La guerre des cli­chés…

Point de Vue - - Édito - Adé­laïde de Cler­mont-Ton­nerre Di­rec­trice de la ré­dac­tion

Alors Kate et Me­ghan ne s’en­ten­draient plus ! Elles au­raient bat­tu le re­cord de la re­la­tion la plus courte de toute l’his­toire des belles-soeurs, s’ado­rer dès leur ren­contre et ne plus se par­ler dix-huit mois plus tard. Il faut rai­son gar­der. De­puis la pre­mière mi­nute de l’an­nonce des fian­çailles du prince Har­ry, les com­men­ta­teurs se sont obs­ti­nés à com­pa­rer et à op­po­ser Kate et Me­ghan. La­quelle est la plus belle ? La­quelle est la mieux ha­billée ? La­quelle est la plus co­ol ? La­quelle est la plus po­pu­laire ? Quelle vi­sion la­men­ta­ble­ment sim­pliste ! Et quelle image des femmes ont donc en­core cer­tains jour­na­listes ! Nous ne sommes pas dans la sé­rie Des­pe­rate Hou­se­wives ni dans un soap ope­ra où des prin­cesses se pour­sui­vraient dans les cou­loirs du pa­lais en hur­lant : « Rends-moi ce dia­dème, c’est moi qui l’ai vu en pre­mier ! » Certes, Har­ry et Me­ghan ne s’ins­tal­le­ront fi­na­le­ment pas à Ken­sing­ton. Ils ont pré­fé­ré Frog­more Cot­tage, sur le do­maine du châ­teau de Wind­sor, à 30 ki­lo­mètres de Londres. Est-ce si sur­pre­nant, avec leur ma­riage tout ré­cent, qu’ils sou­haitent res­ter en­core un peu à l’abri des re­gards ? Est-ce si alar­mant qu’avec l’ar­ri­vée de leur bé­bé, ils aient plus en­vie, comme Kate et William en leur temps, de cam­pagne que de ville ? Ken­sing­ton Pa­lace est une sorte de vil­lage royal où l’on ne peut pas sor­tir de chez soi sans tom­ber sur une cou­sine, une tante, une grand-tante, un ne­veu ou une belle-soeur – quand ce n’est pas une tri­po­tée de pa­pa­raz­zi. En dé­pit de l’af­fec­tion que l’on peut avoir pour ses proches, le­quel d’entre nous au­rait en­vie de vivre une telle proxi­mi­té ? La presse an­glo-saxonne a confon­du le qua­tuor William, Kate, Har­ry et Me­ghan, avec les Beatles. Et leur pré­ten­due sé­pa­ra­tion de­vient un psy­cho­drame outre-Manche. Il est pour­tant on ne peut plus sain, main­te­nant que les deux frères sont ma­riés, qu’ils prennent un peu de dis­tance et com­mencent à suivre cha­cun leur che­min. Ce­la n’est pas for­cé­ment le signe d’une mé­sen­tente, juste l’évo­lu­tion na­tu­relle de la vie. William et Har­ry ne sont plus les pe­tits gar­çons mar­chant der­rière le cer­cueil de leur mère. Ils ont gran­di. Il est temps que l’opi­nion pu­blique gran­disse aus­si.

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