Colonel Luc Fringant

« Trente an­nées ex­tra­or­di­naires au ser­vice des princes de Mo­na­co »

Point de Vue - - Sommaire - Par Isa­belle Ri­vère

De­puis 1987, cet an­cien of­fi­cier pa­ra­chu­tiste était le té­moin sen­sible et dis­cret des heures les plus heu­reuses, et les plus sombres, de la vie du prince Al­bert II et de ses proches. Alors qu’il prend sa re­traite, il nous livre le ré­cit d’une vie de de­voir à leurs cô­tés.

Le 17 sep­tembre, la fa­mille prin­cière se réunis­sait dans la cour d’hon­neur du pa­lais pour lui té­moi­gner une nou­velle fois sa confiance. Et sa gra­ti­tude. Re­cru­té par Rai­nier III, le colonel Luc Fringant au­ra été suc­ces­si­ve­ment l’aide de camp du prince hé­ré­di­taire Al­bert, le chef de corps de la com­pa­gnie des ca­ra­bi­niers du prince, le cham­bel­lan du prince Al­bert II, puis le com­man­dant su­pé­rieur de la force pu­blique – fonc­tion qu’il oc­cu­pait de­puis 2009. À 65 ans, il quitte le ser­vice de la prin­ci­pau­té de Mo­na­co sans tou­te­fois quit­ter com­plè­te­ment ce­lui des Gri­mal­di, au­près des­quels il conti­nue­ra de rem­plir des mis­sions ponc­tuelles. La consé­cra­tion d’une loyau­té sans faille.

Vous ne connais­siez pas Mo­na­co et vous ne vous des­ti­niez pas à ce type de car­rière. Com­ment, à la fin de l’été 1987, votre dos­sier s’est-il re­trou­vé sur le bu­reau du prince Rai­nier ?

Mon par­cours est aty­pique, c’est vrai. Mon père vou­lait que je rentre dans les ordres, ma mère, qui était in­fir­mière, sou­hai­tait que je de­vienne mé­de­cin. De mon cô­té, je dé­si­rais faire du cirque, du théâtre et de la phi­lo­so­phie. Lorsque j’ai dû ef­fec­tuer mon ser­vice mi­li­taire, j’ai choi­si les pa­ras par pro­vo­ca­tion et je me suis en­suite re­trou­vé à Dieuze dans un ré­gi­ment ex­tra­or­di­naire, le 13e ré­gi­ment de dra­gons pa­ra­chu­tistes, dont la mar­raine est la prin­cesse Na­po­léon. Je suis ar­ri­vé là avec beau­coup d’a prio­ri, per­sua­dé que j’al­lais mon­trer à ces mi­li­taires le che­min de la vé­ri­té. Et puis je suis tom­bé sur des of­fi­ciers ex­cep­tion­nels, je me suis ren­du compte que le vé­ri­table sens de la vie ne se dé­cou­vrait pas dans les livres mais sur le ter­rain. Moi qui m’étais rê­vé en prof de phi­lo, je suis de­ve­nu ins­truc­teur à mon tour. C’est pro­ba­ble­ment la rai­son pour la­quelle mon dos­sier a été sé­lec­tion­né

Le 17 sep­tembre, lors d’une cé­ré­mo­nie de prise d’armes de pas­sa­tion de com­man­de­ment dans la cour d’hon­neur du pa­lais, le colonel Luc Fringant a quit­té ses fonc­tions de com­man­dant su­pé­rieur de la force pu­blique et sa­lué une der­nière fois l’étendard avant de le re­mettre au prince Al­bert II.

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