« L'E-SPORT EST UN SPORT À PART EN­TIÈRE ! »

Ae­ro était l'un des trois Fran­çais qui se sont qua­li­fiés pour le der­nier cham­pion­nat du monde. Il nous livre ses im­pres­sions sur la com­pé­ti­tion et re­trace son par­cours de­puis ses dé­buts. Conseils de pro.

Planète Foot - - DOSSIER -

Pla­nète Foot : Tout d'abord, quand as-tu com­men­cé à jouer, que ce soit à FI­FA ou en com­pé­ti­tion ?

Mar­vyn Ae­ro Ro­bert! : J’ai com­men­cé à jouer à FI­FA à l’âge de 6 ans mais c’est fin FI­FA 15 que je me suis mis à la com­pé­ti­tion, je de­vais avoir 17 ans.

Pour­quoi la com­pé­ti­tion ? C'est plus parce que tu ai­mais les jeux vi­déos et que ça t'a at­ti­ré vers FI­FA ou alors parce que tu étais fan de foot et que tu as vou­lu re­trans­crire ça en jeu vi­déo ?

Il faut sa­voir que le foot et moi, ça ne date pas d’hier. J’ai éga­le­ment dé­bu­té au foot à 6 ans et pour tout t'avouer, c’est pour ça je me suis di­rect orien­té sur FI­FA. J’ado­rais jouer avec les stars que je voyais à la té­lé.

As-tu sui­vi une pré­pa­ra­tion spé­ci­fique pour at­teindre ton ni­veau ac­tuel ? C'est quoi ton rythme d'en­traî­ne­ment ?

Pour ar­ri­ver où j'en suis au­jourd’hui, j’ai pas­sé énor­mé­ment de temps à jouer contre des per­sonnes plus fortes que moi et à ob­ser­ver dif­fé­rentes vi­déos de joueurs pros.

C’est comme ça que tu pro­gresses. Per­son­nel­le­ment, pour ce qui est de la pré­pa­ra­tion, je la fais en jouant des matchs ami­caux contre des joueurs de très bon ni­veau. En ce qui concerne mon temps de jeu, ce­la dépend. Lors de la sor­tie d’un FI­FA, on est dans l’obli­ga­tion d’en­chaî­ner les heures de jeu, dé­jà pour en connaître tous les nou­veaux as­pects, en­suite pour ob­te­nir la meilleure équipe pos­sible sur FI­FA Ul­ti­mate Team. Je di­rai donc 4 à 5 heures par jour en moyenne pen­dant cette pé­riode. Si­non, c’est sur­tout le week-end que je joue pour les FUT Cham­pion­ship Se­ries où l’on doit dis­pu­ter 40 matchs en l’es­pace de trois jours.

Joues-tu tou­jours au foot dans la vraie vie ? Est-ce im­por­tant de bien connaître le foot­ball pour être fort sur FI­FA ?

J’ai été pra­ti­quant de 6 à 18 ans. Au­jourd'hui, je me consacre uni­que­ment à FI­FA. Main­te­nant, c'est sûr que quel­qu’un qui connaît bien le foot­ball au­ra beau­coup plus de fa­ci­li­tés. Après, avec beau­coup d’en­traî­ne­ment et de la per­sé­vé­rance, n’im­porte qui peut par­ve­nir à ses ob­jec­tifs.

Qu'est-ce qui est le plus dur à gé­rer lors des tour­nois, no­tam­ment au cham­pion­nat du monde que tu as dis­pu­té dé­but août ?

Le plus dur lors d’une grosse com­pé­ti­tion, c’est le stress. Il faut par­ve­nir à gar­der son calme. Tu sais très bien que pour al­ler au bout tu dois jouer comme tu le fais à la mai­son. Mais les en­jeux sont dif­fé­rents, le ni­veau aus­si.

Ar­rives-tu à vivre de la com­pé­ti­tion sur FI­FA ?

Alors, là, c’est loin, très loin d’être fa­cile. De plus en plus de joueurs ont cette chance mais, pour y par­ve­nir, il faut faire par­tie des tout meilleurs afin qu’une struc­ture ou un club te re­crute et, pour en ar­ri­ver là, ce­la de­mande énor­mé­ment de tra­vail.

As-tu une autre ac­ti­vi­té, un autre job à cô­té ?

Non, j’ai ar­rê­té les études à 18 ans pour me consa­crer en­tiè­re­ment à l’e-sport. C'était un pa­ri ris­qué mais je ne le re­grette pas.

Sans être in­dis­cret, en comp­tant ta struc­ture et les gains en tour­nois, com­bien gagnes-tu par mois ?

Si on compte l'en­semble, on en est à en­vi­ron 3000 ! par mois, cette an­née.

Com­ment vois-tu l'ave­nir de la com­pé­ti­tion dans le ga­ming, plus pré­ci­sé­ment sur FI­FA ?

L’e-sport ne fait que gran­dir. Pour ce qui est de FI­FA, chaque an­née est plus in­té­res­sante. Je suis op­ti­miste pour la suite, je pense qu’on a de belles an­nées de­vant nous. Je crois vrai­ment qu’il y a de grandes choses

Con­si­dères-tu l'e-sport comme un sport à part en­tière ?

Fran­che­ment, oui. Tu dois beau­coup tra­vailler ton men­tal afin de trou­ver les stra­té­gies qui fe­ront la dif­fé­rence. Pour les grosses com­pé­ti­tions, ce­la gé­nère beau­coup de stress dû aux en­jeux. Je com­prends ceux qui ont du mal à l’as­si­mi­ler à un sport car il n’y a pas d’ef­forts phy­siques mais des sports comme ça il y en a d'autres, comme les échecs, le tir à l’arc pour ne ci­ter qu’eux.

On res­sent quoi quand on dis­pute la FIWC (le cham­pion­nat du monde) ?

C'est gé­nial. Faire par­tie des 32 meilleurs joueurs du monde était une im­mense fier­té ! J’ai beau­coup tra­vaillé pour en ar­ri­ver là. C’était l'un de mes rêves les plus fous, étant don­né que les étapes pour y par­ve­nir sont nom­breuses et toutes plus dif­fi­ciles les unes que les autres. Je le ré­pète, c'était une fier­té.

Quels conseils don­ne­rais-tu à un dé­bu­tant qui rêve d'at­teindre le haut ni­veau ?

Je lui di­rai de beau­coup s’en­traî­ner, il n’y a pas de se­cret... Au­cun joueur pro­fes­sion­nel n’a com­men­cé di­rec­te­ment au haut ni­veau. On est tous pas­sé par la case dé­bu­tant. Il faut s’ac­cro­cher, tou­jours vi­ser plus haut. C’est en se fixant des ob­jec­tifs et avec de l’achar­ne­ment qu’on y ar­rive !

à réa­li­ser.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.