Bas­sem Bou­zid, Die­bold : « les banques abordent l’ère de l’au­to­mate in­tel­li­gent »

Point Banque - - BRIEFING - PRO­POS RE­CUEILLIS PAR JO CO­HEN

Construc­teur d’au­to­mates ban­caires connu pour sa gamme Op­te­va, Die­bold en­tame de­puis juin 2013 une trans­for­ma­tion en pro­fon­deur suite à l’ar­ri­vée au poste de CEO d’an­dy Mattes, un construc­teur re­prend des cou­leurs. Dans cette in­ter­view, Bas­sem Bou­zid, se­nior vice pre­sident & ma­na­ging di­rec­tor EMEA chez Die­bold, éga­le­ment an­cien D’IBM et de HP, fait le point sur les nou­veaux ob­jec­tifs de l’en­tre­prise.

Die­bold a en­re­gis­tré des pertes en 2012 et 2013. Après le pas­sage éclair d’hen­ry Wal­lace à la tête de l’en­tre­prise, où en est Die­bold au­jourd’hui ?

De­puis l’ar­ri­vée d’an­dy Mattes à la tête de Die­bold en juin 2013, l’en­tre­prise a en­ta­mé une pro­fonde trans­for­ma­tion, bap­ti­sée Die­bold 2.0, et dont l’ob­jec­tif est de re­prendre clai­re­ment le lea­der­ship de ce mar­ché en de­ve­nant un ac­teur cen­tré sur les ser­vices et non plus un simple « box moo­ver ». Les dif­fi­cul­tés qu’elle a connues dans le pas­sé ré­sul­taient se­lon notre ana­lyse d’in­ves­tis­se­ments en R&D in­suf­fi­sants sur une pé­riode de dix ans. Deux an­nées après l’ar­ri­vée d’an­dy Mattes, la si­tua­tion a dé­jà for­te­ment chan­gé : Die­bold re­noue avec la crois­sance, se si­tuant même au-des­sus de la moyenne du mar­ché se­lon les don­nées du ca­bi­net bri­tan­nique RBR. Ce der­nier es­time que nous avons li­vré 25 000 au­to­mates dans le monde l’an der­nier. Le chiffre d’af­faires pour l’exer­cice 2014 s’éle­vait à 3,1 Md$ avec un bé­né­fice par ac­tion de 1,78 $. Nous al­lons conti­nuer à amé­lio­rer nos marges. Quant au plan Die­bold 2.0, pré­vu pour s’éta­ler sur une pé­riode de huit ans, il com­porte trois étapes bap­ti­sées « crawl, walk & run ». Ain­si que l’a rap­pe­lé notre CEO à la presse fi­nan­cière lors de l’an­nonce des ré­sul­tats du pre­mier tri­mestre 2015, la phase « crawl » se­ra ache­vée cet été. Mal­gré la baisse sub­stan­tielle de l’eu­ro et du Real qui im­pactent toute la pro­fes­sion, Die­bold a réa­li­sé au pre­mier tri­mestre 2015 un chiffre d’af­faires de 655,5 M$, en crois­sance de 1,1 % à dol­lars constants. Des contrats si­gni­fi­ca­tifs, comme ce­lui que nous avons si­gné avec la banque suisse UBS, et des an­nonces ma­jeures comme la gamme Next­gen sont ve­nus concré­ti­ser le re­nou­veau de l’en­tre­prise et de son offre sur le mar­ché au mo­ment où nous abor­dons la phase « walk ». Nous comp­tons sur l’ac­qui­si­tion de l’édi­teur ca­na­dien Phoe­nix In­te­rac­tive De­si­gn ain­si que sur de nou­veaux par­te­na­riats avec des grands ac­teurs amé­ri­cains comme Wal­mart pour pas­ser à la vi­tesse su­pé­rieure.

Pour beau­coup de banques, faire re­ve­nir le client en agence est une exi­gence vi­tale pour lui vendre des ser­vices com­plé­men­taires.

Qu’en est-il jus­te­ment de votre offre et de la gamme Op­te­va ?

Nous conti­nue­rons de com­mer­cia­li­ser la gamme Op­te­va qui est une gamme ro­buste qui bé­né­fi­cie de nom­breuses in­no­va­tions ré­centes comme les écrans an­ti-bac­té­riens ou l’ali­men­ta­tion par pan­neau so­laire qui in­té­resse les pays fai­ble­ment ban­ca­ri­sés ou ceux qui connaissent des pro­blèmes de conti­nui­té sur leur ré­seau de dis­tri­bu­tion de l’élec­tri­ci­té. La plate-forme lo­gi­cielle de Phoe­nix va de­ve­nir le coeur de notre offre sur le plan lo­gi­ciel dans une op­tique om­ni­ca­nal avec en­vi­ron­ne­ment mul­ti-ven­deur. Elle vien­dra en com­plé­ment du lo­gi­ciel Agi­lis com­mer­cia­li­sé avec la gamme Op­te­va. Cette nou­velle offre ouvre la porte aux « ma­na­ged ser­vices », au conseil et à l’ex­ter­na­li­sa­tion. Pa­ral­lè­le­ment, la gamme Next­gen, sur la­quelle l’eu­rope est pi­lote, re­pré­sente la so­lu­tion at­ten­due par les banques dans le contexte de leur propre trans­for­ma­tion di­gi­tale. Elle in­tègre les tech­no­lo­gies mo­biles en lais­sant le soin à chaque banque de mettre le cur­seur là où elle le sou­haite. Alors que les banques cher­chaient jusque-là l’au­to­mate le moins cher, elles cherchent à pré­sent un au­to­mate in­tel­li­gent au ROI ra­pide et qui leur per­mette de se dif­fé­ren­cier afin de ne pas perdre des clients im­por­tants, voire de ga­gner de nou­veaux clients. Pour beau­coup de banques, faire re­ve­nir le client en agence est une exi­gence vi­tale pour lui vendre des ser­vices com­plé­men­taires. C’est la te­neur de notre par­te­na­riat avec UBS. Ce­lui avec Wal­mart, éga­le­ment en cours de dé­ploie­ment, por­te­ra sur l’ins­tal­la­tion de 2000 au­to­mates qui se­ront dé­ployés

d’ici à fin 2016. Wal­mart pré­voit d’of­frir des ser­vices fi­nan­ciers no­va­teurs comme le paie­ment de fac­tures ou le trans­fert d’ar­gent.

Quel est l’ob­jec­tif de votre par­te­na­riat avec UBS ?

La grande banque suisse vou­lait un au­to­mate qui soit im­mé­dia­te­ment re­con­nais­sable et qui ouvre sur les ser­vices du fu­tur et rende no­tam­ment les tran­sac­tions ban­caires sans es­pèces fa­ciles et sûres. Notre centre d’in­no­va­tion de Bruxelles qui tra­vaille sur le kiosque du fu­tur a pu ré­pondre à leur de­mande. Nous leur avons fait un pro­to­type en trois mois. Plus de 400 uni­tés se­ront ins­tal­lées en libre-ser­vice à tra­vers le ré­seau D’UBS, com­po­sé de 300 agences en Suisse. En four­nis­sant une ex­pé­rience client cross­ca­nal co­hé­rente à tra­vers le ré­seau UBS, ces nou­velles uni­tés per­met­tront aux clients d’exé­cu­ter des tran­sac­tions sé­cu­ri­sées, telles que des paie­ments de fac­ture, ou de vi­sua­li­ser des ex­traits de compte. Sou­te­nu par les ser­vices de main­te­nance de Die­bold, UBS peut ga­ran­tir à ses clients une dis­po­ni­bi­li­té maxi­male. La flexi­bi­li­té de nos so­lu­tions va per­mettre à UBS d’amé­lio­rer leurs uni­tés pour in­clure des fonc­tion­na­li­tés de sé­cu­ri­té en libre-ser­vice avan­cée et les tech­no­lo­gies mo­biles afin d’ac­croître la sé­cu­ri­té et la com­mo­di­té des clients D’UBS.

Qu’est-ce qui a per­mis à Die­bold de rem­por­ter le contrat de la poste belge bpost ?

C’est sur la base de notre nou­velle pla­te­forme mul­ti-ven­deur que nous avons rem­por­té ce contrat d’ex­ter­na­li­sa­tion de la ges­tion d’un ré­seau hé­té­ro­gène de 450 au­to­mates. Nous al­lons of­frir dif­fé­rents ser­vices com­plé­men­taires à bpost, dont la ges­tion de leur parc, la main­te­nance, la confor­mi­té ré­gle­men­taire ain­si que le taux de dis­po­ni­bi­li­té. Nous avons rem­por­té un contrat d’ex­ter­na­li­sa­tion au­près de BBVA Com­pass.

Les banques fran­çaises sont-elles à l’heure de l’au­to­mate 2.0 ?

Il y a des banques fran­çaises qui cherchent comme UBS à per­son­na­li­ser leurs au­to­mates afin de ré­pondre au plus près à leur clien­tèle. Elles sont pour l’ins­tant mi­no­ri­taires. Beau­coup en sont en­core au stade de la trans­for­ma­tion de leurs agences. Elles vien­dront tôt ou tard au concept de l’au­to­mate 2.0 dont le ROI est in­fé­rieur à douze mois.

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