« On parle sou­vent de “niche”, mais avec 230 000 col­lec­tion­neurs et en­vi­ron 800 000 vé­hi­cules, ce n’est pas non plus ano­din »

Pneumatique - - ENQUÊTE -

Le vent de dé­me­sure qui souffle de­puis quelques an­nées sur les en­chères au­to­mo­biles fe­rait presque ou­blier que les vé­hi­cules an­ciens ne sont pas ré­duc­tibles aux seuls dieux dol­lar et eu­ro. Dé­cryp­tage d’un uni­vers en ex­pan­sion avec Alain Guillaume et Laurent Hé­riou, de la FFVE.

Quelles sont les grands ja­lons de l’his­toire de la Fé­dé­ra­tion et quel est son pé­ri­mètre ac­tuel ?

Si on doit im­pé­ra­ti­ve­ment trou­ver un acte de nais­sance, par­tons pour le 11 jan­vier 1967 quand Ber­nard de Las­sée, dé­jà membre du bu­reau de L’ACO et pré­sident de la FEVA (Fé­dé­ra­tion Eu­ro­péenne des Vé­hi­cules An­ciens, créée en 1966), réunit à Pa­ris quelques res­pon­sables de clubs et de mu­sées, dont Guy Bur­nat, Lu­cien Lo­reille et Adrien Maeght. Les pre­mières bases de la créa­tion de la Fé­dé­ra­tion Na­tio­nale des Clubs d’au­to­mo­biles An­ciennes en France sont alors je­tées. N’al­lez pas croire que c’est un uni­vers très po­li­cé, car par­mi ces pas­sion­nés se trouvent aus­si de "doux dingues", à l’image d’hen­ri Ma­lartre, un cas­seur qui re­fu­sait de lais­ser dis­pa­raître cer­taines épaves. Il faut bien gar­der à l’es­prit qu’à l’époque, de nom­breuses voi­tures an­ciennes n’ont pas de titre de cir­cu­la­tion. Plus tard, et c’est une date dé­ci­sive, les pou­voirs pu­blics vont don­ner à la fé­dé­ra­tion, si­glée FFVE en 1987, la pos­si­bi­li­té de dé­li­vrer la carte grise de col­lec­tion. Au­jourd’hui, la FFVE ras­semble quelque 1 200 membres, des per­sonnes mo­rales comme des pro­fes­sion­nels, des clubs et des mu­sées. Le trait d’union ré­side dans la pas­sion, le plai­sir de conduire avec des sen- sa­tions et le res­pect d’une no­tion de pa­tri­moine. On parle sou­vent de "niche", mais avec 230 000 col­lec­tion­neurs et en­vi­ron 800 000 vé­hi­cules, ce n’est pas non plus ano­din.

On peut ef­fec­ti­ve­ment par­ler d’un mar­ché qui com­mence à être si­gni­fi­ca­tif, d’au­tant qu’il est aus­si en pleine ex­pan­sion, n’est-ce pas ? En termes éco­no­miques, sur la base d’études, on es­time que l’ac­ti­vi­té liée aux vé­hi­cules d’époque re­pré­sente 4 mil­liards d’eu­ros par an pour en­vi­ron 20 000 em­plois à temps plein. Les voi­tures roulent très peu,

Alain Guillaume

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