Union royale en Ba­vière

Point de Vue - - SOMMAIRE - Par Vincent Mey­lan Pho­tos Ju­lio Piat­ti

La grande-du­chesse de Luxem­bourg, mar­raine de la ma­riée, l’ar­chi­duc d’Au­triche-Este, son par­rain, et des di­zaines de princes et prin­cesses des mai­sons d’Au­triche, de Bel­gique, du Luxem­bourg, de Ba­vière, du Liech­ten­stein ou de Lei­nin­gen étaient pré­sents à Nie­de­ral­teich, le 29 sep­tembre. Ils as­sis­taient au ma­riage, fa­mi­lial et em­preint d’émo­tion, de la com­tesse An­na The­re­sa d’Ar­co-Zin­ne­berg et de Co­lin McKen­zie.

Une de­mi-heure avant de quit­ter le châ­teau fa­mi­lial de Moos pour se rendre à l’ab­baye de Nie­de­ral­teich où se­ra cé­lé­bré son ma­riage avec Co­lin Mc Ken­zie, la com­tesse An­na The­re­sa d’Ar­co-Zin­ne­berg a pas­sé un mo­ment pri­vi­lé­gié avec ses soeurs et ses pa­rents. Le temps de faire un ap­pel WhatsApp à sa grand-mère ma­ter­nelle, l’ar­chi­du­chesse Ro­bert d’Au­triche-Este, née prin­cesse Mar­ghe­ri­ta de Sa­voie-Aoste. « Ma mère a 88 ans et elle ne se dé­place plus, ex­plique avec re­gret la com­tesse d’Ar­co-Zin­ne­berg, mère d’An­na Thé­ré­sa. Elle vit en Suisse, mais il était im­por­tant qu’elle voit sa pe­tite-fille, qu’elle dé­couvre sa robe, sa coif­fure, son dia­dème et qu’elle puisse se ré­jouir avec nous. » La robe a été créée par Gilles Ne­veu qui of­fi­cie tout près de la place Saint-Sul­pice, à Pa­ris. « C’est un mo­dèle haute cou­ture, ima­gi­né spé­cia­le­ment pour ma fille, pré­cise la com­tesse d’Ar­co-Zin­ne­berg. Nous sommes ve­nues plu­sieurs fois pour les es­sayages. Le voile est un ca­deau du créa­teur. » Quant au dia­dème, il pro­vient jus­te­ment de la fa­mille de Sa­voie-Aoste, branche ca­dette de la mai­son royale d’Ita­lie. Le bi­jou est un as­sem­blage de feuillages en dia­mants pro­ve­nant de la col­lec­tion de la 2e du­chesse d’Aoste, née prin­cesse Hé­lène de France. Il a été por­té par sa belle-fille, la 3e du­chesse d’Aoste, née prin­cesse Anne de France, qui l’a trans­mis à sa propre fille, la prin­cesse Mar­ghe­ri­ta, ar­chi­du­chesse d’Au­triche-Este. « Il ap­par­tient au­jourd’hui à mon frère Lo­renz, l’ar­chi­duc

d’Au­triche-Este. Il l’a prê­té à ma fille, qui est aus­si sa filleule », ex­plique la mère de la ma­riée. À moins d’une di­zaine de ki­lo­mètres du châ­teau, de l’autre cô­té du Da­nube, les in­vi­tés com­mencent à ar­ri­ver dans l’église ab­ba­tiale de Nie­de­ral­teich. Une ex­tra­or­di­naire dé­co­ra­tion flo­rale, dans des tons d’au­tomne, a été dé­ployée… Hor­ten­sias bleus, dah­lias de cou­leurs vives, roses oran­gées sont sou­li­gnés par de folles lignes de lierre. La fa­mille Ar­co-Zin­ne­berg en­tre­tient un lien pri­vi­lé­gié avec Nie­de­ral­teich. Et c’est le père ab­bé Ma­ria­nus Bie­ber qui va cé­lé­brer l’union d’An­na The­re­sa et de Co­lin. De­vant la porte de l’ab­ba­tiale, un ta­pis rouge s’étire sur une cen­taine de mètres. Tout le go­tha s’y est don­né ren­dez-vous. Le duc et la du­chesse de Se­gorbe, ve­nus de Sé­ville avec leurs deux filles, Sol et Lu­na, comptent par­mi les pre­miers ar­ri­vés. Viennent en­suite les Habs­bourg, tous cou­sins ger­mains de la mère de la ma­riée, née d’Au­triche-Este. L’ar­chi­duc CarlCh­ris­tian et son épouse, la prin­cesse Ma­rie-As­trid de Luxem­bourg. L’ar­chi­duc Ro­dolphe et l’ar­chi­du­chesse Ma­rie-Hé­lène. L’ar­chi­duc Carl-Pe­ter et l’ar­chi­du­chesse, née prin­cesse de Wrede. L’ar­chi­duc Si­méon et son épouse, la prin­cesse Ma­ria Pa­lo­ma de Bour­bon-Si­ciles. Ils sont ve­nus avec leurs en­fants, cou­sins de la ma­riée. Le prince Ni­co­las de Liech­ten­stein, son épouse, la prin­cesse Mar­ga­re­tha de Luxem­bourg et leurs en­fants sont pré­sents eux aus­si. Tout comme le prince et la prin­cesse Jean de Luxem­bourg. Le par­rain de la ma­riée, l’ar­chi­duc d’Au­triche-Este, son épouse, la prin­cesse As­trid de Bel­gique, et leurs en­fants suivent. Le duc en Ba­vière et le jeune prince Na­po­léon ar­rivent dis­crè­te­ment par­mi les der­niers. Un quart d’heure avant mi­di, une voi­ture s’ar­rête de­vant le ta­pis rouge. En des-

La ma­riée porte un dia­dème de dia­mants qui pro­vient des ducs d’Aoste.

cendent la mar­raine d’An­na The­re­sa, qui n’est autre que la grande-du­chesse de Luxem­bourg, en com­pa­gnie de la mère de la ma­riée et de trois de ses filles, Olym­pia, Maxi­mi­lia­na et Geor­gia­na. Trois autres filles manquent à l’ap­pel. L’aî­née, An­na The­re­sa, est bien sûr l’hé­roïne de la jour­née. La deuxième, Mar­ghe­ri­ta, est la de­moi­selle d’hon­neur de sa soeur. Et la troi­sième, Ma­rie Ga­brielle, qui chan­te­ra le fi­nal O thou that tel­lest good ti­dings du Mes­sie de Haen­del, est dé­jà ins­tal­lée dans la tri­bune qui sur­plombe la nef. Vers 10 heures du ma­tin, mu­si­ciens et chan­teurs ont ré­pé­té une der­nière fois sous la conduite du père Ro­bert Mel­har. Comme il se doit, An­na Te­re­sa est la der­nière à en­trer dans l’église où l’at­tend Co­lin qui tente de dis­si­mu­ler sa ner­vo­si­té. En plus de son dia­dème, elle porte de longs pen­den­tifs de sa­phirs et de dia­mants que sa mère ar­bo­rait dé­jà le jour de son ma­riage à Chartres, en 1980 (voir en­ca­dré). Conduite par son père, la jeune femme re­monte l’al­lée cen­trale alors que re­ten­tissent les pre­mières me­sures de l’En­trée de la reine de Sa­ba, com­po­sée par Han­del en 1748 pour son cé­lèbre ora­to­rio, Sa­lo­mon. Co­lin ac­cueille sa fu­ture épouse au pied de l’au­tel. Au­tour de lui sont as­sem­blés leurs cinq té­moins. Le grand-duc hé­ri­tier de Luxem­bourg, la prin­cesse Adé­laïde de Liech­ten­stein et le prince hé­ri­tier de Lei­nin­gen pour An­na The­re­sa. Deux amis proches, l’ho­no­rable Max­well Ait­ken et l’ho­no­rable Hugh Chi­sholm, pour Co­lin. Les fu­turs ma­riés se sont ren­con­trés à Londres où ils vivent l’un et l’autre. Tous deux ont re­çu une édu­ca­tion très cos­mo­po­lite. Après Mu­nich où elle est née en 1981, An­na The­re­sa a gran­di en Au­triche et aux États-Unis puis a choi­si l’An­gle­terre. Une de ses ar­rière-grands-mères, la prin­cesse Anne d’Or­léans, du­chesse d’Aoste, était fran­çaise et avait épou­sé un prince d’Ita­lie. Une autre, la prin­cesse Gon­de­linde de Ba­vière, était la plus jeune fille du der­nier roi de ce pays Louis III, mais par sa mère, elle des­cen­dait des Stuarts. Une troi­sième ar­rière-grand-mère n’était autre que la prin­cesse Zi­ta de Bour­bon-Parme, épouse du der­nier em­pe­reur d’Au­triche, roi de Hon­grie. Co­lin, qui a cinq ans de plus que sa fu­ture épouse, est né à New York. Des deux cô­tés, tant pa­ter­nel que ma­ter­nel, il est is­su d’une dy­nas­tie de ban­quiers, avec un grand­père, sir Cy­ril Haw­ker, qui fut un cé­lèbre joueur de cri­cket. Écos­sais et an­glais, il a gran­di en Es­pagne et au Bré­sil. Si les fian­cés ont choi­si la Ba­vière pour se ma­rier, c’est parce que la fa­mille Ar­co-Zin­ne­berg y pos­sède le châ­teau de Moos. Le comte Ri­prand, père d’An­na The­re­sa, a hé­ri­té ce do­maine en 2003, à la mort de sa mère, née com­tesse Ma­ria The­re­sia de Prey­sing-Lich­te­negg-Moos, une autre grande fa­mille de l’aris­to­cra­tie ba­va­roise. Deux heures plus tard, la cé­ré­mo­nie ache­vée, An­na The­re­sa et Co­lin font les pre­miers pas dans leur vie de couple en sor­tant de l’église au son du Con­cer­to pour deux trom­pettes de Vi­val­di. Le temps de po­ser pour quelques pho­tos et les ma­riés se di­rigent vers la voi­ture qui les ra­mène

au châ­teau de Moos où ils s’ap­prêtent à re­ce­voir leurs pa­rents et amis. En at­ten­dant les cars, les in­vi­tés sont conviés à un pe­tit snack ba­va­rois. Une vaste tente dres­sée à cô­té de l’église a été amé­na­gée par l’équipe de la bras­se­rie fa­mi­liale Ar­coB­rau. Au me­nu : bière et dé­li­cieuses sau­cisses ba­va­roises, que l’on dé­guste sur le pouce avec un bret­zel. Cha­cun s’em­brasse, se sa­lue, se pré­sente et ba­varde en échan­geant les der­nières nou­velles. La mère de la ma­riée porte un en­semble si­gné Os­car de la Ren­ta et un somp­tueux col­lier de perles qui lui fut of­fert en ca­deau de ma­riage par la grand-mère ma­ter­nelle de son époux, la prin­cesse Gon­de­linde de Ba­vière. La grande-du­chesse de Luxem­bourg a choi­si pour sa part une très jo­lie robe verte agré­men­tée de longues bro­de­ries noires. Mais la plus élé­gante est, sans contes­ta­tion pos­sible, la com­tesse Olym­pia d’Ar­co-Zin­ne­berg, soeur de la ma­riée, dans une robe de soie rouge ce­rise dont le buste est re­cou­vert d’un haut en den­telles de fleurs noires. Au dos, un noeud en soie sou­ligne sa sil­houette élan­cée. On re­trouve le dé­tail du noeud sur ses sou­liers noirs à très hauts ta­lons re­haus­sés d’une boucle en strass. Pointe de fan­tai­sie, elle est coif­fée d’un cha­peau haut de forme em­prun­té au ves­tiaire mas­cu­lin. Au châ­teau de Moos, les ma­riés se pré­parent pour la ré­cep­tion. An­na The­re­sa a aban­don­né son voile et son dia­dème. Dans sa che­ve­lure elle a épin­glé quelques étoiles de dia­mants qui pro­viennent de la lé­gen­daire im­pé­ra­trice d’Au­triche, Sis­si.

La cé­ré­mo­nie du ma­riage se dé­rou­lait à mi­di. La messe cé­lé­brée par le père ab­bé de l’ab­baye de Nie­de­ral­teich a du­ré deux heures. Les ma­riés sont sor­tis de l’église au son du Con­cer­to pour deux trom­pettes de Vi­val­di.

Le dia­dème de la ma­riée est un hé­ri­tage des ducs d’Aoste. Il ap­par­tient à l’ar­chi­duc Lo­renz, qui l’avait prê­té à sa nièce et filleule. Son épouse, la prin­cesse As­trid de Bel­gique, le porte sou­vent.

Newspapers in French

Newspapers from France

© PressReader. All rights reserved.