Il ré­clame un chien

Parents - - Mon Bébé - DOROTHÉE BLANCHETON

Voi­là main­te­nant plu­sieurs se­maines que Mat­téo parle d’avoir un chien. A chaque fois qu’il en croise un dans la rue, il ne peut s’em­pê­cher de ré­ité­rer sa de­mande à ses pa­rents. Il as­sure qu’il en pren­dra soin et s’en oc­cu­pe­ra. Mais ceux-ci hé­sitent en­core. Pour Flo­rence Millot, psy­cho­logue et psy­cho-pé­da­gogue* à Paris, il est as­sez clas­sique d’avoir en­vie d’un chien à cet âge. « L’en­fant entre au CP. Les groupes d’amis se forment. Il peut se sen­tir un peu seul s’il a du mal à en in­té­grer un. Il s’en­nuie éga­le­ment da­van­tage que quand il était tout pe­tit. Il est peut-être en­fant unique, ou dans une fa­mille mo­no­pa­ren­tale… Quelle que soit la rai­son, le chien joue un vrai rôle af­fec­tif, un peu à l’image d’un doudou ».

Des câlins et des soins

Le chien partage le quo­ti­dien de l’en­fant. Il joue avec lui, le câ­line, lui sert de confi­dent, lui donne confiance en lui. Ha­bi­tué à re­ce­voir des ordres à la mai­son comme à l’école, l’en­fant peut in­ver­ser les rôles. « Là, c’est lui qui est le maître. Il in­carne l’au­to­ri­té et éduque le chien en lui di­sant ce qui est au­to­ri­sé ou non. Ce­la le res­pon­sa­bi­lise », ajoute Flo­rence Millot. Pas question pour au­tant de pen­ser qu’il se char­ge­ra de tous les soins. Il est trop jeune pour ce­la. « Il est dif­fi­cile pour un en­fant de prendre conscience des be­soins d’un autre, car il est au­to­cen­tré par na­ture. Quoi que l’en­fant pro­mette, c’est le pa­rent qui s’oc­cu­pe­ra du chien sur le long terme », pré­vient la psy­cho­logue. Sans ou­blier que l’en­fant peut se dés­in­té­res­ser de l’ani­mal au bout de quelque temps. Ain­si, pour évi­ter d’éven­tuels conflits et dés­illu­sions, vous pou­vez conve­nir avec votre en­fant qu’il donne le re­pas du soir au chien et vous ac­com­pagne quand il le sou­haite pour le sor­tir. Mais ce­la doit res­ter flexible et ne pas être vé­cu comme une contrainte.

Un choix ré­flé­chi

Adop­ter un chien doit donc être avant tout le choix des pa­rents. Il faut bien me­su­rer les di­verses contraintes que ce­la im­plique : le prix d’achat, le coût du vé­té­ri­naire, de l’ali­men­ta­tion, les sor­ties quo­ti­diennes, la toi­lette, la ges­tion des va­cances… Si le quo­ti­dien s’avère dé­jà dif­fi­cile à gérer, mieux vaut at­tendre ! De la même ma­nière, il est im­por­tant de bien se ren­sei­gner avant et de choi­sir un ani­mal adap­té à son lo­ge­ment et son style de vie. An­ti­ci­pez éga­le­ment les pro­blèmes : l’en­fant peut ja­lou­ser ce com­pa­gnon qui né­ces­site l’attention du pa­rent, le chiot peut dé­té­rio­rer ses af­faires... Et si vous cra­quez, la psy­cho­logue sug­gère de pra­ti­quer quelques séances chez un édu­ca­teur ca­nin dès le dé­part, pour que tout se passe au mieux.

*Au­teure de “Mon en­fant n’obéit pas” et “Mon en­fant fait des ca­prices”, éd. Ha­chette Pratique.

Sa der­nière en­vie : un chien ! Simple pas­sade ou dé­sir pro­fond ? Si cette adop­tion peut pré­sen­ter des avan­tages, il faut aus­si pen­ser aux contraintes… «Sa­rah ré­cla­mait un chien de­puis des an­nées. Je pense que, fille unique, elle l’ima­gi­nait comme un com­pa­gnon de jeu et un confi­dent de chaque ins­tant. Nous avons cra­qué elle pour un pe­tit épa­gneul: joue avec, le nour­rit sou­vent, moi mais c’est son père et qui l’édu­quons et le sor­tons le soir. C’est nor­mal.» MATHILDE, maman de Sa­rah, 6 ans

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