GA­BRIEL FAURÉ : SA COR­RES­PON­DANCE

Pianiste - - ACTUALITÉS PARTITIONS, LIVRES -

Ce vo­lume im­pres­sion­nant (plus de 900 pages) fait suite aux pré­cé­dentes et pas­sion­nantes cor­res­pon­dances de Pou­lenc et Sa­tie pa­rues chez le même édi­teur. Ce sont a prio­ri des ou­vrages des­ti­nés aux mu­si­co­logues et aux mé­lo­manes. A prio­ri ? En vé­ri­té, le tra­vail si consi­dé­rable de Jean-Mi­chel Nec­toux, spé­cia­liste de la mu­sique fran­çaise, dé­passe lar­ge­ment l’uni­vers « in­time » de Fauré, pour nous of­frir un par­fum du temps à l’écri­ture sa­vou­reuse. Car les échanges de lettres dé­crivent tout au­tant les es­thé­tiques que les moeurs, les pe­ti­tesses et les gé­né­ro­si­tés du quo­ti­dien. Les mis­sives croisent les ré­ponses qui sug­gèrent des pré­ci­sions. Elles sont par­fois di­rectes, comme Saint-Saëns re­pre­nant du­re­ment Fauré : « Tu n’aimes pas Ber­lioz, il n’y a rien à faire à ce­la ; mais tu l’ex­primes d’une fa­çon vio­lente qui peut te faire du tort. » Les femmes ont te­nu une place consi­dé­rable dans la vie de Fauré. Sou­vent ad­mi­rées, ai­mées, elles ont été vé­né­rées, comme sa maî­tresse, Ma­dame H. (Mar­gue­rite Has­sel­mans), dont nous dis­po­sons de l’en­semble des lettres, 450 en tout. C’est une pu­bli­ca­tion in­édite jus­qu’à cette pa­ru­tion, Vla­di­mir Jan­ké­lé­vitch qui les dé­te­nait, ayant tou­jours re­fu­sé de les rendre pu­bliques. Une mine dans la­quelle Fauré dé­couvre sa per­son­na­li­té, ses doutes et ses pré­oc­cu­pa­tions réelles. Un ou­vrage qui se lit, soit d’une traite, soit au ha­sard des pages. Mais, at­ten­tion, il est alors dif­fi­cile de le re­fer­mer !

Fayard, 913 p., 38 eu­ros

Cor­ner

es édi­tions Flex pu­blient

de Gilles May­zaud. Ce pro­fes­seur de pia­no et mu­si­co­logue a ima­gi­né un re­cueil de pièces (sur une seule page cha­cune) dans toutes les to­na­li­tés. Un livre aus­tère ? Certes, non ! En re­gard de chaque mor­ceau, le com­po­si­teur dé­crit le but de chaque pièce, la pré­sente et nous conseille sur l’in­ter­pré­ta­tion. L’ap­proche des to­na­li­tés n’est donc qu’un des as­pects de l’ou­vrage, qui aborde de ma­nière re­la­ti­ve­ment pro­gres­sive (dé­bu­tant à moyen) une bonne par­tie de la tech­nique de base du cla­vier : syn­chro­ni­sa­tion, croi­se­ment des mains, syn­copes, ar­pèges, grands écarts, gammes, ré­pé­ti­tions, ac­cords, pé­dales… Outre le sou­ci de « dé­dra­ma­ti­ser » les to­na­li­tés com­plexes (« Au se­cours, sept bé­mols à la clé ! »), le pé­da­gogue s’at­tache clai­re­ment à fa­vo­ri­ser l’in­dé­pen­dance des mains (at­ten­tion aux doig­tés !). Quant au com­po­si­teur, il s’ins­pire moins du mo­dèle de Bach que des pre­miers ro­man­tiques. Les mé­lo­dies sont simples et jo­lies, sans ver­biage in­utile. Elles sonnent agréa­ble­ment et n’ont pas le temps d’en­nuyer l’in­ter­prète. La va­leur évi­dente de ce re­cueil de­vrait sé­duite les en­sei­gnants, qui pui­se­ront ici des idées pé­da­go­giques ef­fi­caces.

Chil­dren’s

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S. F. S. F.

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