Jean-Sé­bas­tien Bach

(1685-1750) Pré­lude en mi mi­neur BWV 855a, n°18 du Kla­vierbü­chlein für Wilhelm Frie­de­mann Bach de 1720

Pianiste - - PÉDAGOGIE -

Ce pré­lude de Bach, dont nous étu­die­rons ci-après une trans­crip­tion ef­fec­tuée au XIXe siècle par le pia­niste Alexandre Si­lo­ti, est en mi mi­neur, avec un seul dièse à la clé, tan­dis que la ver­sion de Si­lo­ti a été dé­cli­née en si mi­neur, avec deux dièses à l’ar­mure : Fa # et Do #. Quel que soit la par­ti­tion que vous tra­vaillez, la connais­sance de sa to­na­li­té et des de­grés de la gamme sur les­quels s’ap­puie notre aven­ture mu­si­cale est très im­por­tante pour jouer et mé­mo­ri­ser. Elle condi­tionne votre re­pré­sen­ta­tion men­tale du mor­ceau par l’oreille et la pen­sée. Ne jouez pas seule­ment du pia­no: ap­pre­nez la mu­sique, comme le vou­lait le grand Bach qui com­po­sait lui-même pour ses élèves.

MES. 1-4

Cher­chez le par­fait le­ga­to. « Ai­mez » la phrase. Toute la dif­fi­cul­té de cette main gauche est de la jouer par­fai­te­ment le­ga­to et de la faire chan­ter. Georges Ma­thias, un des étu­diants de Cho­pin, ra­conte que ce der­nier « de­man­dait à ses élèves de tra­vailler len­te­ment et le­ga­to » 4. Le le­ga­to était la base de l’en­sei­gne­ment du Maître. Mais qu’est-ce que jouer le­ga­to ? Ce­la consiste à sen­tir sous le doigt que nous te­nons chaque note jus­qu’à la sui­vante, ce­la si­gni­fie que le poids se trans­porte d’une touche à l’autre. Sou­le­vez le cou­vercle de votre pia­no et re­gar­dez ce qui se trouve à l’in­té­rieur. Ces pe­tits feutres que l’on voit au-des­sus des cordes se nomment les étouf­foirs. Dans le jeu lié, ces der­niers ne doivent pas re­tom­ber sur les cordes avant que vous ne sen­tiez votre doigt sur la note sui­vante. C’est ain­si que les sons peuvent ré­son­ner de l’un à l’autre. Si l’on sait ain­si trans­fé­rer le poids, les sons s’écoulent alors comme une voix qui chante et main­tiennent la conti­nui­té de la phrase. C’est in­dis­pen­sable pour la beau­té de votre jeu, mais c’est éga­le­ment es­sen­tiel pour votre mé­moire, car cette der­nière passe aus­si par les doigts, et ce que re­tient la main, ce ne sont pas des notes, mais des es­paces entre les notes, c’est-à-dire des in­ter­valles mu­si­caux. Donc, ne « gi­flez » ja­mais les touches avec vos doigts, mais jouez le­ga­to. Chan­tez votre main gauche Mi-Sol-La-Si-La-SiLa-Sol-Mi… Sen­tez sa courbe et chaque in­ter­valle, la tierce entre Mi et Sol (entre les 5e et 3e doigts), la deuxième entre le 2e doigt et le pouce, etc. Ap­pré­ciez les es­paces entre les notes. Sou­ve­nez­vous tou­jours de cette phrase que Cho­pin adres­sa à ces élèves : « Ca­res­sez la touche, ne

5 la heur­tez ja­mais. »

MES. 5-8

Notes fon­da­men­tales. Les notes fon­da­men­tales sont les basses des ac­cords lorsque ceux­ci ne sont pas ren­ver­sés, et que les notes sont su­per­po­sées par tierces. Re­met­tez tou­jours men­ta­le­ment vos ac­cords « dans le bon sens » ! Ici, à par­tir de la me­sure n°5, leur en­chaî­ne­ment est très simple à re­te­nir, car il s’agit de l’ordre des

6 bé­mols Fa #, Si, Mi, La, Ré, Sol, Do, Fa #. Ap­pre­nez-les par coeur. Vous dé­cou­vri­rez sans doute que beau­coup de frag­ments de chan­sons cé­lèbres sont construits sur cet en­chaî­ne­ment, ce­lui de l’ordre des bé­mols. 4. Cho­pin vu par ses élèves, opus dé­jà ci­té, p. 48. 5. Cho­pin vu par ses élèves, opus dé­jà ci­té, p. 54. 6. Ordre des bé­mols: Si, Mi, La, Ré, Sol, Do, Fa.

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