Clas­sique et jazz

Pianiste - - CHRONIQUES DISQUES, DVD -

Cette ru­brique pré­sente une sé­lec­tion des disques et DVD ré­cem­ment pa­rus. Les « maes­tros » de dis­tinguent tout par­ti­cu­liè­re­ment ceux qui, se­lon nous, ont mar­qué ou mar­que­ront la dis­co­gra­phie.

la pho­to de cou­ver­ture se pro­longe jus­qu'au bout de ses doigts. L'ar­tiste n'a bien sžr rien per­du de sa su­perbe, ni de son art de faire son­ner le cla­ve­cin, mais il semble vou­loir les pré­ser­ver de tout pou­voir de sé­duc­tion. Alors qu'il avait réus­si à, se­lon ses mots, de le perdre, dans un tour­billon de doubles et triples croches. Il pro­pose, au contraire, de s'ex­pri­mer avec une rare clar­té d'élo­cu­tion et d'ar­ti­cu­ler les phrases. Son pro­pos ne re­lève ja­mais de l'exer­cice ora­toire ou di­gi­tal, mais at­teint une éton­nante puis­sance rhé­to­rique, grâce à une dis­po­si­tion mil­li­mé­trée et ar­gu­men­tée des idées. Le tem­po tran­quille et le tou­cher fé­lin (fleg­ma­tique, pen­se­ront cer­tains avec le de la

Jean-Luc Ho aère les lignes et laisse res­pi­rer ses ins­tru­ments dont la per­son­na­li­té se dévoile grâce à la prise de son très na­tu­relle d'Han­ne­lore Guit­tet. Cette vo­lon­té de ne pas se pres­ser per­met aux phra­sés de se dé­ployer avec grâce de la de la sans conte­nir l'éner­gie des danses

de la

Ba­la­ki­rev fut le père fon­da­teur de l'école na­tio­nale russe : la mu­sique de Rim­skiKor­sa­kov, Bo­ro­dine et Mous­sorg­ski res­semble à la sienne, et non l'in­verse. Il a aus­si pro­fon­dé­ment mar­qué De­bus­sy, Sch­mitt et Stra­vins­ky. Har­mo­niste de gé­nie, il a fait prendre corps à cette fa­meuse cou­leur russe, sou­vent as­so­ciée à la danse, qui im­prègne de ses sor­ti­lèges eu­pho­ri­sants le Prince Igor ou Shé­hé­ra­zade. Ses pièces pour pia­no en usent à pro­fu­sion, avec de ca­pi­teux ef­fluves sen­suels qui étour­dissent l'au­di­teur. Pia­niste hors pair, il met à pro­fit l'hé­ri­tage de Liszt pour ser­tir ses somp­tueuses har­mo­nies d'éblouis­santes pluies de perles, em­por­tées par l'élan fié­vreux des grandes che­vau­chées schu­man­niennes. Ë l'ex­cep­tion d'un noc­turne de 1856 dé­jà très per­son­nel, les pièces de ce pro­gramme datent de l'ul­time pé­riode créa­trice de l'au­teur : une pu­re­té de lignes tout olym­pienne fait res­sor­tir l'am­pleur et la gé­né­ro­si­té de leur pro­pos. La vir­tuo­si­té écu­mante de Ni­cho­las Walker fait mer­veille. Ce­lui-ci capte à

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