KRUPINSKI

Pianiste - - CHRONIQUES DISQUES, DVD - S. F.

Haydn: So­nate Hob.XVI:46. Cho­pin : Bar­ca­rolle opus 60. Valse opus 18. Po­lo­naise-Fan­tai­sie opus 61. Noc­turne en sol dièse mi­neur opus post­hume. Scria­bine: So­nate pour pia­no n°2 opus 19 Lu­kas Krupinski (pia­no) Dux 1375. 2016. 58’

Nous avons été sé­duits par le jeu de ce jeune pia­niste po­lo­nais de 25 ans et lau­réat de nom­breux prix. Son pro­gramme est bien conçu, car il met en va­leur sa mu­si­ca­li­té. Dans la So­nate en la bé­mol ma­jeur de Haydn, dé­jà pré­schu­ber­tienne, il do­mine sans conteste la com­plexi­té de la res­pi­ra­tion, no­tam­ment de l’Ada­gio. Il évite tous les pièges de cette page si dense qui s’achève dans l’es­prit d’une ca­dence im­pro­vi­sée. On est tout au­tant in­té­res­sé par la tran­quilli­té heu­reuse de la Bar­ca­rolle. Lu­kas Krupinski prend le temps de creu­ser les phrases, de faire chan­ter le pia­no, de mettre en re­lief la po­ly­pho­nie, sans ja­mais perdre la di­men­sion nar­ra­tive de la par­ti­tion. Ici et là, quelques dy­na­miques un peu ex­ces­sives ré­vèlent un tem­pé­ra­ment qui de­vra se conte­nir. Le pia­niste pos­sède un vrai sens du ly­risme. La Valse opus 18 est un peu « car­rée », alors que la Po­lo­naise-Fan­tai­sie, im­pé­rieuse, joue de contrastes bien per­son­nels avec di­vers modes d’at­taques as­su­més, au risque de perdre l’uni­té de la pièce. On com­prend alors pro­gres­si­ve­ment que

[ce pia­no do­mes­ti­qué avec tant d’ha­bi­le­té chez Haydn souffre par­fois d’es­pace dans Cho­pin. La So­nate n°2 de Scria­bine cor­res­pond da­van­tage à l’im­pé­tuo­si­té de Lu­kas Krupinski. Il « l’or­chestre », la gorge de cou­leurs, la « dé­rus­si­fie » presque dans le fi­nale qui gagne un ca­rac­tère pas­sion­né et cha­leu­reux. C’est ha­bile. Un mu­si­cien à suivre.

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