Do­me­ni­co Scar­lat­ti

Pianiste - - PÉDAGOGIE -

La mu­sique de Scar­lat­ti re­pré­sente tou­jours, dit-on, un ex­cellent exer­cice pour les doigts. Soit, mais qu’en­tend-on au juste par là ? « La vé­lo­ci­té de leurs doigts met en fuite leur in­tel­li­gence… » di­sait Mo­zart de cer­tains de ses col­lègues. La ra­pi­di­té des doigts n’est donc pas une af­faire de muscles. Elle pro­cède sur­tout de la re­pré­sen­ta­tion ra­pide des notes dans notre tête et de la fa­çon dont nous dé­si­rons les jouer et en do­ser le poids et, par consé­quent, tou­cher le pia­no.

MES 1-9

Vi­sion des notes. Com­men­cez par dé­ve­lop­per votre re­pré­sen­ta­tion des notes, que ce soit par l’ouÔe, la pen­sée ou la vi­sion sur le cla­vier. Votre ob­jec­tif : être ca­pable d’an­ti­ci­per la mu­sique. Voyez les pi­liers har­mo­niques de la ca­dence par­faite. Ils sont plu­tôt simples : to­nique (= mi ma­jeur), sui­vie de sa sous-do­mi­nante (ac­cord de la ma­jeur : IV), puis ac­cord de do­mi­nante = si-ré-fa-la. Ap­pre­nez bien par coeur cette ca­dence et re­gar­dez-la sur le cla­vier. Les « éclats » d’ai­gus et les sen­sa­tions dans la main. La mu­sique de Scar­lat­ti est fine, ci­se­lée, raf­fi­née. Or, quels sont en mu­sique les sons que l’on pour­rait dé­crire comme les plus « fins » ? Les ai­gus ! C’est pour­quoi il faut ap­por­ter un soin par­ti­cu­lier à ces sons et tou­jours veiller à ne pas les lais­ser étouf­fer par les graves. Ar­pèges. La note la plus so­nore de ce pre­mier ar­pège qui des­cend est un si, joué avec le 5e doigt. Au­cune note en des­sous de ce si ne doit être plus forte que lui. Faites son­ner votre pe­tit doigt. Ten­dez-le, fixez sa join­ture avec le mé­ta­carpe, là où il s’at­tache à la main. Votre pe­tit doigt fait alors un angle droit avec votre main. At­ten­tion ! Ef­for­cez-vous de ne pas cris­per le pouce pour au­tant. Ap­prendre à tendre un doigt sans cris­per les autres est très im­por­tant dans la tech­nique du pia­no. Pour di­mi­nuer les notes qui suivent, re­laxez vos doigts longs. Dé­ten­dez-les au fur et à me­sure que vous des­cen­dez vers le grave. Plus vous re­lâ­chez le doigt, plus ce­la di­mi­nue. Au contraire, plus vous « blo­quez » le doigt, plus vous avez du son. Cette dé­tente des doigts du mi­lieu de la main per­met de ne pas pen­cher la main vers le 5e doigt. Or, une main pa­ral­lèle au cla­vier li­bère le jeu, car les doigts tombent na­tu­rel­le­ment dans les touches de haut en bas et trouvent leur poids sans qu’il soit be­soin de for­cer. Syn­cope. Me­sure n°2, ap­puyez le la, joué par votre 5e doigt (2e temps). Il s’agit d’une syn­cope. Ten­dez bien votre 5e doigt. Pro­je­tez le son vers l’avant. Contrô­lez les temps faibles. Le pia­niste Di­nu Li­pat­ti ac­cor­dait beau­coup d’im­por­tance aux temps faibles de la me­sure. On lui de­man­da un jour : « Quelle est la base de dé­part du travail d’un in­ter­prète ? » « Elle consiste en quelques lois fon­da­men­tales : 1. Le sol­fège [...]. 2. L’ap­pui sur les temps faibles. 3. Les res­sources im­menses que

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.