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(1765-1838) So­na­tine en sol ma­jeur

Pianiste - - SOMMAIRE -

Cette pe­tite so­nate, jo­lie et simple, est l’oeuvre d’un com­po­si­teur qui prit des le­çons à Vienne avec Mo­zart. Nous pou­vons donc lui faire confiance sur la qua­li­té de sa mu­sique !

MES. 1-4

Main gauche. Nous trou­vons pré­ci­sé­ment dans cette pièce une ma­nière d’écri­ture pour la main gauche que Mo­zart, Haydn (et à leur suite Bee­tho­ven et Schu­bert) em­ploient très sou­vent et que l’on nomme les basses d’Al­ber­ti. Il s’agit d’al­lées et ve­nues in­ces­santes entre une note de basse, (jouée par le 5e doigt de la main gauche ou le 4e) et deux autres voix : l’une au mi­lieu et l’autre à l’ai­gu, sou­vent jouée par le pouce (pen­sez à des es­suie-glaces de voi­ture !) Trois voix dis­tinctes com­posent donc la par­tie de la main gauche. Ce­la nous in­dique la fa­çon de l’exer­cer. Pour as­si­mi­ler cette main gauche et « l’avoir dans les doigts », com­men­cez par chan­ter les trois lignes mé­lo­diques ho­ri­zon­tales qui la com­posent. De­man­dez-vous : Où va la note du mi­lieu dans l’ac­cord sui­vant ? Où va la basse ? Où va la par­tie la plus ai­guë ? Le tou­cher. Nos mains ont ten­dance à pen­cher vers l’ex­té­rieur, le pe­tit doigt aux deux mains. Du fait de cette ten­dance na­tu­relle, nous avons sou­vent une in­suf­fi­sance de per­cep­tion des « par­ties in­ternes » de la mu­sique, celles que l’on nomme al­to et té­nor. Ces par­ties du mi­lieu, noyées dans la fo­rêt touf­fue des notes, sont plus dif­fi­ciles à en­tendre. Cor­ri­gez de deux ma­nières : ne « col­lez » pas vos basses, ôtez-les ra­pi­de­ment. Ra­me­nez votre pe­tit doigt vers le pouce, ce­la ra­masse votre main et lui évite d’avoir les doigts écar­tés, ce qui la fa­tigue ; écou­tez votre par­tie de té­nor. Sen­tez votre pouce sur la « tranche du doigt », avec la plus grande sur­face de contact pos­sible. Avez-vous re­mar­qué que le pouce ne joue pas sur sa pulpe, comme les autres doigts, mais seule­ment sur le cô­té ? « Sculp­tez » cette main gauche en ba­lan­çant les temps forts et les temps faibles. Le rythme par la main gauche, c’est

la vie de la mu­sique. Votre main droite chan­te­ra alors toute seule.

Chant de main droite. Des­si­nez avec vos doigts la courbe du chant. Tout le se­cret est dans le juste poids à don­ner à chaque note. Al­lé­gez les deux pe­tites notes d’élan (si-do). On les ap­pelle une ana­crouse. Pe­sez plu­tôt dans le ré, qui est la vraie pre­mière note de la phrase. Sen­tez et écou­tez­vous. En­suite, al­lé­gez-le si, le la et le ré car ils sont sur des temps faibles. Les dé­bu­tants écrasent en gé­né­ral tous les temps avec le même poids. Le ré­sul­tat est que la mu­sique ne « ba­lance pas », elle ne nous berce pas. En re­vanche, voyez le pre­mier temps de la me­sure sui­vante (le sol, blanche poin­tée). Certes, il est bien le temps fort, mais il porte aus­si la fin de la phrase : ne l’écra­sez sur­tout pas ! Lais­sez bien re­mon­ter votre main afin de di­mi­nuer cette ter­mi­nai­son !

MES. 5-8

Pour ap­prendre par coeur un mor­ceau de mu­sique, il faut ré­flé­chir et com­pa­rer. Voyez la dif­fé­rence entre la me­sure 1 et la me­sure 5 : le chant est le même mais l’harmonie change de po­si­tion en des­sous. Pen­sez votre ac­cord de ré, qui est cette fois avec un autre ré à la basse et qui se di­rige vers l’ac­cord de mi. Pen­sez, ré­flé­chis­sez, chan­tez.

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