L’uni­té dans la di­ver­si­té

Pianiste - - ACTUALITÉS ÉVÉNEMENTS - Claire-Ma­rie Le Guay

e chef is­raé­lo-ar­gen­tin pro­pose, avec la Staats­ka­pelle de Ber­lin, de tra­ver­ser les siècles en écou­tant en concert l’in­té­grale des sym­pho­nies de Bru­ck­ner as­so­ciées aux con­cer­tos de Mo­zart dans les plus grandes salles du monde en­tier. Le 11 jan­vier, au Musikverein de Vienne, il a réuni la Sym­pho­nie n°3 de Bru­ck­ner et le Con­cer­to n°22 K. 482 en mi bé­mol ma­jeur de Mo­zart, et les a liés, re­liés dans leur di­ver­si­té. De la lu­mière mo­zar­tienne

Là la pro­fon­deur bru­ck­ne­rienne, le maestro nous a fait en­trer dans la com­plexi­té de la forme. L’or­chestre était ma­jes­tueux, co­lo­ré, puis­sant, dé­taillé. La com­pli­ci­té de Da­niel Ba­ren­boim avec les mu­si­ciens était per­cep­tible : il lui suf­fi­sait d’une in­flexion de la main, d’une courbe du bras pour que le son suive cette même in­flexion, se co­lore, se trans­forme, se des­sine dans cette même courbe. Il y avait éga­le­ment chez lui l’au­to­ri­té du geste, cette di­rec­tion in­faillible qui guide la mu­sique et les mu­si­ciens de fa­çon in­dis­cu­table. Sans ou­blier l’in­ti­mi­té. Celle des re­gards com­plices, des sou­rires échan­gés, tou­jours ins­crits dans le par­tage de la mu­sique, dans ce tra­vail com­mun sur les oeuvres, pour nous don­ner à nous, au­di­teurs, d’en­tendre et de com­prendre. Ba­ren­boim a les oeuvres en lui. Qu’il soit au pia­no et/ou à la ba­guette, il parle mu­sique, il parle l’âme. Son pia­no est son or­chestre. Son or­chestre est son pia­no. Il in­carne l’uni­té.

En CD : « In­té­grale des sym­pho­nies de Bru­ck­ner » par la Staats­ka­pelle de Ber­lin, dir. Da­niel Ba­ren­boim (DG)

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