Le­ti­zia d’Es­pagne Le dia­dème des reines

Point de Vue - - Quelle Semaine -

C’est le der­nier bi­jou his­to­rique ap­par­te­nant à la mai­son royale d’Es­pagne que la reine Le­ti­zia (1) n’avait pas en­core por­té. C’est dé­sor­mais chose faite. Lors du dî­ner de ga­la don­né au pa­lais d’Orient pour le pré­sident chi­nois, Sa Ma­jes­té ar­bo­rait le dia­dème de perles et dia­mants de la reine Ma­rie Ch­ris­tine (1858-1929) (2). Le bi­jou est spec­ta­cu­laire avec ses onze vo­lutes de perles et dia­mants qui s’ar­ron­dissent au­tour de la tête de la sou­ve­raine. À part le nom de sa pre­mière pro­prié­taire, on ne sait pas grand-chose de lui. Contrai­re­ment à ce que l’on dit souvent, ce dia­dème ne fut pas un ca­deau de ma­riage du roi Al­phonse XII à sa se­conde épouse, Ma­rie Ch­ris­tine d’Au­triche, lors de leur union en 1879. Le style du bi­jou et sur­tout sa mon­ture très lé­gère, peut-être en pla­tine, ne collent pas avec cette date. Sa fa­bri­ca­tion date plus vrai­sem­bla­ble­ment des der­nières an­nées du XIXe siècle ou des pre­mières du XXe. Au­cune source fiable ne per­met non plus de l’at­tri­buer à Car­tier comme beau­coup le font. Il y a quelques an­nées, le cé­lèbre joaillier pa­ri­sien avait or­ga­ni­sé une ré­tros­pec­tive his­to­rique à Ma­drid avec des prêts de la fa­mille royale, ce dia­dème n’y fi­gu­rait pas. Il s’agit peu­têtre d’une com­mande per­son­nelle de la reine Ma­rie Ch­ris­tine, faite au dé­but du XXe siècle, chez l’un des joailliers de la cour ou chez Chau­met où la fa­mille royale d’Es­pagne a ses ha­bi­tudes. La tra­jec­toire de ce bi­jou après la mort de la reine Ma­rie Ch­ris­tine en 1929 est beau­coup plus claire. Le roi Al­phonse XIII en hé­rite. En 1935, ce sou­ve­rain, qui vit en exil à Rome, l’offre à sa belle-fille, la com­tesse de Bar­ce­lone (3). Le bi­jou et les autres pièces de la cor­beille de noces de la prin­cesse sont ré­no­vés chez Chau­met à Pa­ris. Le dia­dème est alors pho­to­gra­phié au centre de la vi­trine du joaillier avec les autres joyaux de la cor­beille (4). La com­tesse de Bar­ce­lone por­te­ra ce bi­jou du­rant plus d’un de­mi-siècle. Elle le prête à sa fille Pi­lar et à sa pe­tite fille Si­mo­ne­ta lors de leurs ma­riages res­pec­tifs. Mais le bi­jou est at­ta­ché à la fonc­tion royale. À la mort de la com­tesse de Bar­ce­lone, en 2000, le roi Juan Car­los, son fils, en hé­rite. La reine So­phie (5) le por­te­ra plu­sieurs fois. Au­jourd’hui, c’est sa belle-fille qui en a l’usu­fruit. Le soir du dî­ner de ga­la don­né en l’hon­neur du pré­sident chi­nois et de son épouse, la reine Le­ti­zia le por­tait avec un double bra­ce­let de dia­mants si­gné Bul­ga­ri et une paire de mo­tifs d’oreilles or­nés de deux gros brillants. Ces der­niers bi­joux sont un hé­ri­tage de la reine Vic­to­riaEu­gé­nie. Vincent Mey­lan

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