tie et, sur­tout, la com­plice pré­fé­rée d e n o t r e s o p r a n o s t a r, Em­ma­nuelle Haïm. En bo­nus, un DVD de huit mi­nutes : Des­say y chante et danse une aria d’al­ci­na cho­ré­gra­phiée par sa par­te­naire, l’étoile Ma­rie- Agnès Gillot ( 2 CD + 1 DVD Era­to 0825646051854).

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