Il s’est cas­sé une dent

Parents - - Mon Bébé - TIPHAINE LÉVY-FRÉBAULT

A3 ans, Mi­lo est tom­bé dans la cour de son école. Il a beau­coup sai­gné, ce qui a in­quié­té la maî­tresse, puis sa maman : « Je voyais que la dent avait un peu bou­gé. J’ai tout de suite ap­pe­lé un den­tiste », ra­conte-t-elle. Un très bon ré­flexe, se­lon le Dr Jo­na An­der­sen, chi­rur­gien-den­tiste pé­dia­trique, qui pré­cise les pre­miers gestes à ef­fec­tuer dans ce genre de si­tua­tion : « Si ça saigne, il faut avant tout net­toyer à l’aide d’une com­presse im­bi­bée d’eau tiède ou de sé­rum phy­sio­lo­gique, et vé­ri­fier en­suite d’où vient le sai­gne­ment. Sou­vent c’est la lèvre, la gen­cive ou le frein la­bial… Il faut sa­voir quelle par­tie de la bouche est concer­née. On peut éga­le­ment dés­in­fec­ter avec un bain de bouche sans al­cool. La dent peut être dé­pla­cée, per­due com­plè­te­ment, ou avoir juste un bout cas­sé. Quoi qu’il en soit, il faut consul­ter un den­tiste le jour même ou le len­de­main. »

6 types de trau­ma­tismes

En pre­mier lieu, il est conseillé de faire une ra­dio, pour pou­voir po­ser un diag­nos­tic pré­cis. « Elle per­met de voir si le germe de la dent per­ma­nente en des­sous a été im­pac­té, si la dent de lait a été dé­pla­cée, est re­mon­tée dans la gen­cive ou s’il y a une frac­ture ra­di­cu­laire (c’est-à-dire de la ra­cine). » Le Dr Jo­na An­der­sen si­gnale six types de trau­ma­tismes : la frac­ture, qui peut être simple ou plus com­plexe, la frac­ture de la ra­cine, la luxa­tion lorsque la dent a bou­gé ou tour­né, la concus­sion ou sub­luxa­tion quand la dent n’est pas dé­pla­cée mais le li­ga­ment pa­ro­don­tal est en­dom­ma­gé, l’in­tru­sion lorsque la dent est re­mon­tée dans la gen­cive (cas ty­pique de la chute contre une table basse !) et en­fin l’ex­tru­sion quand la dent est sor­tie par­tiel­le­ment ou to­ta­le­ment. À chaque trau­ma­tisme cor­res­pond un trai­te­ment : « Si la den­tine (sous l’émail de la dent) est ex­po­sée, je conseille de ré­pa­rer la dent avec un com­po­site, mais s’il s’agit du nerf de la dent, il faut pré­voir de la dé­vi­ta­li­ser ou de l’ex­traire. Quand l’ex­trac­tion est in­évi­table, les pa­rents pensent sou­vent que leur en­fant va res­ter sans dent de lait pen­dant plu­sieurs an­nées, jus­qu’à l’ar­ri­vée des dents dé­fi­ni­tives vers 6-7 ans. En réa­li­té, il est pos­sible de po­ser un arc de maintien d’es­pace qui rem­place la dent et garde la place pour la fu­ture dent. »

Une hy­giène ir­ré­pro­chable

Con­trai­re­ment aux idées re­çues, il faut conti­nuer à bros­ser les dents de votre en­fant après un trau­ma­tisme, comme l’ex­plique la spécialiste. « Une ex­cel­lente hy­giène fa­vo­rise la gué­ri­son. Net­toyez éga­le­ment la gen­cive au­tour de la ou les dents(s) trau­ma­ti­sée(s) avec une com­presse im­bi­bée de bain de bouche sans al­cool (Pa­roex ou Cu­ra­prox). Mieux vaut en re­vanche lui don­ner une ali­men­ta­tion molle pen­dant 10 à 15 jours après le choc et sup­pri­mer la té­tine et le pouce. Une sur­veillance est né­ces­saire pen­dant 3 à 12 mois, afin de pou­voir agir en cas d’in­fec­tion de la dent trau­ma­ti­sée. »

Les chutes sont fré­quentes à cet âge-là, et les dents de lait de votre en­fant sont en pre­mière ligne ! Quels sont les ré­flexes à adop­ter en cas de trau­ma­tisme den­taire ? Pen­sez à en­voyer une dé­cla­ra­tion de si­nistre avez le cer­ti­fi­cat mé­di­cal éta­bli par votre den­tiste à l'assurance Res­pon­sa­bi­lite ci­vile, afin, de dé­cla­rer le trau­ma­tisme den­taire. S'il y a une com­pli­ca­tion, ou, si d'autres soins sont né­ces­saires, ce­la pour­ra être pris en en charge par l'assurance.

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