« BACH UNLIMITED »

Pianiste - - VIE DE LÉGENDE - S. F.

Bach : Concer­to ita­lien BWV971. Bach/Bu­so­ni : Cha­conne BWV1004. Pou­lenc : Valse im­pro­vi­sa­tion sur le nom de Bach. Rous­sel : Pré­lude et Fugue op. 46. Liszt : Fan­tai­sie et Fugue sur un thème de Bach. Enh­co : Chant noc­turne. Sur la route, pour quatre mains (avec Tho­mas Enh­co). La Ques­tion de l’ange. L’Aube nous ver­ra Lise de la Salle (pia­no) Naïve V5444. 2017. 55’

Un tel pro­gramme fonc­tionne par­fai­te­ment à l’écoute. Les pièces de Pou­lenc, Rousse let Enh­co offrent d’ ha­biles jeux de mi­roirs avec les oeuvres de Bach. Ces éclai­rages en mo­saÔque s’ac­cordent avec beau­coup de goût. Le ton est don­né dès le Concer­to ita­lien. Avec un tou­cher vi­brant, Lise de la Salle sait où elle va, co­lo­rant les fines or­ne­men­ta­tions et ache­vant la pièce dans une joie to­ni­truante qui cherche les ap­plau­dis­se­ments. À l’ins­tar d’un lied de Schu­bert, le Chant noc­turne de Tho­mas Enh­co offre un par­fait « double » au Concer­to ita­lien. Sa vo­lu­bi­li­té mo­du­lante se brise sur le res­sac de la Valse de Pou­lenc. Per­cus­sive et jouée dans l’es­prit d’un Pro­ko­fiev, mâ­ti­née de néo­clas­si­cisme, elle est une belle pa­ren­thèse presque hu­mo­ris­tique. La

Ques­tion de l’ange d’Enh­co pa­raît un peu écra­sée après l’im­mense Cha­conne dans l’ar­ran­ge­ment de Bu­so­ni. Fluide et souple à la fois, le jeu de Lise de la Salle change pro­gres­si­ve­ment au fil des pages de l’oeuvre de Bach. Elle dose l’in­ten­si­té dra­ma­tique de la pièce qu’elle « or­chestre » avec un bel en­ga­ge­ment, tout comme elle do­mine le ca­rac­tère gran­diose de la Fan­tai­sie et Fugue sur un thème de Bach. La maî­trise du temps et de la res­pi­ra­tion de chaque es­thé­tique s’af­firme dans ce disque par­fai­te­ment co­hé­rent. Ce « Bach Unlimited » est l’un des ja­lons les plus réus­sis de la dis­co­gra­phie de l’in­ter­prète.

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