DENIS PAS­CAL

Pianiste - - CHRONIQUES DISQUES, DVD - Au­ré­lie Mo­reau

So­nates D.784 et D.960 La Mu­si­ca LDV 30. 2017. 1 h 05’

Tout chez Denis Pas­cal res­pire le res­pect du texte de Schu­bert. Les nuances sont justes et l’ar­ti­cu­la­tion est res­pec­tée à la note. Sur cette base so­lide, le pia­niste brode un dis­cours fluide et libre. Chaque note a une vie in­trin­sèque, comme un pe­tit mo­ment de gloire qui lui ap­par­tien­drait à elle seule. Dans le pre­mier mou­ve­ment de la So­nate

D.960, les phra­sés chantent na­tu­rel­le­ment: main droite et main gauche se ré­pondent avec élo­quence dans la par­tie cen­trale. Ce­pen­dant, la ré­ex­po­si­tion ne fait que ré­pé­ter l’ex­po­si­tion, au lieu de mettre en re­lief les mo­du­la­tions. On le re­grette, d’au­tant que Denis Pas­cal dis­pose d’une large pa­lette so­nore. Il par­vient à ob­te­nir de somp­tueuses cou­leurs. Le deuxième mou­ve­ment, An­dante sos­te­nu­to, est trai­té tel un choral qui avance dou­ce­ment et im­per­tur­ba­ble­ment: ce re­fus de tout épan­che­ment peut convaincre. La So­nate D.784 pour­suit sur la même voie. Les risques pris sont as­su­més. La lec­ture est ri­gou­reuse, et le son, ve­lou­té. Les oreilles sen­sibles pour­ront être quel­que­fois gê­nées par l’uti­li­sa­tion gé­né­reuse de la pé­dale forte. Elle est sou­vent chan­gée à la me­sure et les har­mo­nies s’en trouvent noyées. Mal­gré ce­la, Denis Pas­cal fait preuve d’un le­ga­to par­fait. En re­vanche, il consi­dère à nou­veau la ré­ex­po­si­tion comme une simple re­dite. Ce­la dit, il sé­duit par ses phra­sés na­tu­rels, sans em­phase, et son tou­cher aux fines gra­da­tions.

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