FU­TUR CRACK Jus­tin Klui­vert

Le fils de Pa­trick, for­mé à l'Ajax, marche dé­jà dans les traces de son père avec une idée fixe, lais­ser les siennes. At­ten­tion, phé­no­mène.

Planète Foot - - ÉDITO - Par Ma­thieu De­lattre

Ya pas à dire, il y a des centres d'en­traî­ne­ment, des stades et des maillots qui res­pirent l'his­toire plus que d'autres. On s'y pré­pare, on s'en doute et, dès les pre­miers pas, on est sai­si. C'est comme un shoot de sou­ve­nirs, vé­cus pour cer­tains, ra­con­tés pour d'autres, entre images en noir et blanc et che­veux longs dans le dos. Ça trans­pire sur les murs comme dans l'herbe, l'air y est alour­di mais tel­le­ment pur. C'est tou­jours pa­reil lorsque l'on fran­chit les portes de l'Ajax Am­ster­dam. Dès l'ap­proche, tout est dit. À l'Ajax, le poids de l'his­toire se cogne dans les prin­cipes fon­da­men­taux. Tout de suite, on se sou­vient d'ailleurs des mots de Ju­lien Es­cu­dé nous ra­con­ter qu'il avait pris «!une énorme claque!» en dé­bar­quant ici au dé­but des an­nées 2000, en voyant ses nou­veaux concur­rents, des dé­fen­seurs cen­traux donc, ali­gner les trans­ver­sales sur des plots à qua­rante mètres de là avec une pré­ci­sion à faire peur... du pied droit comme du gauche!! Ici, c'est res­pect. Ici, c'est bande rouge my­thique sur fond blanc. Ici, c'est foot­ball. Et même si l'Are­na d'Am­ster­dam ne vibre plus aus­si sou­vent les soirs de prin­temps en mi­lieu de se­maine, l'Ajax pro­duit tou­jours au­tant de ta­lents dans son Aca­dé­mie de haut ni­veau. La fi­nale de Ligue Eu­ro­pa en 2017 (ils avaient éli­mi­né l'OL en de­mies avant d'échouer face à MU sur la der­nière marche) vient en­core le rap­pe­ler. Ha­kim Ziyech, Ber­trand

Il a la tête et les pieds sur le sol. » Pa­trick Klui­vert

Trao­ré pour ne ci­ter qu'eux ré­cem­ment (Erik­sen, Snei­j­der et tant d'autres avant), les pé­pites y dorment tou­jours aus­si pai­si­ble­ment. La der­nière est un nom bien connu. L'un des plus grands sym­boles, même, de l'Aca­dé­mie. Klui­vert...

Re­mem­ber Pa­trick, la fi­nale de la Cham­pions League 1995 quand les ba­bys ont tout ren­ver­sé sur leur pas­sage, AC Mi­lan, te­nant du titre y com­pris, en fi­nale. L'ombre de Pa­trick Klui­vert, l'homme aux 230 buts (dont 40 en 79 sé­lec­tions), unique bu­teur lors de cette fi­nale de 1995 et sur le toit du monde à la fin de cette même an­née (l'Ajax rem­por­tait la Coupe In­ter­con­ti­nen­tale), n'est ja­mais loin quand on ar­pente les cou­loirs du centre. Vingt ans après, c'est sa pro­gé­ni­ture qui a fait des siennes.

Pré­nom, Jus­tin. Né en mai 1999, ah oui, nous par­lons d'un ga­min qui a cinq mois de moins que Ky­lian Mbap­pé. Classe bi­be­ron mais classe tout court. Mi­lieu of­fen­sif, plu­tôt ai­lier d'ailleurs, le ga­renne dé­vale dans son cou­loir gauche, ce­lui qu'il pré­fère, avec une ai­sance balle au pied qui convoque les sou­ve­nirs. Après avoir ren­du son ta­blier éphé­mère de di­rec­teur spor­tif du PSG, Pa­trick la lé­gende avait dit ce­ci à pro­pos du fis­ton!: «!Je suis très content de la fa­çon dont il joue. Il fait des dif­fé­rences balle au pied et avec la vi­tesse et la fi­ni­tion qu'il a, il com­mence à être dé­ci­sif. Il faut qu'il reste sur cette ligne de conduite. En tant que père, je suis fier de ce qu'il réa­lise.!»

La ligne est la même, c'est vrai, mais la tra­jec­toire a lé­gè­re­ment mo­di­fié sa courbe cet été. À 19 ans, le pe­tit Jus­tin a si­gné à l'AS Rome. Comme un grand. «! J'ai trois pe­tits frères, je suis l'aî­né et la fa­mille est très im­por­tante pour moi. C'est vrai, mon père a eu une grande car­rière et les gens me de­mandent si c'est dif­fi­cile d'avan­cer avec ça, mais non, ce n'est pas dif­fi­cile. Ça me pousse sim­ple­ment à m'amé­lio­rer tous les jours. Il est mon mo­dèle, donc je ne res­sens au­cune pres­sion. Mon père me parle beau­coup, il a une énorme ex­pé­rience qu'il peut par­ta­ger avec moi. C'est une chance in­ouïe, au contraire.!»

Pa­pa por­tait le Mi­lan, Jus­tin a re­joint le co­con de la Louve. «! La Ro­ma est le club par­fait pour ma pro­gres­sion. Je suis là pour réa­li­ser de belles choses, pour in­té­grer le top ni­veau.!» Faut dire qu'il avait le choix. Le FC Bar­ce­lone, où le pa­ter­nel a lais­sé une sa­crée trace aus­si, mais éga­le­ment Man­ches­ter Uni­ted étaient des cour­ti­sans dé­cla­rés. Sans par­ler des autres. En fait, ça se bous­cu­lait à son por­tillon.

«!J'au­rais ai­mé qu'il reste en­core un an à l'Ajax, a ré­agi le da­ron, mais je suis très sa­tis­fait de ce qu'il fait. Il ne parle pas beau­coup, vous sa­vez, mais c'est quel­qu'un qui sait écou­ter et qui est mo­ti­vé. Il a choi­si l'AS Rome en toute conscience et je suis sûr que c'est une bonne so­lu­tion.! Il est tou­jours dif­fi­cile de dire non au Bar­ça ou à d'autres grandes équipes, mais vous de­vez choi­sir ce qui ré­pond le mieux à votre jeu. Il a la tête et les pieds sur le sol. » Le dé­but de sai­son de la Ro­ma n'est pas le plus fa­meux et Eu­se­bio Di Fran­ces­co, l'en­traî­neur, pa­raît fra­gi­li­sé en ce dé­but d'au­tomne. Mais à 19 ans, Jus­tin a dé­jà l'air tel­le­ment cos­taud qu'on l'ima­gine fa­ci­le­ment pas­ser la sai­son, l'hi­ver aus­si. Et quelque chose nous dit même que l'on de­vrait le voir tout bien­tôt en mode quatre sai­sons.

15 avril 2018 : Jus­tin vi­re­volte au Phi­lips Sta­dion au-des­sus de Da­niel Sch­waab du PSV Eind­ho­ven. L'un de ses der­niers matchs en Ere­di­vi­sie. Main­te­nant, c'est dans le Cal­cio, à la Ro­ma, qu'il vole de ses propres ailes.

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