DE CONCERT AVEC CHO­PIN

Pianiste - - ACTUALITÉS -

Le pia­niste ca­na­dien of­fri­ra six ré­ci­tals à Pa­ris et dans sa pé­ri­phé­rie, ac­com­pa­gné par l’Or­chestre na­tio­nal d’Île-de-France di­ri­gé par En­rique Maz­zo­la.

En no­vembre, vous joue­rez le

Con­cer­to n°1 pour pia­no

de Cho­pin. Est-il plus fa­cile à in­ter­pré­ter avec ou sans chef d’or­chestre ? Ques­tion dif­fi­cile… En Po­logne, les mu­si­ciens connaissent tel­le­ment bien cette oeuvre qu’ils vous re­gardent en per­ma­nence. Tout comme chez Schu­mann et Men­dels­sohn, la par­ti­tion ne suf­fit pas à éclai­rer com­plè­te­ment l’in­ter­prète. Il faut avoir une connais­sance ai­gui­sée du style. Cette mu­sique est beau­coup plus proche de l’opé­ra ita­lien, du bel can­to, que du ro­man­tisme al­le­mand. Les voix in­ternes doivent être at­té­nuées pour pré­ser­ver la tex­ture la plus trans­pa­rente. …cou­ter la Te­bal­di ou bien la Cal­las ne peut qu’ai­der. Si on fait du Brahms…

Quelles sont les li­mites in­ter­pré­ta­tives dans cette mu­sique ?

Dans le ru­ba­to, no­tam­ment, on peut al­ler très loin. Liszt le dé­fi­nis­sait comme les branches d’un arbre sans cesse en mou­ve­ment, mais re­liées à un tronc in­amo­vible. Dans les salles mo­dernes, sur­tout si elles sont sèches, les chefs pla­cés der­rière le cou­vercle ou­vert du pia­no per­çoivent peu les fré­quences basses qui donnent des points de re­père pré­cis. Le ré­per­toire de Cho­pin n’est pas adap­té aux très grands es­paces. D’ailleurs, ce­lui-ci ne jouait que dans des sa­lons. L’idéal est de ne ja­mais at­teindre les fortes les plus ex­trêmes.

Les concer­tos de Cho­pin sont-ils dif­fi­ciles à mé­mo­ri­ser ?

Je ne le crois pas. La pen­sée de Cho­pin est ex­trê­me­ment lo­gique, son écri­ture – de jeu­nesse – est construite clai­re­ment sur des bases de quatre et huit me­sures. Ryth­mi­que­ment, c’est beau­coup plus simple que le Con­cer­to de Schu­mann. En ne fai­sant ap­pel qu’à la mé­moire di­gi­tale, certes dan­ge­reuse, on s’y re­trouve.

Quel conseil don­ne­riez-vous pour les ap­prendre ?

Connaître la syn­taxe de son écri­ture, c’est-à-dire avoir tra­vaillé les …tudes. Il y concentre toute la tech­nique de ses oeuvres à ve­nir. C’est comme s’il avait vou­lu en fi­nir très tôt avec la vir­tuo­si­té, pour ne plus se concen­trer par la suite qu’à la mu­sique !

Votre ré­per­toire est im­mense, y com­pris en mu­sique contem­po­raine…

Le pro­blème est de re­jouer les oeuvres contem­po­raines. Convaincre les or­ga­ni­sa­teurs de ne pas tou­jours don­ner les mêmes concer­tos, les mêmes so­nates de Bee­tho­ven ou de Mo­zart est un dé­fi per­ma­nent. Mon ré­per­toire s’est consti­tué avec les ha­sards de la vie. Der­niè­re­ment, j’ai in­ter­pré­té beau­coup de mu­sique fran­çaise. Mon pro­chain disque se­ra consa­cré à Fau­ré et pa­raî­tra chez Chan­dos.

Pro­pos re­cueillis par Sté­phane Frié­dé­rich

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