BRAHMS

(1833-1897)

Pianiste - - CHRONIQUES DISQUES, DVD -

la per­fec­tion l’in­so­lite al­liage d’eu­pho­rie et d’ef­fu­sion sen­ti­men­tale, d’ath­lé­tisme di­gi­tal et de pauses rê­veuses, qui font l’ori­gi­na­li­té de Ba­la­ki­rev. Sa fougue com­mu­ni­ca­tive le dis­tingue d’Alexan­der Pa­ley (très bonne in­té­grale chez Brilliant Clas­sics), da­van­tage en­clin à tra­vailler l’élé­ment dé­co­ra­tif, et donc né­ces­sai­re­ment plus sta­tique. Il s’im­pose, lui aus­si, d’em­blée comme une ré­fé­rence.

Evi­dence EVCD022. 2016. 1 h 33’

Fran­çois-Fré­dé­ric Guy pense ces pièces plus en sym­pho­niste qu’en pia­niste. C’est en ef­fet l’écho de l’or­chestre qui résonne dans son in­ter­pré­ta­tion. Dans ces oeuvres de jeu­nesse, on res­sent l’im­pact d’une spon­ta­néi­té phy­sique par­fois as­sez proche de l’écri­ture de Schu­mann. Sa ma­nière d’at­ta­quer les ac­cords, de jouer sur les dy­na­miques et les ré­so­nances, l’ex­pres­sion avant tout de la vé­hé­mence, d’un hé­roÔsme dans la So­nate n°2, qui ouvre cet al­bum, em­portent l’adhé­sion. La qua­li­té des timbres passe au se­cond plan, au pro­fit d’une éner­gie in­ouÔe (quel scher­zo !). Elle est por­tée avec un ca­rac­tère hé­roÔque et une ru­desse qui forcent l’ad­mi­ra­tion. La So­nate n°1 est tout aus­si puis­sante. Elle re­ven­dique clai­re­ment une fi­lia­tion bee­tho­vé­nienne. La concep­tion à la fois dra­ma­tique et ample de Fran­çois-Fré­dé­ric Guy culmine dans les deux der­niers mou­ve­ments, d’une droi­ture acé­rée, puis­sam­ment char­pen­tée. La sa­tu­ra­tion ryth­mique est re­mar­quable dans le fi­nale, Al­le­gro con fuo­co, exac­te­ment. C’est la réa­li­té d’un Brahms pay­san et ré­vo­lu­tion­naire en même temps, bien éloi­gné du Vien­nois d’adop­tion qu’il de­vien­dra par la suite. L’in­ter­pré­ta­tion de la So­nate n°3 est à la fois com­pacte, avec un sens de la gran­deur et des contrastes (An­dante), qui font son­ger, en rai­son de leur ca­rac­tère ob­ses­sion­nel (Scher­zo), à quelque page de Bru­ck­ner : un comble dans l’oeuvre de Brahms. Dé­ci­dé­ment, on n’au­ra pas quit­té l’or­chestre… Seule ombre à ce disque : la prise de son un peu loin­taine et om­ni­di­rec­tion­nelle per­turbe dans l’acous­tique pour le moins ex­tra­or­di­naire de la salle de l’Ar­se­nal de Metz. C’est bien dom­mage, car le pia­no Ya­ma­ha CFX ré­vèle un po­ten­tiel vrai­ment ex­cep­tion­nel.

So­nates n°1 ˆ n°3 pour pia­no Bal­lades n°1 ˆ n°4. Ber­ceuse opus 57. Ma­zur­kas opus 17 n°1 ˆ n°4

Mi­chel Fleu­ry Sté­phane Frié­dé­rich

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