Conseils. 5 ques­tions es­sen­tielles sur les tran­chées

Parents - - Sommaire - HÉ­LÈNE BOUR

Les tran­chées, qu’est-ce que c’est ?

On ap­pelle “tran­chées” les contrac­tions de l’uté­rus sur­ve­nant quelques heures ou quelques jours après l’ac­cou­che­ment. Par voie basse ou pour une cé­sa­rienne. Dans le jar­gon mé­di­cal, on parle aus­si “d’in­vo­lu­tion uté­rine” pour évoquer cette trans­for­ma­tion de l’uté­rus. Les tran­chées sont plus souvent res­sen­ties chez les femmes mul­ti­pares

(ayant eu plu­sieurs gros­sesses), que chez les pri­mi­pares (pre­mière gros­sesse).

A quoi servent-elles ?

Ces contrac­tions per­mettent, juste après l’ac­cou­che­ment, de re­fer­mer les vais­seaux san­guins qui étaient re­liés au pla­cen­ta afin d’évi­ter une hé­mor­ra­gie. Elles aident aus­si l’uté­rus à re­prendre sa taille ini­tiale (entre 5 et 10 cm) dans la ca­vi­té ab­do­mi­nale : après s’être éti­ré pen­dant neuf mois. En­fin, les tran­chées dé­bar­rassent pro­gres­si­ve­ment l’uté­rus des éven­tuels der­niers caillots, don­nant lieu à des sai­gne­ments et pertes que l’on ap­pelle “lo­chies”.

Com­bien de temps durent-elles ? On es­time que l’uté­rus re­trouve sa taille en deux ou trois se­maines, mais les lo­chies ap­pa­raissent gé­né­ra­le­ment du­rant les 4 à 10 jours sui­vant l’ac­cou­che­ment, tan­dis que les tran­chées durent en tout et pour tout une se­maine. S’en­suit ce que l’on ap­pelle le “pe­tit re­tour de couches”, une phase de sai­gne­ment pou­vant du­rer un mois.

Pour­quoi a-t-on plus mal en al­lai­tant ? Ces tran­chées sont ma­jo­rées, voire dé­clen­chées par la sé­cré­tion d’ocy­to­cine, hor­mone de l’ac­cou­che­ment et de l’at­ta­che­ment, mais qui in­ter­vient aus­si lors de l’al­lai­te­ment au sein : la suc­cion du bé­bé in­duit une sé­cré­tion d’ocy­to­cine chez la mère, ce qui en­voie un si­gnal de contrac­tion au corps pour éjec­ter le lait. La té­tée est donc souvent ac­com­pa­gnée de tran­chées du­rant les jours qui suivent l’ac­cou­che­ment.

Comment sou­la­ger les dou­leurs ? On pres­crit souvent des an­ti­spas­mo­diques ou des an­ti-in­flam­ma­toires non sté­roï­diens (AINS) as­so­ciés à du pa­ra­cé­ta­mol. Outre les mé­di­ca­ments, il existe cer­tains conseils pour di­mi­nuer les dou­leurs des tran­chées : uri­ner souvent pour évi­ter la pres­sion d’une

ves­sie pleine sur l’uté­rus, uti­li­ser une bouillotte chaude, s’al­lon­ger sur le ventre avec un oreiller au ni­veau du bas-ventre, ou en­core gé­rer les contrac­tions avec des exer­cices de res­pi­ra­tion en­sei­gnés lors des séances de pré­pa­ra­tion à l’ac­cou­che­ment… At­ten­tion, si au fil des jours qui suivent l’ac­cou­che­ment, les sai­gne­ments sont plus abon­dants (plus de 4 ser­viettes hy­gié­niques sur 2 heures), si les dou­leurs ab­do­mi­nales per­durent et/ou s’ac­com­pagnent de fièvre et de pertes mal­odo­rantes, il est né­ces­saire de consul­ter ra­pi­de­ment !

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