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Pianiste - - L’INVITÉE DE PIANISTE -

uelle a été la ge­nèse du pro­jet ? J’ai tra­vaillé trente ans dans l’uni­vers des par­fums et j’ai ac­com­pa­gné la créa­tion de grands jus comme « Tré­sor » de Lan­côme, « J’adore » de Dior… Je suis di­plô­mée d’une école de com­merce et mon sa­voir-faire ol­fac­tif re­pose sur le res­sen­ti. J’ai consta­té qu’il y avait beau­coup de ré­pé­ti­tions dans ce sec­teur : mêmes pu­bli­ci­tés, même codes, même type de fra­grances. J’avais en­vie d’ou­vrir de nou­velles voies. La Chine est un pays très por­teur, mais tout le monde s’y rend avec des pro­duits oc­ci­den­taux. J’ai choi­si, au contraire, de mon­ter un pro­jet avec une per­son­na­li­té chi­noise.

Pour­quoi Lang Lang ?

Ce­la m’a tra­ver­sé l’es­prit il y a cinq ans. De­puis, je n’ai pas lâ­ché. Le pia­no, c’est mon jar­din se­cret. J’en joue de­puis trente ans. J’ai réa­li­sé que j’avais fait tous mes par­fums en me ser­vant de la mu­sique. Il existe beau­coup de cor­res­pon­dances entre ces deux arts : le par­fum, c’est une his­toire de notes, d’har­mo­nies, d’ac­cords, de com­po­si­tions ; c’est vo­la­til, in­vi­sible ; ce­la vous touche per­son­nel­le­ment, cha­cun l’in­ter­prète à sa fa­çon et il crée un dia­logue in­croyable entre les êtres.

Com­ment Lang Lang a-t-il ré­agi quand vous lui avez pro­po­sé le pro­jet ?

Je lui ai de­man­dé s’il ai­mait le par­fum. C’était la condi­tion sine qua non. Ce à quoi il m’a ré­pon­du : « Vous sen­tez très bon, ça ouvre l’es­pace de la pièce. » Il a tout de suite com­pris ce que pro­vo­quait le par­fum : il dé­cloi­sonne et fait rê­ver. « On es­saie de re­te­nir la note, mais elle dis­pa­raît tou­jours », a-t-il ajou­té. Puis il m’a ex­pli­qué pour­quoi les Fran­çais étaient des par­fu­meurs,

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