CARL PHI­LIPP EMA­NUEL BACH

(1714-1788)

Pianiste - - CHRONIQUES DISQUES, DVD - Marc Vi­gnal

So­nates wur­tem­ber­geoises H. 31-36 (Wq. 49/1-6)

Bru­no Pro­co­pio (cla­ve­cin)

Pa­ra­ty 2 CD 515501 (So­ca­disc). 2014. 1 h 33’

Dans les six So­nates wur­tem­ber­geoises com­po­sées en 1742-1744, Carl Phi­lipp Ema­nuel Bach mul­ti­plie les ef­fets dra­ma­tiques : points d’orgue, si­lences in­at­ten­dus, chan­ge­ments de tem­po, etc. En outre, l’éten­due du cla­vier s’élar­git et le dis­cours gagne en am­pleur dans ce deuxième re­cueil pu­blié juste après les six So­nates prus­siennes. C’est vrai en par­ti­cu­lier de la So­nate en si mi­neur, la der­nière des six : son Mo­de­ra­to ini­tial est un ex­tra­or­di­naire spé­ci­men de fan­tai­sie, avec ses re­lents de ré­ci­ta­tif et d’ou­ver­ture à la fran­çaise, ses phrases qui semblent se perdre, ses rup­tures en tout genre.

Bru­no Pro­co­pio, qu’on en­tend sur un cla­ve­cin de John Phi­lips (Ber­ke­ley 2000) aux belles so­no­ri­tés, joue fran­che­ment le jeu : Carl Phi­lipp Ema­nuel Bach n’est pas pour lui un mu­si­cien de sa­lon, sa mu­sique doit rem­plir l’es­pace. Dans l’Al­le­gro ini­tial de la So­nate en mi mi­neur, la troi­sième du lot mais la qua­trième com­po­sée, il met en évi­dence ce contraste : notes ré­pé­tées (en une sorte de mar­tè­le­ment) à une main, mé­lo­die à l’autre. Pour qui sou­haite ac­qué­rir les seules So­nates wur­tem­ber­geoises, la réa­li­sa­tion de Bru­no Pro­co­pio s’im­pose en tout pre­mier lieu.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.