Pê­chez votre bar re­cord !

Pêche en Mer - - SOMMAIRE - Texte : Her­vé Pe­tit­bon. Pho­tos : Paul Pe­tit­bon.

En cette fin d’au­tomne, les gros bars se rap­prochent des côtes avec un ap­pé­tit pan­ta­grué­lique. C’est le mo­ment de vé­ri­fier la so­li­di­té de votre ma­té­riel et d’être psy­cho­lo­gi­que­ment pa­ré au com­bat. Les rushs puis­sants de ces beaux spé­ci­mens ne par­donnent au­cune fai­blesse. À vous de jouer pour fer­rer votre pois­son re­cord !

Même si les nom­breuses jour­nées en­so­leillées de cette deuxième par­tie d’au­tomne donnent en­core un ar­rière-goût de va­cances, les tou­ristes ont bel et bien re­pris une vie « nor­male ». Les mar­cheurs épar­pillés çà et là sur les méandres des che­mins cô­tiers se font de plus en plus rares et les quelques bai­gneurs qui bravent des eaux dont la tem­pé­ra­ture est des­cen­due sous les 15 de­grés se comptent, dans la jour­née, sur les doigts d’une main. Ce « re­tour au calme » con­traste avec l’ef­fer­ves­cence qui règne sous l’écume des eaux bras­sées par la houle d’au­tomne. Les bars, moins mé­fiants, se sont rap­pro­chés de la côte avec une seule idée en tête : ava­ler le plus de proies pos­sible pour se consti­tuer un stock de graisse. Le but étant de sup­por­ter la di­sette lors de la pé­riode de fraye qui s’étale, se­lon les ré­gions, du mois de jan­vier au mois de mars. Mais avant de vous don­nez des con­seils tech­niques, j’ai­me­rai tordre le coup à une idée, qui pour beau­coup, est presque de­ve­nu un pos­tu­lat. C’est celle de croire qu’avec la baisse de la tem­pé­ra­ture de l’eau, les bars se trou­ve­raient es­sen­tiel­le­ment sur le fond. Mon ex­pé­rience m’a maintes fois prou­vé le contraire. Toutes les couches d’eau sont à pros­pec­ter, et ce, sur tous les postes que vous al­lez abor­der. Né­gli­ger la par­tie su­pé­rieure, c’est mi­ni­mi­ser for­te­ment vos

Il est com­mu­né­ment ad­mis qu' avec la baisse de la tem­pé­ra­ture de l'eau, les bars se re­trou­ve­raient es­sen­tiel­le­ment sur le fond. Pour­tant, mon ex­pé­rience m'a maintes fois prou­vé le contraire.

chances de cap­ture. Même la pêche aux leurres de sur­face peut vous va­loir quelques belles sur­prises. En re­vanche, n’in­sis­tez-pas trop avec cette tech­nique, quelques lan­cers suf­fisent pour voir si les bars y sont sen­sibles.

La mo­bi­li­té : un gage de suc­cès

Pour ma part, je com­mence gé­né­ra­le­ment avec mes leurres durs préférés qui ont fait leurs preuves toutes sai­sons confon­dues. Ces der­niers évo­luent entre 80 cm et 1,5 m sous la sur­face de l’eau.

« Un éven­tail de leurres tou­jours ef­fi­cace : Flash­min­now 110, Ty­de­min­now et Car­ry sand eel. »

Une fois avoir pei­gné la to­ta­li­té de la su­per­fi­cie d’un spot, j’uti­lise alors des leurres que je peux faire évo­luer dans toutes les couches d’eau. J’ai ain­si la cer­ti­tude d’avoir ex­ploi­té toutes les zones sus­cep­tibles d’abri­ter du pois­son avant de ten­ter ma chance sur un autre poste. J’in­siste ra­re­ment plus d’un quart d'heure sur un même en­droit. Ce­la ne sert à rien. À moins d’at­tendre un hy­po­thé­tique « pas­sage », vous ne fe­rez que de perdre un temps pré­cieux. Quand les bars se trouvent près du bord, c’est, à coup sûr, qu’ils sont en quête

de proies (pois­sons four­rage et crus­ta­cés en tous genres) cha­hu­tées par le res­sac. La touche se fait ra­re­ment at­tendre. Sur des postes par­ti­cu­liè­re­ment étroits, par exemple un gou­let entre deux pointes, quatre ou cinq lan­cers suf­fisent. Je ne compte pas le nombre de fois où j’ai fer­ré un bar dès la pre­mière ten­ta­tive. Autre point im­por­tant : chan­ger de poste ne né­ces­site pas d’ef­fec­tuer des cen­taines de mètres pour en « trou­ver » un autre. D’une part, le pois­son four­rage se can­tonne sou­vent dans des vo­lumes d’eau as­sez res­treints et très lo­ca­li­sés. Et d’autre part, les bars de beaux ga­ba­rits (entre 2,5 et 4 kg en­vi­ron) de­viennent de moins en moins gré­gaires. Ces su­jets chassent sou­vent à deux ou trois. On peut donc passer à cô­té de très belles op­por­tu­ni­tés à quelques di­zaines de mètres près.

À vingt mètres près…

Pour mul­ti­plier les chances d’en pê­cher, il est au­jourd’hui in­dis­pen­sable d’être par­ti­cu­liè­re­ment mo­bile et de ne pas né­gli­ger le moindre poste sus­cep­tible d’abri­ter du pois­son. Voi­ci, pour vous en convaincre, une anec­dote qui m’est ar­ri­vée au prin­temps der­nier. Ce ma­tin là, nous pê­chions à deux. Alain avait choi­si de se pos­ter à droite d’une pe­tite pointe d’une di­zaine de mètres. L’en­droit, exi­gu, ne per­met­tait pas de pêche côte à côte. J’avais donc dé­ci­dé de pê­cher à gauche de cette roche qui nous sé­pa­rait d’une ving­taine de mètres, pas plus. Le gron­de­ment créé par les as­sauts ré­pé­tés de la houle contre les roches et la hau­teur de cette pointe fai­sait que nous ne pou­vions ni com­mu­ni­quer ver­ba­le­ment, ni vi­suel­le­ment. Après quelques vains lan­cers, je dé­ci­dais de me rendre sur un spot qui se si­tuait en pro­lon­ge­ment de ce­lui de mon ami. Et là, sur­prise ! Alain était en train de com­battre un jo­li pois­son d’en­vi­ron deux ki­los. Il en avait mis un autre au sec qui avait hap­pé son leurre dès son pre­mier lan­cer ! Comme quoi, la réus­site d’une par­tie de pêche ne tient par­fois qu’à quelques mètres.

Quand pê­cher ?

L’avan­tage de cette sai­son c’est que l’on peut pê­cher du ma­tin au soir. Certes, l’aube et le cré­pus­cule res­tent des mo­ments à pri­vi­lé­gier mais les bars, sou­cieux d’em­ma­ga­si­ner un maxi­mum de ca­lo­ries, res­tent ac­tifs tout au long de la jour­née. Ne vous pré­oc­cu­pez plus de l’état de la mer, du sens du vent, des ma­rées… Pê­chez, pê­chez, pê­chez ! Car, quelles que soient les condi­tions, les bars doivent trou­ver de la nour­ri­ture. C’est une né­ces­si­té bio­lo­gique. Et grâce aux tem­pé­ra­tures par­ti­cu­liè­re­ment clé­mentes des six der­niers mois,quelque chose me dit que la sai­son de pêche va s’éta­ler au moins jus­qu’à la mi-dé­cembre, voire jus­qu’à Noël. Alors, à vos cannes !

Grand jerk­bait et cra­zy sand eel, un duo par­ti­cu­liè­re­ment ef­fi­cace pour la fin de sai­son.

Après avoir pei­gné la to­ta­li­té d'un spot avec mes pois­sons na­geurs de pré­di­lec­tion, j'uti­lise ha­bi­tuel­le­ment des leurres na­geant dans toute la co­lonne d'eau.

Les bars sou­cieux d'em­ma­ga­si­ner un maxi­mum de ca­lo­ries res­tent ac­tifs tout au long de la jour­née.

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