5-7 ans

Elle parle en dor­mant

Parents - - Sommaire - ANNE VAN WAEREBEKE

C’est pas moi qui l’ai fait tom­ber ! », s’ex­clame Léa à… 2 heures du ma­tin. Puis elle se met à mar­mon­ner. Vous vous ap­pro­chez : elle dort à poings fer­més. Quelques nuits plus tard, elle lance : « Rends-moi ma bille ! » « Quelle bille ? », de­man­dez-vous. Et Léa de vous ré­pondre: «La jaune qui brille ». Elle dort pour­tant comme un ange. Cer­taines nuits, vous l’en­ten­dez même rire.

Un phé­no­mène in­of­fen­sif

Léa fait de la “som­ni­lo­quie”, elle parle en dor­mant, comme beau­coup d’en­fants de son âge qui chu­chotent, mar­monnent, rient ou parlent, plus ou moins fort, de fa­çon plus ou moins in­tel­li­gible. « C’est un phé­no­mène ba­nal chez l’en­fant, et qui ne nuit pas à la qua­li­té du som­meil, pré­cise Ma­rie-Fran­çoise Vec­chie­ri­ni, neu­ro­psy­chiatre spé­cia­liste du som­meil. En ef­fet, ce­la n’en­gendre au­cune mo­di­fi­ca­tion vi­sible sur l’élec­troen­cé­pha­lo­gramme (en­re­gis­tre­ment de l’ac­ti­vi­té cé­ré­brale), pas même des mi­cro­ré­veils. »

Par­mi ces bi­zar­re­ries que l’on nomme “pa­ra­som­nies”, la som­ni­lo­quie est un phé­no­mène proche du som­nam­bu­lisme. « On en connaît peu les mé­ca­nismes et les causes pré­cises, mais on a iden­ti­fié des fac­teurs hé­ré­di­taires, pour­suit la spé­cia­liste. Ce­la dis­pa­raît à l’ado­les­cence. » Inu­tile de vous in­quié­ter donc, de­vant cette par­ti­cu­la­ri­té tout à fait in­of­fen­sive du som­meil de votre en­fant. Pour­tant, lorsque Mar­cus lance une de ces ex­cla­ma­tions en pleine nuit, ça sur­prend ! Ne ré­veillez pas le jeune bavard. S’il parle in­tel­li­gi­ble­ment, vous pou­vez lui ré­pondre, un court dia­logue peut alors s’en­ga­ger avant que l’en­fant re­vienne au si­lence. Le len­de­main, il ne se sou­vien­dra plus de rien.

Le stress, un fac­teur fa­vo­ri­sant

Si l’en­fant a de la fièvre, s’il est stres­sé ou an­xieux, s’il est plus fa­ti­gué que d’ha­bi­tude, il au­ra plus ten­dance à par­ler la nuit, quelle que soit la phase de son som­meil, mais plus fré­quem­ment pen­dant une phase de som­meil pa­ra­doxal, c’est-à-dire lors­qu’il rêve. Les évé­ne­ments sur­ve­nus dans la jour­née, spé­cia­le­ment s’ils sont fac­teurs de stress, jouent di­rec­te­ment sur ce ba­var­dage noc­turne. Il s’est ba­gar­ré avec des co­pains ? Vous en en­ten­drez sû­re­ment par­ler cette nuit. D’une ma­nière gé­né­rale, l’ac­ti­vi­té phy­sique et l’ex­ci­ta­tion en fin de jour­née fa­vo­risent le phé­no­mène. « C’est no­tam­ment le cas des en­fants qui pra­tiquent un sport le soir », ob­serve le Dr Vec­chie­ri­ni.

Bien que la som­ni­lo­quie n’al­tère en rien la qua­li­té du som­meil ni son pou­voir ré­pa­ra­teur, elle peut vous in­di­quer que votre en­fant est su­jet au stress, et qu’il a sans doute des jour­nées char­gées, fa­ti­gantes. A vous de faire en sorte de cal­mer le jeu, de ra­len­tir le rythme, no­tam­ment en fin de jour­née. Res­tez vi­gi­lants quant à son hy­giène de vie, veillez à ce qu’il ait des soi­rées calmes et des ho­raires de cou­cher ré­gu­liers. Ce­la dit, s’il éclate de rire en dor­mant, au­cun doute, il a pas­sé une bonne jour­née.

« Quand ma fille est ren­trée au CP, elle s’est mise à par­ler la nuit… Je me pré­ci­pi­tais dans sa chambre pour al­ler l’écou­ter, afin de sa­voir si à l’école elle n’avait pas de pro­blème. Mais je ne com­pre­nais pas ce qu’elle di­sait ! » So­nia, ma­man de Sa­rah, 6 ans.

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