DE CONCERT AVEC L’OR­CHESTRE !

Pianiste - - CHRONIQUES DISQUES, DVD -

CHEZ ARS PRODUKTION, LE PIA­NISTE FRAN«AIS PRO­POSE, EN PREMI»RE MON­DIALE, LA VER­SION CONCERTANTE DE DE FLORENT SCHMITT. DA­NIEL KAWKA ET LA FOR­MA­TION SYM­PHO­NIQUE OSE ! L’AC­COM­PAGNENT AUS­SI DANS LES DEUX CONCER­TOS DE RA­VEL.

Par­lez-nous de votre dé­cou­verte de l’oeuvre de Schmitt…

Au dé­but des an­nées 2010, j’en­vi­sa­geais d’en­re­gis­trer des oeuvres de Szy­ma­nows­ki. Ce qui pou­vait pa­raître cu­rieux, car on at­tend sou­vent d’un Fran­çais qu’il joue le ré­per­toire de son pays ! Je connais­sais un peu la mu­sique de Schmitt. À l’ins­tar de Ra­vel, ce com­po­si­teur avait l’ha­bi­tude d’or­ches­trer ses pièces pour pia­no. J’avais donc gra­vé pour Naxos Mi­rages et Ombres, ain­si que La Tra­gé­die de Sa­lo­mé en pre­mière mon­diale. J’ai tout de suite ai­mé cette écri­ture d’une si grande ef­fi­ca­ci­té pia­nis­tique. Con­trai­re­ment à Ra­vel, Schmitt était un pia­niste vir­tuose qui jouait ses oeuvres les plus dif­fi­ciles.

Comment ca­rac­té­ri­se­riez-vous ?

C’est moins un con­cer­to qu’un poème sym­pho­nique avec pia­no obli­gé ou une pe­tite sym­pho­nie concertante. Le pia­no est à la fois so­liste et un pu­pitre in­té­gré au sein de l’or­chestre. Cette par­ti­tion n’a été don­née qu’une seule fois sous les doigts de Jacques Fé­vrier. Elle date de l’époque des deux concer­tos pour pia­no de Ra­vel. L’or­ches­tra­tion est ex­tra­or­di­naire, d’une po­ly­pho­nie gran­diose, ré­vé­lant, à mes yeux, un com­po­si­teur ap­par­te­nant à la fois aux cou­rants im­pres­sion­niste et ex­pres­sion­niste.

Par­lez-nous de votre col­la­bo­ra­tion avec Da­niel Kawka…

Nous avons eu à coeur de nous dé­ga­ger des « fausses » tra­di­tions d’in­ter­pré­ta­tion, ce que j’avais ap­pris de son pro­fes­seur Mi­chel Dal­ber­to, lui-même dis­ciple de Vla­do Per­le­mu­ter qui tra­vailla avec Ra­vel. Pre­nons un seul exemple avec le Con­cer­to en sol. Au dé­but de la par­ti­tion, le tem­po est in­di­qué à 116 avant un pas­sage me­no vi­vo (moins vif). La plu­part des pia­nistes et chefs di­mi­nuent le tem­po à 70 en­vi­ron, ce qui est une er­reur. Nous avons es­sayé de cor­ri­ger un cer­tain nombre d’in­exac­ti­tudes. L’une des plus fla­grantes consiste à aug­men­ter le nombre de pu­pitres, no­tam­ment dans les cordes. Or, l’or­chestre des concer­tos est une for­ma­tion « clas­sique », tout au plus d’une cin­quan­taine de mu­si­ciens. Da­niel Kawka et moi avons été très at­ten­tifs à la pré­ci­sion de la mise en place, à la clar­té des plans so­nores. Le tra­vail entre l’or­chestre et le pia­no est par­ti­cu­liè­re­ment dé­li­cat. Dans cet en­re­gis­tre­ment, nous avons pris le temps d’ap­pro­fon­dir tous ces as­pects, ce qui est im­pos­sible en concert et, a for­tio­ri, lors d’une cap­ta­tion. Les oeuvres ont été « ro­dées » deux ans du­rant. Le la­bel ARS Produktion, ré­pu­té pour ses prises de son de très grande qua­li­té, et moi vou­lions une so­no­ri­té trans­pa­rente, sans sé­che­resse, na­tu­relle et adap­tée à chaque oeuvre.

Quels sont vos pro­jets dis­co­gra­phiques ?

Je sors pro­chai­ne­ment un disque cou­plant les opus 5 (So­nate n°3) et opus 117 (In­ter­mez­zi) de Brahms avec la So­nate de Berg. L’opus 5 est la der­nière oeuvre que j’ai tra­vaillée avec Bru­no Leo­nar­do Gel­ber. Elle est l’abou­tis­se­ment de la so­nate ro­man­tique, une sorte de lien al­lant de Haydn et Bee­tho­ven à Berg, le « fils spi­ri­tuel » de Brahms, et non de Wa­gner, comme on le croit par­fois. Par la suite, j’en­vi­sage un al­bum au Théâtre Le­doux de Be­san­çon. Schmitt, Ra­vel, (+ Phi­lippe Her­sant) avec l’Or­chestre sym­pho­nique Ose !, di­rec­tion Da­niel Kawka.

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