An­guille sous roche en haute mer

Pêche en Mer - - EMBRUNS PÊCHE -

Des cher­cheurs de la Dal­hou­sie Uni­ver­si­ty, Glo­bal Fi­shing Watch et SkyT­ruth map ont réus­si, sem­ble­rait-il, à lo­ca­li­ser des trans­ferts de prises en pleine mer. Cʼest au cours de deux nou­velles études ré­vo­lu­tion­naires que ces cher­cheurs ont ap­pli­qué une tech­no­lo­gie de pointe afin de car­to­gra­phier exac­te­ment les zones dans les­quelles les ba­teaux de pêche pour­raient trans­fé­rer leurs prises sur des car­gos. Pra­tique plus connue sous le terme de trans­bor­de­ment : elle aug­mente lʼef­fi­cience des en­tre­prises de pêche en sup­pri­mant le tra­jet re­tour au port. Ces tra­fics sur­viennent sou­vent à lʼa­bri des regards en haute mer per­met­tant ain­si à la pêche illé­gale de per­du­rer et no­tam­ment de brouiller la tra­ça­bi­li­té des es­pèces pê­chées lors des trans­bor­de­ments entre les dif­fé­rents na­vires.

Le Dr. Bo­ris Worm, Pro­fes­seur de bio­lo­gie ma­rine à lʼU­ni­ver­si­té de Dal­hou­sie, in­dique quʼau­tre­fois ces ac­ti­vi­tés étaient in­vi­sibles mais quʼil est dé­sor­mais pos­sible de sa­voir dʼoù vient le pois­son que nous consom­mons grâce aux contrôles par sa­tel­lite. Quant aux cher­cheurs de SkyT­ruth et de Glo­bal Fi­shing Watch, ils ont pu dé­ter­mi­ner le com­por­te­ment des car­gos ré­fri­gé­rés, quand et où ils pas­saient à lʼac­tion et quelles flottes sont les plus im­pli­quées dans ces pra­tiques (don­nées pu­bliées dans Fron­tiers in Ma­rine Science). Entre 2012 et fin 2017, lʼé­quipe de Dal­hou­sie a ob­ser­vé 501 car­gos se met­tant à couple avec 1856 ba­teaux de pêche (53 % de cha­lu­tiers et 21 % de pa­lan­griers concer­nés) pour 10 510 trans­bor­de­ments qui ont lieu sur tous les océans, dont dans 42 zones éco­no­miques ex­clu­sives et spé­ci­fi­que­ment en Afrique de lʼouest, Rus­sie et le Pa­ci­fique tro­pi­cal.

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