Mous­ta­chus d’es­tuaire et de mer

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Même si les Siluriformes sont es­sen­tiel­le­ment des es­pèces dul­ça­qui­coles, il existe quelques ex­cep­tions. On connaît ain­si des es­pèces qui vivent dans les es­tuaires, en eaux sau­mâtres, et même quelques Siluriformes to­ta­le­ment ma­rins. Pour les Siluriformes d’es­tuaires, on no­te­ra le cas de Plo­to­sus­ca­nius, une es­pèce au corps al­lon­gé, dont la ré­gion cau­dale évoque même la forme d’une an­guille. Ce Si­lu­ri­forme, que j’ai pu cap­tu­rer en Thaï­lande, se dis­tingue éga­le­ment par la pré­sence de ve­nin. Les épines ve­ni­meuses de cette es­pèce, par ailleurs ex­trê­me­ment pi­quantes, doivent être évi­tées avec la plus grande pré­cau­tion. En mer, les pois­sons-chats les plus cou­rants ap­par­tiennent à la fa­mille des Arii­dés, et on les trouve dans l’At­lan­tique comme dans l ‘In­do­pa­ci­fique. Ce sont des es­pèces moyennes à grandes, of­frant un com­bat très res­pec­table au bout de la ligne. On no­te­ra aus­si le cas de Plo­to­sus­li­nea­tus, un jo­li Plo­to­si­dé qui vit en bancs très denses dans les la­gons de la zone In­do­pa­ci­fique.

une vraie lut­teuse. Le ca­pa­ra­ri est un peu plus pe­tit, on le ren­contre ra­re­ment au-des­sus de 40 ki­los, mais c’est peut-être le plus puis­sant en com­pa­rai­son de son poids. C’est aus­si une vé­ri­table flèche, dont la vi­tesse de pointe fe­ra chauf­fer le meilleur des mou­li­nets. La ca­char­ra et le pin­ta­do sont en gé­né­ral plus pe­tits en Ama­zo­nie, mais on no­te­ra qu’il existe des pi nt ados gi gan­tesques plus au Sud, dans l e f l euve Pa­ra­guay. Ca­pa­ra­ri, ca­char­ra et pin­ta­do ap­par­tiennent tous les trois au genre Pseu­do­pla

ty­sto­ma, et se r es­semblent beau­coup. On l es dis­tingue par leur pa­tron de co­lo­ra­tion : de ma­gni­fiques mar­brures pour le ca­pa­ra­ri, des bandes ver­ti­cales pour la ca­char­ra et des points pour l e pin­ta­do. Tous ces Sil uri­formes sont car­nas­siers et se cap­turent es­sen­tiel­le­ment en pré­sen­tant un ap­pât à fond, en gé­né­ral un mor­ceau de pois­son ou un pois­son en­tier. I l s at­taquent éga­le­ment les leurres à l’oc­ca­sion, no­tam­ment les cuillers on­du­lantes, l es t ube- j i gs, et les leurres souples.

Les es­pèces afri­caines

En Afrique, il existe de nom­breux pois­sons-chats, y com­pris des es­pèces ca­pables de pro­duire des chocs élec­triques. Pour le pê­cheur spor­tif, c’est sur­tout le vun­du (He­te­ro­bran­chus lon­gi­fi­lis) qu’il fau­dra connaître. C’est un grand pois­son au corps al­lon­gé, at­tei­gnant plu­sieurs di­zaines de ki­los dans di­vers en­droits d’Afrique. Il est sur­tout pré­sent en Afrique sub­sa­ha­rienne, mais on no­te­ra le cas mar­quant du lac Nas­ser, en Egypte. Si vous al­lez un jour pê­cher la perche du Nil, n’hé­si­tez pas à dé­po­ser un mor­ceau de pois­son ou un mor­ceau de pou­let crû, de nuit, en bor­dure. Vous pour­riez avoir une très belle sur­prise et cap­tu­rer un de ces jo­lis vun­dus, dont le com­bat aux vio­lentes convul­sions vaut le dé­tour.

L’Asie du Sud-Est : vi­vier à pois­sons-chats

En­fin, l ’ As i e d u S u d - E s t r egorge de pois­sons- chats, avec plu­sieurs es­pèces gi­gan­tesques. On no­te­ra sur­tout le cas des pois­sons de la fa­mille des Pan­ga­sii­dés, avec deux es­pèces vrai­ment énormes, le si­lure du Mé­kong ( Pan­ga

sio­no­don­gi­gas), et l e si­lure de Chao Ph­raya ( Pan­ga­sius

sa­nit­wong­sei). Ces ani­maux peuvent dé­pas­ser 200 ki­los mais mal­gré leur taille gi­gan­tesque, ils sont her­bi­vores et planc­to­phages. Ils ne prennent pas les ap­pâts des pê­cheurs en mi­lieu na­tu­rel, et s ont d’ailleurs de­ve­nus très rares

“En Afrique, cer­taines es­pèces sont ca­pables de pro­duire des chocs élec­triques. ”

dans leurs fleuves d’ori­gine, vic­times de la sur­pêche et de la dé­gra­da­tion de leur ha­bit at. Ce­pen­dant, on peut l es ha­bi­tuer à se nour­rir de pain ou d’ap­pâts à base de fa­rines, no­tam­ment dans les en­vi­ron­ne­ments ar­ti­fi­ciels. C’est pour ce­la qu’ils sont abon­dam­ment uti­li­sés dans les lacs payants de pêche spor­tive, no­tam­ment en Thaï­lande. S’il est toujours agréable de prendre ces pois­sons énormes, il faut ad­mettre que leur pêche en mi­lieu art i f i ci el n’a qu’un i nt ér êt hal i eut i que l i mi­té. En r evanche, vous pour­rez cap­tu­rer des es­pèces plus pe­tites de Pan­ga­sii­dés, no­tam­ment Pan­ga­sius­pan­ga­sius, qui ac­cepte f aci­le­ment l es ap­pâts, même dans son en­vi­ron­ne­ment sau­vage. En­fin, il existe en Asie du Sud-Est un pois­son-chat moins connu, et cette fois car­nas­sier : le pois­son-chat à queue rouge. On cap­ture sou­vent des ju­vé­niles, qui prennent sans mal le ver que le pê­cheur leur pro­pose, mais il faut sa­voir que l’ani­mal peut de­ve­nir énorme, comme le montre la pho­to ci-contre. Il s’agit d’un spé­ci­men pris en Thaï­lande, avec un mor­ceau de pois­son comme ap­pât. C’est une femme d’un vil­lage de pê­cheurs qui avait ef­fec­tué seule cette cap­ture. Le pois­son était plus l ourd qu’elle, et ell e m’avait mon­tré ses mains, dont l a paume était cou­pée. Elle avait cap­tu­ré cet énorme spé­ci­men sans canne, re­fu­sant de lâ­cher la ligne qui lui en­taillait les mains ! J’ai pour ma part pris un spé­ci­men de taille dé­cente par la suite, juste pour vé­ri­fier que le com­bat de ce pois­son est ef­fec­ti­ve­ment très agréable. Au fi­nal, les Siluriformes sont des pois­sons fan­tas­tiques pour le pê­cheur en eau douce. Il n’y a pas que la truite, le black- bass ou l e pea­cock- bass, et si un j our vous pre­nez une pi­ra­ra­ra, vous ver­rez que les Siluriformes mé­ritent qu’on leur consacre un voyage de pêche. •

Ma­gni­fique spé­ci­men de ca­pa­ra­ri, une vraie tor­pille au bout de la ligne.

Jo­lis si­lures cap­tu­rés près du lac de Me­qui­nen­za.

Le jau est un sym­pa­thique Si­lu­ri­forme qui peut de­ve­nir énorme.

Voi­ci com­ment re­con­naître le vun­du, un beau Si­lu­ri­forme afri­cain.

Le pin­ta­do montre une robe ponc­tuée. Ce spé­ci­men a mor­du sur une tu­vi­ra.

Ma­gni­fique spé­ci­men de pois­son-chat à queue rouge, pris sur un lac de Thaï­lande.

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