Tan­dem.

“Vendre le Ra­fale, c’est un peu comme ga­gner le Tour”

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Jean-Yves Le Drian, mi­nistre de la dé­fense et rou­leur bre­ton.

PO­LI­TIQUE Bre­ton pur beurre, Jean-Yves Le Drian porte un amour ja­mais dé­men­ti au vé­lo. Ami de Ber­nard Hinault et cy­cliste du di­manche, le mi­nistre de la dé­fense dis­pose même de “son” équipe avec la for­ma­tion de l’Ar­mée de Terre. Ques­tion­naire en te­nue de ca­mou­flage.

Pour­quoi la Bre­tagne est-elle la fille aî­née du cy­clisme?

Peut-être faut il y voir une conver­gence de valeurs entre le cy­clisme et la Bre­tagne: l’en­du­rance, l’opi­niâ­tre­té, le goût de l’ef­fort et l’es­prit d’équipe. Il y a évi­dem­ment les grands cham­pions que furent Jean Ro­bic, Loui­son Bo­bet, Ber­nard Hinault et beau­coup d’autres. Le vé­lo fait par­tie de l’ADN des Bre­tons et le Tour de France le leur rend bien en pas­sant par la ré­gion une fois tous les deux ans. Ce se­ra le cas cette an­née.

On vous sait ami de Ber­nard Hinault, mais vous étiez An­que­til ou Pou­li­dor?

Pou­li­dor, c’est d’abord la té­na­ci­té. Ren­dez-vous compte: mon­ter sur le po­dium à qua­rante ans, ça force l’ad­mi­ra­tion. J’ai aus­si mes vic­toires: vendre le Ra­fale, c’est un peu comme ga­gner le Tour. Mais An­que­til l’a ga­gné cinq fois. Il me reste en­core une sa­crée marge de pro­gres­sion…

Il se dit que vous avez beau­coup de nu­mé­ros de por­table de cou­reurs fran­çais ac­tuels.

Et l’équipe cy­cliste de l’Ar­mée de Terre a le mien. Ils m’en­voient leurs ré­sul­tats après chaque course. Je les at­tends chaque fois avec im­pa­tience, et ils le savent.

Ni­co­las Sar­ko­zy vous a pro­po­sé de rou­ler pour lui en 2007. Mais avez-vous dé­jà cou­ru avec lui?

Mon vrai pri­vi­lège a été de cou­rir avec Ber­nard Hinault!

Sur le front de la sé­cu­ri­té du pays ou de la lutte contre le ter­ro­risme in­ter­na­tio­nal, on peut le dire. Mais que per­sonne ne s’y trompe, c’est lui qui tient le gui­don.

Avec Fran­çois Hol­lande, c’est du tan­dem? Il se dit que le Pré­sident est plu­tôt foot que vé­lo…

Mais comme les lea­ders cy­clistes, il court tou­jours pour la gagne. En at­ta­quant de loin, il a ga­gné une grande course en 2012. On l’a dé­jà vu ta­pi au fond du pe­lo­ton, et ré­gler tout le monde au sprint.

Il y a des points com­muns à ces deux mondes, en ef­fet. En po­li­tique aus­si, il faut sa­voir frot­ter, an­ti­ci­per une échap­pée, s’ac­cro­cher quand les cir­cons­tances sont dé­fa­vo­rables et ne ja­mais re­non­cer. Un gou­ver­ne­ment, c’est aus­si du jeu col­lec­tif. Il y a le lea­der, les por­teurs d’eau, des sprin­ters, des grim­peurs, des rou­leurs… Comme dans une for­ma­tion cy­cliste, cha­cun a ses qua­li­tés.

La qua­li­té du cou­reur in­dis­pen­sable au po­li­tique? Com­ment convaincre les fron­deurs de pas­ser des re­lais?

Lors­qu’ils au­ront pris beau­coup de vent à l’avant de pe­lo­ton, ce sont eux-mêmes qui de­man­de­ront à pas­ser des re­lais. On s’épuise vite à vou­loir cas­ser les rythmes col­lec­tifs. PRO­POS RE­CUEILLIS PAR ERIC KARNBAUER / PHOTO: MI­NIS­TÈRE DE LA DÉ­FENSE - RO­LAND

PEL­LE­GRI­NO

“En at­ta­quant de loin, Fran­çois Hol­lande a ga­gné une grande course en 2012. On l’a dé­jà vu ta­pi au fond du pe­lo­ton, et ré­gler tout le monde au sprint” Jean-Yves Le Drian

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