À 17 ans, il a dŽ­jˆ crŽŽ deux grandes sym­pho­nies, plu­sieurs qua­tuors ˆ cordes, un opŽ­ra com­plet et laissŽ plu­sieurs autres in­achevŽs.

Pianiste - - EN COUVERTURE -

d’une branche cou­sine, plus mo­deste, qui pos­sé­dait un agréable do­maine à Zselíz, en Hon­grie (au­jourd’hui en Slo­va­quie). Il s’en­tend bien avec ses élèves, mais sur­tout, il af­fer­mit sa vo­lon­té d’être mu­si­cien et rien d’autre et com­pose beau­coup. Des pièces à quatre mains évi­dem­ment comme le Ron­do D 608, les Va­ria­tions sur une chan­son fran­çaise D 624, les Polonaises D 599, les Al­le­mandes D 618 et des frag­ments de so­nates, des mou­ve­ments iso­lés comme l’Ada­gio en mi D 612 ou des oeuvres in­ache­vées telles la So­nate D 613, dont ne res­tent qu’un Mo­de­ra­to et un Al­le­gret­to in­ter­rom­pus, et la So­nate en fa mi­neur D 625. Dans cette oeuvre trop mé­con­nue, le 1er mou­ve­ment s’in­ter­rompt avant la re­prise. L’Ada­gio manque, mais ce pour­rait être le frag­ment D 506, in­dû­ment joint par Dia­bel­li à un Ron­do, lors de l’édi­tion post­hume. Les deux der­niers mou­ve­ments sont ache­vés. De toutes ces pages se dé­gage une im­pres­sion d’in­no­va­tion pro­fonde. Les dé­ve­lop­pe­ments prennent de plus en plus un tour er­ra­tique, très éloi­gné de ce que l’on avait l’ha­bi­tude d’en­tendre. Dé­fiant toute lo­gique aca­dé­mique, ils ont un as­pect comme im­pro­vi­sé et semblent pro­cé­der d’une er­rance psy­cho­lo­gique. Si Bee­tho­ven semble tou­jours sa­voir où il mène son au­di­teur, Schubert est le poète des che­mins dé­tour­nés, dont cer­tains ne mènent nulle part, le com­po­si­teur s’étant ar­rê­té en cours de pro­me­nade. Si l’on consi­dère la So­nate en fa mi­neur D 625 comme ache­vée, elle pos­sède un ton abrupt et ten­du, qui re­vien­dra pé­rio­di­que­ment et qui contraste avec l’image du tendre Schubert. À l’au­tomne 1819, il voyage en Au­triche. Sa vie ne semble pas trop désa­gréable, d’où peut-être l’im­pres­sion de bon­heur ju­vé­nile et détendu, à peine om­bré de mé­lan­co­lie, qui se dé­gage des deux oeuvres im­por­tantes de cette an­née-là, le Quin­tette avec pia­no en la ma­jeur « La Truite » D 667 et la So­nate pour pia­no D 664 (éga­le­ment en la ma­jeur), ai­mée du « grand pu­blic » et des pia­nistes. Elle pos­sède de fait, dès la pre­mière me­sure, un charme mé­lo­dique par­ti­cu­liè­re­ment pre­nant. Le mou­ve­ment lent cen­tral est par­ti­cu­liè­re­ment émou­vant avant un fi­nale joyeux et aé­rien. Schubert semble ici avoir ré­glé cer­tains pro­blèmes de com­po­si­tion, qui l’avaient em­pê­ché de me­ner à terme cer­taines so­nates des deux an­nées pré­cé­dentes, la der­nière en date étant un mys­té­rieux Al­le­gro in­ache­vé en ut dièse mi­neur D 655. Bi­zar­re­ment, à par­tir de la com­po­si­tion de la So­nate en la, il va s’abs­te­nir de toute com­po­si­tion im­por­tante pour le pia­no pen­dant plus de trois ans, hor­mis les suites de danses, qu’il conti­nue de pro­duire en nombre et quelques autres pages. No­tons pour l’anec­dote, en 1821, une brève Va­ria­tion sur une valse de Dia­bel­li, com­man­dée par son édi­teur – on sait que Bee­tho­ven, sol­li­ci­té dans les mêmes condi­tions, se mon­tre­ra plus gé­né­reux et en com­po­se­ra 33 ! Il fi­nit par ac­qué­rir une cer­taine re­con­nais­sance et on l’ad­met au Mu­sik­ve­rein, ce qui l’ins­talle comme un

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