Per­son­nelle et ma­gni­fique

Pianiste - - ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS -

n n’avait pas en­ten­du la pia­niste fran­çaise en ré­ci­tal depuis long­temps. C’est comme si l’en­sei­gne­ment si re­cher­ché de l’un des pro­fes­seurs de l’Ecole nor­male de Mu­sique de Pa­ris ren­dait fa­cul­ta­tive la né­ces­si­té d’être sur la scène de la salle Cor­tot, ce 10 no­vembre, de­vant un pu­blic nom­breux et par­mi le­quel on de­vi­nait la pré­sence de quelques étu­diants. La pre­mière par­tie du concert a été consa­crée à Schu­mann ou, plus exac­te­ment, au lied Wid­mung trans­crit par Liszt, puis aux Kreis­le­ria­na. Ra­re­ment les huit Phan­ta­sien de Schu­mann ont été à ce point éclai­rées par un ex­pres­sion­nisme aus­si ex­trême en termes de dy­na­mique et de chan­ge­ments de tem­pi. La sen­sua­li­té faus­se­ment brouillonne, les rêves et les fan­tômes ont han­té le pu­blic, cap­té par un im­pact phy­sique et une tech­nique im­pé­rieuse li­vrée sans peur du risque pris.

OLa se­conde par­tie a été dé­diée à Cho­pin: Fan­tai­sie opus 49, Noc­turne opus 62 n°2, Bal­lade n°3, Ma­zur­ka opus 17 n°4 et Scher­zo n°2. L’in­ter­prète y a joué des nuances jus­qu’aux li­mites ex­trêmes per­mises par un Stein­way un peu dur et n’ou­vrant ses timbres chauds qu’avec d’in­fi­nies pré­cau­tions. Les cli­mats d’at­tente, l’hé­si­ta­tion et le goût du se­cret ont do­mi­né, même avec le Scher­zo n°2, d’un hé­roÔsme de­ve­nu in­quiet et in­ter­ro­ga­tif. Pierre an­gu­laire de l’en­semble, la Troi­sième Bal­lade a pré­ser­vé la trans­pa­rence de sa ligne mé­lo­dique jusque dans les pas­sages de la plus grande com­plexi­té po­ly­pho­nique. Deux bis, une valse de Cho­pin et la Rê­ve­rie de Schu­mann ont re­fer­mé le ré­ci­tal. Vé­ro­nique Bonnecaze a réa­li­sé des in­ter­pré­ta­tions ma­gni­fi­que­ment per­son­nelles.

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