Mi­lieu ma­rin

L’océan, son his­toire avant les pois­sons

Pêche en Mer - - SOMMAIRE -

Aux dé­buts de la Terre, les océans se sont for­més tar­di­ve­ment et leur ori­gine reste dis­cu­tée. La Terre s’est for­mée il y a 4,56 mil­liards d’an­nées (gi­ga-an­nées, en abré­gé : Ga) en un globe de mag­ma brû­lant, d’en­vi­ron 2 000°C. Ce fut une pé­riode de vio­lence ap­pe­lée l’Ha­déen, « l’âge des en­fers » (4,5-4 Ga). Avec no­tam­ment la for­ma­tion de la lune après la per­cus­sion d’un corps de la taille de Mars. L’eau était très rare, la Terre étant trop chaude et trop proche du so­leil. Le Globe s’est re­froi­di en sur­face, for­mant en quelques cen­taines de mil­lions d’an­nées, une croûte so­lide, une croûte conti­nen­tale d’abord li­mi­tée puis gé­né­rale. D’ailleurs la moi­tié du vo­lume de la croûte était en place il y a 3,5 Ga.

Bom­bar­de­ments et pre­miers océans

L’eau se­rait ar­ri­vée peu après, lors du Grand Bom­bar­de­ment Tar­dif. Ce mince ver­nis a été ap­por­té par des mé­téo­rites de glace comme la co­mète Tchou­ri. Ana­ly­sée par la sonde Ro­set­ta il y a quatre ans, la com­po­si­tion iso­to­pique de l’eau de la co­mète dif­fère ce­pen­dant de celle des océans. Ce qui ‘amène de l’eau au moulin’ de géo­logues qui es­timent qu’une bonne part de l’eau ma­rine s’est en fait dé­ga­gée pro­gres­si­ve­ment de l’in­té­rieur de la Terre. Se­lon la ré­cente ana­lyse d’un cris­tal de roche vol­ca­nique d’ori­gine pro­fonde, il res­te­rait dans le man­teau ter­restre l’équi­valent des océans ac­tuels sous forme de mi­né­raux hy­dra­tés. Il y au­rait aus­si de l’eau li­quide mal­gré la tem­pé­ra­ture, à cause des énormes pres­sions. L’eau li­quide en sur­face exis­tait dé­jà il y a 4,1 à 4,4 Ga, d’après l’exa­men de zir­cons de l’époque, mi­nus­cules cris­taux presque in­al­té­rables re­trou­vés en Aus­tra­lie, dont l’un re­monte même à 4,4 Ga. Pour­tant la pé­riode res­tait agi­tée no­tam­ment avec le Grand Bom­bar­de­ment Tar­dif entre entre 3,8 et 4 Ga. Deux cher­cheurs aus­tra­liens ont trou­vé l’an der­nier la trace d’un très gros cra­tère d’as­té­roïde da­tant de 3,5 Ga. La chute d’autres as­té­roïdes énormes a même dû faire bouillir l’océan il y a 3,3 Ga. Il est vrai que les eaux étaient chaudes, pro­ba­ble­ment de l’ordre de 70°C, dans un monde au vol­ca­nisme en­core très in­tense.

L’ap­pa­ri­tion de la vie

La vie était peut-être là dès la fin de l’Ha­déen, avant même l’Ar­chéen (de 4 à 2,5 Ga). Suite aux ex­pé­riences de l’amé­ri­cain Miller en 1953, la vie sem­blait née après la for­ma­tion d’une « soupe pri­mi­tive » de ma­tière or­ga­nique fa­bri­quée par exemple par les éclairs. Dé­sor­mais, les ob­ser­va­tions as­tro­no­miques des co­mètes comme Tchou­ri ou d’un corps comme Plu­ton, ré­vèlent que de nom­breuses sub­stances or­ga­niques ont été ap­por­tées par les mé­téo­rites. Par ailleurs, la vie a pu naître dans des condi­tions res­sem­blant à celles des éco­sys­tèmes hy­dro­ther­maux sous-ma­rins, loin de la lu­mière so­laire et de l’at­mo­sphère. Les in­dices sur l’ap­pa­ri­tion de la vie sont té­nus et dis­cu­tés. Des traces de car­bone peut-être d’ori­gine bio­lo­gique ont été trou­vées en Aus­tra­lie dès l’époque de 4,1 Ga. Des fi­la­ments mi­cro­sco­piques proches de sources hy­dro­ther-

Texte de Ber­nard Sou­lard, pho­tos de l’au­teur et DR.

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