Wolf­gang Ama­deus Mo­zart

(1756-1792) Pres­to de la So­nate en la mi­neur K.310

Pianiste - - PÉDAGOGIE -

Le Pres­to pour­suit le ca­rac­tère d’en­semble de l’oeuvre. Il de­meure très poi­gnant, mal­gré sa vi­va­ci­té et sa forme ron­do. Cette ba­di­ne­rie pleine de nuages ne se­ra apai­sée que par un bref in­ter­mède en la ma­jeur en son mi­lieu.

MES 1-4

Cé­sures. Mo­zart a in­di­qué de mul­tiples pe­tits phra­sés dans ce thème. Cha­cun est d’une du­rée très brève, puis­qu’il ne se dé­ploie que sur une seule me­sure. Il est pour­tant es­sen­tiel de bien exé­cu­ter les mi­ni-cé­sures entre les phrases, car ce sont elles qui confèrent un ca­rac­tère si ha­le­tant et an­gois­sant à ce mor­ceau. On peut pen­ser à un en­fant qui pleure et peine à trou­ver son souffle. Re­prendre de la hau­teur par im­pul­sion. Nous n’avons que très peu de temps pour ef­fec­tuer ces mi­nus­cules cé­sures. Notre bras est lourd de­vant nous et il faut le sou­le­ver ra­pi­de­ment. La so­lu­tion consiste à nous ai­der des doigts pour sou­le­ver notre bras. En jouant les der­nières notes qui pré­cèdent chaque cé­sure, pre­nez ap­pui avec la pulpe des doigts dans le fond du cla­vier et, grâce à une vive im­pul­sion du poi­gnet, pro­pul­sez-vous vers le haut. Ima­gi­nez un chat qui saute sur un toit. Il prend ap­pui sur les cous­si­nets de ses pattes avant de bon­dir. Le pia­niste Paul Roes pu­blia en 1937 un ou­vrage in­ti­tu­lé L’…lé­ment fon­da­men­tal de la tech­nique du jeu chez Liszt et Cho­pin. Il y ex­plique que « [pour les deux com­po­si­teurs], la table du jeu, le fond des touches, donc une base fixe, était le point de dé­part de toute ac­tion ». Ici, les notes dé­ta­chées à la fin de chaque phrase ser­vi­ront de point d’ap­pui. Elles per­met­tront de pro­pul­ser la main très ra­pi­de­ment vers le haut grâce à l’im­pul­sion du poi­gnet. Plans so­nores. Do­sage. Le pre­mier de­voir d’un pia­niste est d’équi­li­brer les plans so­nores. Faites res­sor­tir le chant à la par­tie la plus ai­guë de la main droite. À la main gauche, il existe aus­si deux plans so­nores, du moins au dé­but (à cause de la noire te­nue). Le tout doit être joué dans un pia­no contrô­lé. Main droite. La pre­mière tierce la-do est jouée avec les 5e et 3e doigts. Faites sor­tir en prio­ri­té le chant à l’ai­gu avec le pe­tit doigt. Or, notre 3e doigt est beau­coup plus long que notre 5e, c’est pour­quoi il a ten­dance à jouer plus fort. Le moyen tech­nique est de re­plier un peu votre 3e doigt, afin d’at­té­nuer la voix d’al­to, comme si vous vou­liez le rac­cour­cir, le mettre à la même taille que le pe­tit. Re­laxez bien ce 3e doigt. Lais­sez-le se re­plier na­tu­rel­le­ment. Au contraire, ten­dez au maxi­mum votre 5e, en lui ap­pli­quant du poids. C’est d’exé­cu­ter les deux à la fois qui de­mande une bonne maî­trise de la main, car il faut « par­ta­ger » votre main en deux. …va­luez les divers de­grés de ten­sion de vos doigts. …cou­tez­vous et sen­tez ce qui se passe dans votre main. Syn­chro­ni­sa­tion par­faite des doubles notes. Ef­for­cez-vous, dès le dé­but, de jouer toutes les notes en­semble au sein d’une même main. C’est es­sen­tiel pour dé­ve­lop­per une bonne tech­nique. Tout en tra­vaillant votre do­sage des plans so­nores, ré­pé­tez plu­sieurs fois chaque groupe de doubles notes, en les at­ta­quant par un pe­tit mou­ve­ment ver­ti­cal de la main, per­pen­di­cu­laire aux touches. Main gauche : deux plans so­nores aus­si. À la main gauche, faites en­tendre deux plans so­nores lors­qu’il y a des noires. Votre oreille doit pou­voir les suivre tan­dis que vous jouez les croches au-des­sus. Ten­dez ou re­laxez les doigts. Im­por­tance des par­ties in­ter­mé­diaires. De ma­nière gé­né­rale, nous per­ce­vons moins bien les par­ties du mi­lieu, car elles sont noyées dans la masse so­nore. Mais, chez Mo­zart, les par­ties in­ter­mé­diaires sont par­ti­cu­liè­re­ment im­por­tantes, car il pen­sait or­chestre. Alors, com­ment ga­gner en maî­trise et en clar­té ? Chan­tez vos par­ties in­ter­mé­diaires. Ap­pre­nez leur nom de note.

Re­gar­dez-les sur le cla­vier. Dé­ve­lop­pez le contact de vos doigts in­ternes. Jouez le pouce sur la plus grande sur­face pos­sible et dé­ten­dez la join­ture prin­ci­pale de votre 2e doigt.

3. MES 5-8 2. 1. 4.

Mou­ve­ments des voix : « pa­ral­lèles » ou « contraires » ? Pour dé­ve­lop­per vos ré­flexes ra­pides, re­pé­rez les di­rec­tions des voix. Elles vont soit dans le même sens (« mou­ve­ment pa­ral­lèle »), soit dans le sens contraire. Dans ce der­nier cas, elles s’écartent l’une de l’autre ou se rap­prochent. Il est d’au­tant plus im­por­tant de ré­flé­chir aux di­rec­tions des voix que nos mains sont « en mi­roir » sur le cla­vier. C’est pour­quoi le mou­ve­ment pa­ral­lèle est plus dif­fi­cile à as­si­mi­ler que le mou­ve­ment contraire. Me­sures n°5 à n°6, les par­ties ex­trêmes s’écartent par « mou­ve­ment contraire ». Me­sures n°6 à n°7, les ex­trêmes vont dans le même

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