LE NEz zEN

Playboy (France) - - Le Nez Du Playboy -

il est l’un des plus grands nez fran­çais, créa­teur entre autres du best-sel­ler le Mâle de Jean Paul Gaul­tier. Pour sa mai­son, Fran­cis Kurkd­jian fait re­vivre cinq sou­ve­nirs ol­fac­tifs de son en­fance à tra­vers une ligne de bou­gies.

Où se trouve cet en­droit ?

C’est la rue de mon en­fance, dans une pe­tite ville du 93 ap­pe­lée Gour­nay-sur-Marne, à en­vi­ron vingt ki­lo­mètres de Pa­ris.

Quel est votre sou­ve­nir le plus mar­quant ?

J’ai le sou­ve­nir d’une en­fance très heu­reuse dans une mai­son pleine de vie, avec mes ca­ma­rades de classe mais aus­si leurs pa­rents, amis des miens.

Quelles émo­tions com­posent cette bou­gie ?

Le nom de la rue était pro­pice à plan­ter des gro­seilliers. La mai­son fa­mi­liale est bor­dée d’un jar­din po­ta­ger. Tous les étés, des baies rouges su­crées et aci­du­lées y pous­saient et nous ai­mions les dé­gus­ter en fa­mille. Ce sont ces sa­veurs que j’ai vou­lu tra­duire à tra­vers la bou­gie rue des Gro­seilliers.

Où se trouve cet en­droit ?

La bou­gie Anouche évoque le pe­tit ap­par­te­ment de mes grands-pa­rents ma­ter­nels si­tué rue Le­royer à Vin­cennes, non loin du châ­teau.

Quel est votre sou­ve­nir le plus mar­quant ?

il y avait une pièce que nous ap­pe­lions “bez­dig sé­gniag” (“la pe­tite pièce” en ar­mé­nien) qui ren­fer­mait des tré­sors : à la fois ate­lier de cou­ture de mon grand-père tailleur et garde-man­ger pour ma grand-mère. Les odeurs du fer à re­pas­ser, de la pat­te­mouille, l’huile de la ma­chine à coudre mé­lan­gées aux ali­ments que ma grand-mère sto­ckait éga­le­ment dans ce ré­duit: conserves de feuilles de vigne, de choux blancs ma­ri­nés, d’olives…

Quelles odeurs émo­tion­nelles com­posent la bou­gie ?

“Anouche” est un mot ar­mé­nien qui dé­signe tout ce qui est su­cré. Ma grand-mère avait une re­cette de confi­ture de roses et de prunes noires. Je vou­lais lui rendre hom- mage à tra­vers cette bou­gie, suave, miel­lée et épi­cée, sou­te­nue par une bras­sée de coings.

Où se trouve cet en­droit ?

Dans le Perche, à quelques ki­lo­mètres de la ville de Bel­lême, près d’igé. Mes cou­sins y ont leur mai­son de cam­pagne, un an­cien corps de ferme trans­for­mé en ha­bi­ta­tion il y a vingt ans.

Quel est votre sou­ve­nir le plus mar­quant ?

De mes 7 ans jus­qu’à la ter­mi­nale, j’y pas­sais mes va­cances sco­laires. Je garde des sou­ve­nirs très pré­cis de ca­bane dans les bois, de ba­lades, de par­tie de cache-cache dans les granges…

Quelles odeurs émo­tion­nelles com­posent la bou­gie ?

La Trou­ve­rie re­donne vie à tous ces sou- ve­nirs ol­fac­tifs cham­pêtres. J’ai donc cher­ché à re­trou­ver les odeurs douces de paille fraîche, de la­vande, de thym et de ro­ma­rin.

Où se trouve cet en­droit ?

Les Ta­ma­ris se si­tuent entre royan et SaintPa­lais-sur-Mer. C’est ici que nous avons notre ré­si­dence fa­mi­liale de bord de mer, un pe­tit coin de pa­ra­dis ni­ché en pleine na­ture ima­gi­né par mon père.

Quel est votre sou­ve­nir le plus mar­quant ?

Une al­lée plan­tée de pins parasols et de dif­fé­rentes es­sences re­lie la mai­son au bord de mer. Tout au long de ce che­min, du­rant les mois de juillet et d’août, une odeur très par­ti­cu­lière en­va­hit l’air.

Quelles odeurs émo­tion­nelles com­posent la bou­gie ?

Une brise ma­rine et un vent d’été chaud qui trans­portent les ef­fluves des im­mor­telles, des genêts, des pins parasols, des aca­cias et du sable.

Où se trouve cet en­droit ?

17, c’est le nu­mé­ro de mon adresse pa­ri­sienne, dans le Xe ar­ron­dis­se­ment. Pa­ris, c’est ma ville re­fuge, ma ville de coeur. J’aime sa ma­gie, son es­prit de li­ber­té, ses lu­mières in­croyables et sa po­pu­la­tion hé­té­ro­gène.

Quel est votre sou­ve­nir le plus mar­quant ?

L’une des soi­rées sans doute les plus mé­mo­rables fut celle que j’ai don­née pour fê­ter ma no­mi­na­tion au grade de che­va­lier des Arts et des Lettres.

Quelles odeurs émo­tion­nelles com­posent la bou­gie ?

“Au 17” tra­duit l’am­biance co­sy et éclec­tique de mon ap­par­te­ment avec des ef­fluves de feu de che­mi­née, d’en­cens ja­po­nais as­sem­blés sur la base d’un par­fum am­bré.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.