GUIDE

OPERA MAGAZINE - - GUIDE -

Du pla­teau, on re­tien­dra la Leo­nore d’adrianne Piec­zon­ka, cré­dible en scène, vo­ca­le­ment de grande classe, même si elle n’ef­face ja­mais les plus forts sou­ve­nirs. Les in­con­di­tion­nels de Jo­nas Kauf­mann se pré­ci­pi­te­ront sur le II, ou­vert par un très digne « Gott ! » et conduit avec toute la qua­li­té de dic­tion, de phra­sé, d’ex­pres­si­vi­té qu’on peut lui connaître – une fois dit que le timbre sombre est contraire à ce qui fait l’une des exi­gences de Flo­res­tan. Hans-pe­ter Kö­nig est un Roc­co de noble sta­ture, mais vo­ca­le­ment plus or­di­naire. To­masz Ko­niecz­ny est brillant en scène, mais ru­gueux comme tou­jours, et sans vrai­ment les graves de Pi­zar­ro. Ol­ga Bezs­mert­na, au contraire, re­tient l’at­ten­tion par sa Mar­zel­line d’une qua­li­té hors du com­mun, aux cô­tés du bon Ja­qui­no de Nor­bert Ernst. Avec un or­chestre et des choeurs d’ex­cel­lence, Franz Wel­ser- Möst opère une mise en place pro­saïque, avec trop de pe­tits dé­ca­lages, que l’en­re­gis­tre­ment met en évi­dence. On pour­ra trou­ver sa­tis­fac­tion glo­bale avec les chan­teurs, mais si c’est

qu’on cherche, il fau­dra voir ailleurs. suelles, ne conser­vant que ce qu’il est vrai­ment im­por­tant de cap­ter pour com­prendre quelque chose à cette « re­lec­ture » com­pli­quée. De sur­croît, les mi­cros sont beau­coup plus in­dul­gents avec la dic­tion, sou­vent pâ­teuse, des chan­teurs que l’acous­tique du Fest­spiel­haus. L’im­pres­sion d’un Pro­logue et d’un acte d’olym­pia brillants se confirme lar­ge­ment, et l’acte d’an­to­nia passe net­te­ment mieux que sur le vif. En­suite, mal­heu­reu­se­ment, même ex­pli­ci­té par des ca­drages res­ser­rés, l’acte de Giu­liet­ta reste un ga­li­ma­tias dif­fi­ci­le­ment dé­fen­dable et l’épi­logue, dont la mu­sique est re­dis­tri­buée ailleurs, tourne court. Vo­ca­le­ment, l’exé­cu­tion est de bonne te­nue. Et les Wie­ner Sym­pho­ni­ker de Jo­hannes De­bus sou­tiennent ef­fi­ca­ce­ment le tout. On passe une soi­rée énig­ma­tique à plus d’un mo­ment, mais les cu­rieux du tra­vail de Ste­fan He­rheim ne lais­se­ront cer­tai­ne­ment pas pas­ser l’oc­ca­sion. C’est avant tout le nom de Woo­dy Al­len qui at­tire l’at­ten­tion sur ce Gian­ni Schic­chi, cap­té au Los An­geles Ope­ra, en sep­tembre-oc­tobre 2015 ( voir O. M. n° 111 p. 49 de no­vembre). Mais quelle a été, au juste, son im­pli­ca­tion ? Si l’on en juge par ce que l’on dé­couvre, elle a été plu­tôt mo­deste et l’on cherche en vain, dans cette mise en scène bien tra­di­tion­nelle, la touche ori­gi­nale du réa­li­sa­teur de Man­hat­tan. Tout au plus peut-on rap­pro­cher ces chi­ca­ne­ries in­ces­santes au sein d’une fa­mille de cer­taines scènes de son der­nier film, Ca­fé So­cie­ty, qui se dé­roulent, elles, à New York. En l’oc­cur­rence, nous sommes bien à Flo­rence – non point à l’époque de Dante, mais plu­tôt à celle de Ra­dio Days. À part cette mo­der­ni­sa­tion vou­lue, rien ne s’éloigne de ce que l’on a sou­vent vu ailleurs. L’autre tête d’af­fiche est Pla­ci­do Domingo, qui peine à confé­rer un re­lief mé­mo­rable à Gian­ni Schic­chi, dont il ne pos­sède ni la roue­rie, ni le mor­dant. Et son ai­sance en scène ne sau­rait faire ou­blier une voix fa­ti­guée. Au­tour, si l’on ex­cepte Lau­ret­ta et Ri­nuc­cio, la dis­tri­bu­tion est d’un ni­veau très moyen, que ne par­vient pas tou­jours à re­le­ver la di­rec­tion mu­si­cale ani­mée, mais sans vrai ca­rac­tère, de Grant Ger­shon. Pour ce DVD de moins d’une heure, re­gret­tons l’ab­sence d’un « bo­nus » qui au­rait don­né la pa­role à Woo­dy Al­len

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