L’art de la ma­zur­ka

Pianiste - - COMPRENDRE -

Au Concours Cho­pin de Var­so­vie, le prix at­tri­bué au meilleur in­ter­prète de la ma­zur­ka est l’un des plus pres­ti­gieux. Que re­pré­sente cette danse dans l’his­toire de la mu­sique ?

UUne bonne par­tie de la mu­sique clas­sique pos­sède de so­lides ra­cines po­pu­laires. À la fin du Moyen Âge et à la Re­nais­sance, de très aus­tères messes po­ly­pho­niques se fon­daient sur des chan­sons po­pu­laires, au XVIIe siècle dé­jà, la suite fran­çaise ali­gnait ses al­le­mandes, cou­rantes, ga­vottes et me­nuets. Puis vint le temps des affirmations na­tio­nales qui pas­saient for­cé­ment par la danse po­pu­laire, que des mu­si­ciens de mieux en mieux ren­sei­gnés col­lec­taient jusque dans les ré­gions les plus re­cu­lées et dont les com­po­si­teurs fai­saient en­suite leur pro­fit. C’est, gros­so mo­do, l’his­toire de la ma­zur­ka, comme de la po­lo­naise et de bien d’autres danses. Comme son nom ne l’in­dique pas, la ma­zur­ka ne vient pas de Ma­zu­rie, cette ré­gion si­tuée au nord-est de la Pologne, aux confins de la Li­tua­nie et de la Bié­lo­rus­sie, mais des plaines proches de Var­so­vie d’où était ori­gi­naire le peuple ma­zur, et que l’on dé­signe sous le nom de Ma­zo­vie. Ce type de danse ap­pa­rut au XVIe siècle et il en existe plu­sieurs formes, la ma­zur ou ma­zu­rek, de tem­po mo­dé­ré, l’obe­rek, plus ra­pide, la ku­ja­wiak, plus lente. La ma­zur­ka est à trois temps. Dans ses formes po­pu­laires, la ligne mé­lo­dique se struc­ture

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