« Mon su­pé­rieur hié­rar­chique me met au pla­card de­puis qu’il sait que je suis en­ceinte. »

Parents - - Bidon/enceinte, Mon -

« C’est une si­tua­tion que trop de femmes vivent en­core au­jourd’hui sous forme de ré­flexions dé­va­lo­ri­santes, de mises à l’écart, de pres­sion pour tra­vailler beau­coup. Je pense qu’une par­tie des femmes l’ac­cepte in­cons­ciem­ment. Le poids cultu­rel et his­to­rique de la do­mi­na­tion mas­cu­line, du pa­ter­na­lisme am­biant dans les en­tre­prises pèse en­core et leur laisse pen­ser que la ma­ter­ni­té ex­clut for­cé­ment de la vie pro­fes­sion­nelle si on ne se plie pas à cer­taines exi­gences. Évi­dem­ment, c’est faux, les femmes peuvent conci­lier les deux sans avoir à faire un choix et c’est à cha­cune en fonc­tion de ses be­soins et en­vies de le faire ac­cep­ter par sa hié­rar­chie. Je crois même que la gros­sesse est l’oc­ca­sion d’af­fir­mer sa place si ce­la n’a pas en­core été pos­sible. Ce­la passe d’abord par la né­ces­si­té de faire va­loir ses droits pen­dant la gros­sesse. Les con­ven­tions col­lec­tives et au be­soin la mé­de­cine du tra­vail ga­ran­tissent clai­re­ment pour cha­cune les aménagements ho­raires et ma­té­riels né­ces­saires pour ne pas se mettre en danger. Il me semble aus­si es­sen­tiel d’an­ti­ci­per son dé­part en congé ma­ter­ni­té (rem­pla­ce­ment, ré­or­ga­ni­sa­tion) et son re­tour. Si rien n’y fait dans la tête de l’em­ployeur, la fu­ture maman au­ra fait le maxi­mum et gar­de­ra au moins une bonne es­time d’elle-même. Et si cha­cune fait cet ef­fort, les men­ta­li­tés vont for­cé­ment fi­nir par évo­luer. »

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