Me­ghan et Har­ry ont choi­si leur sweet home

Après plu­sieurs mois d’hé­si­ta­tion et de ru­meurs, le duc et la du­chesse de Sus­sex ont an­non­cé le choix de leur fu­ture de­meure. Sur­prise, ils ne res­tent pas à Londres, mais s’ins­tal­le­ront à Frog­more Cot­tage dans le parc du châ­teau de Wind­sor, où ils se sont

Point de Vue - - Sommaire - Par Vincent Mey­lan

Cette fois, la nou­velle est of­fi­cielle : « Au dé­but de l’an­née pro­chaine, pré­cise le com­mu­ni­qué du pa­lais de Ken­sing­ton, et afin de mieux pré­pa­rer l’ar­ri­vée de leur pro­chain en­fant, le duc et la du­chesse de Sus­sex s’ins­tal­le­ront dans le cot­tage de Frog­more sur le do­maine de Wind­sor. Le couple vi­vait au cot­tage de Not­tin­gham (dans l’en­ceinte du pa­lais de Ken­sing­ton) de­puis ses fian­çailles l’an­née der­nière. » Des mois de sus­pense s’achèvent. Et toutes les so­lu­tions avaient été en­vi­sa­gées quant à la fu­ture ré­si­dence des jeunes ma­riés de l’an­née 2018. Ins­tal­lés dans leur pe­tit cot­tage de Not­tin­gham – deux chambres à l’étage, une cui­sine et deux pièces au rez-de-chaus­sée –, Har­ry et Me­ghan n’ont ja­mais dis­si­mu­lé leur dé­sir de s’ins­tal­ler le plus ra­pi­de­ment pos­sible dans une ré­si­dence beau­coup plus vaste. Ne se­rait-ce que pour y éle­ver leur fu­ture fa­mille. Avant même leur ma­riage, une pre­mière hy­po­thèse est avan­cée avec York Cot­tage, si­tuée dans le parc de San­drin­gham, une des deux de­meures pri­vées de la reine. Cette de­meure a l’avan­tage de se trou­ver à proxi­mi­té de la ré­si­dence ac­tuelle du duc d’Édim­bourg. L’époux de la reine Éli­sa­beth II, au­jourd’hui âgé de 96 ans, a pris of­fi­ciel­le­ment sa re­traite et a choi­si de pas­ser ses der­nières an­nées à Wood Farm, sur le do­maine de San­drin­gham. Sa Très Gra­cieuse Ma­jes­té, qui conti­nue son job royal, vient d’ailleurs, comme tous les ans, d’y pas­ser le week-end d’Hal­lo­ween. Voir l’un de ses pe­tits-fils ins­tal­lé à proxi­mi­té de son époux au­rait plu à la sou­ve­raine. Mais voi­là, San­drin­gham est tout de même as­sez loin de Londres. Et York Cot­tage n’est pas la plus élé­gante des ré­si­dences royales bri­tan­niques. Très vite une deuxième so­lu­tion se pro­file. Pour­quoi Har­ry et Me­ghan ne res­te­raient-ils pas au pa­lais de Ken­sing­ton, dans un ap­par­te­ment plus grand ? « Cette so­lu­tion a clai­re­ment été évo­quée », a ra­con­té dans la presse bri­tan­nique un proche, ano­nyme, de la fa­mille royale. L’ap­par­te­ment le plus vaste, le nu­mé­ro 1, est ce­lui qui se trouve dans le pro­lon­ge­ment de l’aile oc­cu­pée par Kate et William qui ré­sident au 1A, au­tre­fois ré­si­dence de la prin­cesse Mar­ga­ret. Les deux blocs, en­vi­ron d’égale gran­deur, sont construits à la suite l’un de l’autre et dis­posent en fa­çade de deux jar­dins li­mi­trophes, tous deux clos de murs. Au­tre­fois ces deux lo­ge­ments, le 1A et le 1, n’en fai­saient qu’un, im­mense. Il est amé­na­gé au dé­but du siècle pour un pré­cé­dent duc de Sus­sex, Au­gus­tus Fre­de­rick (1773-1843), l’oncle de la reine Vic­to­ria. À la mort de sa veuve, en 1873, la reine Vic­to­ria y ins­talle sa fille, la prin­cesse Louise, du­chesse d’Ar­gyll, qui y de­meu­re­ra jus­qu’à sa mort en 1939. Autres temps, autres moeurs, cet ap­par­te­ment co­los­sal, qui compte une cen­taine de pièces, est di­vi­sé au len­de­main de la Se­conde Guerre mon­diale. Le pa­villon car­ré ou ap­par­te­ment 1 est at­tri­bué à la prin­cesse Ma­ri­na, veuve du duc de Kent, qui y vi­vra jus­qu’à sa mort en 1968. L’aile qui le re­lie au bloc cen­tral du pa­lais, le 1A, va de­ve­nir l’une des adresses bran­chées de Londres. La prin­cesse Mar­ga­ret et son époux, le pho­to­graphe An­tho­ny Arm­strong Jones, y re­ce­vront du­rant trente ans, ac­teurs, chan­teurs pop, hommes d’af­faires, dan­seurs et mil­liar­daires… C’est dans cette aile ré­no­vée que William et Kate, duc et du­chesse de Cam­bridge se sont ins­tal­lés il y a quelques an­nées. Quant à l’ap­par­te­ment nu­mé­ro 1, il est oc­cu­pé de­puis plus de vingt-cinq ans par un cou­sin de la reine, le duc de Glou­ces­ter. L’ins­tal­la­tion d’écha­fau­dages lance la ru­meur. Des tra­vaux d’un mon­tant de 1,4 mil­lion

de livres se­raient en cours afin de ré­no­ver cet es­pace. Les Glou­ces­ter dont les trois en­fants sont dé­sor­mais ma­riés vont cé­der la place au jeune mé­nage afin d’em­mé­na­ger dans un ap­par­te­ment plus pe­tit. En fait, il n’en est rien puisque les Sus­sex partent pour Wind­sor. Les Glou­ces­ter vont donc res­ter dans leur im­mense ap­par­te­ment ré­no­vé. La dé­ci­sion de Har­ry et Me­ghan est cer­tai­ne­ment d’ordre sen­ti­men­tal. « Wind­sor est un lieu très spé­cial pour le duc et la du­chesse de Sus­sex », pré­cise le com­mu­ni­qué dif­fu­sé par le pa­lais de Ken­sing­ton. « Et ils sont très heu­reux que leur ré­si­dence of­fi­cielle puisse se trou­ver sur le do­maine. » C’est là qu’ils se sont ma­riés le 19 mai der­nier. C’est à Frog­more House que leur union a été fê­tée lors de la soi­rée of­ferte par le prince de Galles. C’est là aus­si qu’ils avaient po­sé pour leurs pho­tos de fian­çailles. À 30 ki­lo­mètres de Londres, le châ­teau et ses im­menses éten­dues boi­sées, ses mul­tiples ré­si­dences dis­sé­mi­nées sur le do­maine, est un vé­ri­table vil­lage royal. Éli­sa­beth II vit au châ­teau quatre jours par se­maine. Et le prince Charles laisse dé­jà en­tendre que, de­ve­nu roi, il pour­rait s’y ins­tal­ler. Frog­more Cot­tage est si­tué à moins d’un ki­lo­mètre du châ­teau et à 100 mètres de Frog­more House, la de­meure néo­clas­sique où la du­chesse de Kent, mère de la grande Vic­to­ria, pas­sait ses week-ends. Au­jourd’hui, cette ré­si­dence est un mu­sée pri­vé de la fa­mille royale, ou­vert au pu­blic trois ou quatre jours par an. Frog­more Cot­tage est plus simple. Et c’est peut-être

« Wind­sor est un lieu très spé­cial pour le duc et la du­chesse. »

aus­si ce qui a plu aux jeunes ma­riés. De di­men­sions beau­coup plus mo­destes, cette longue de­meure date du dé­but du XIXe siècle. La reine Vic­to­ria l’uti­lise alors pour lo­ger cer­tains de ses ser­vi­teurs fa­vo­ris. C’est le cas du cé­lèbre Mun­shi, Ab­dul Ka­rim, son confi­dent sikh qui y a vé­cu du­rant près de dix an­nées avec son épouse et sa belle-mère. La mai­son est agran­die d’une aile, dans le pro­lon­ge­ment du bâ­ti­ment cen­tral, dans les an­nées 1930, lors­qu’une illustre ré­si­dente s’y ins­talle. La grande-du­chesse Xe­nia Alexan­drov­na de Rus­sie est non seu­le­ment la soeur du der­nier tsar, Ni­co­las II, mais elle est aus­si la cou­sine pré­fé­rée du roi George V d’An­gle­terre. Sou­ve­rain ter­rible, époux iras­cible, George a tou­jours eu un faible pour Xe­nia. Celle-ci a quit­té la Rus­sie sans un sou. Aus­si, afin de la mettre à l’abri du be­soin, le roi George, qui lui verse dé­jà une pen­sion, lui offre Frog­more Cot­tage. Lors­qu’elle y em­mé­nage en 1926, la mai­son pos­sède vingt-trois pièces, en comp­tant les pièces de ser­vice. Elle est en­core éclai­rée à la bou­gie. Trois ans plus tard, le gaz est ins­tal­lé. Et en 1932, une aile nou­velle est bâ­tie dans le pro­lon­ge­ment du cot­tage pour abri­ter la nom­breuse fa­mille de la grande-du­chesse. Elle compte six chambres, trois au rez-de-chaus­sée et trois à l’étage. En tout, c’est donc une de­meure d’une tren­taine de pièces dans la­quelle les Sus­sex s’ins­tal­le­ront au dé­but de l’an­née 2019. En outre, de l’autre cô­té de la route pri­vée qui conduit à Frog­more Cot­tage se trouve un pa­villon, pe­tit mais élé­gant, en­tou­ré d’un ra­vis­sant jar­din. Il convien­drait par­fai­te­ment à Do­ria Ra­gland, la mère de Me­ghan qui compte s’ins­tal­ler en An­gle­terre pour res­ter à proxi­mi­té de sa fille. Bien sûr ce dé­mé­na­ge­ment a dé­clen­ché des ru­meurs de mé­sen­tente au sein des « Fab Four », ce qua­tuor ma­gique, William-Kate-Har­ry-Me­ghan, que les Bri­tan­niques por­taient aux nues. Les deux princes ne s’en­tendent plus ! Leurs épouses n’ont rien en com­mun ! En fait, Har­ry et Me­ghan ont tout sim­ple­ment fait le choix du coeur. Le pa­lais de Ken­sing­ton à Londres est une de­meure d’État où, éter­nels se­conds, ils au­raient tou­jours été les co­pies des fu­turs sou­ve­rains, William et Kate. Les nais­sances des princes George, Char­lotte et Louis ont fait ré­tro­gra­der Har­ry de trois places dans l’ordre de suc­ces­sion. Ce qui a ac­cru sa marge de li­ber­té. À lui d’in­ven­ter son ave­nir avec Me­ghan. Wind­sor, aus­si in­con­grue que l’ex­pres­sion puisse pa­raître pour une de­meure de cette taille, est un do­maine de fa­mille. Frog­more Cot­tage, plus simple, plus hu­main que Ken­sing­ton, sans au­cune des contraintes liées aux mo­nu­ments his­to­riques, leur convient par­fai­te­ment. À Kate et William, les hon­neurs, les pa­lais et la cou­ronne. À Me­ghan et Har­ry, la vie à la cam­pagne en­tre­cou­pées de voyages au­tour du monde en tant qu’am­bas­sa­deurs de la cou­ronne. D’ailleurs, Frog­more est à quinze mi­nutes en voi­ture de l’aé­ro­port d’Hea­throw. Dif­fi­cile de trou­ver plus pra­tique.

Le duc et la du­chesse de Sus­sex s’ins­tal­le­ront à Frog­more Cot­tage au dé­but de l’an­née 2019. Ils y vi­vront à cô­té du châ­teau de Wind­sor, où Éli­sa­beth II ré­side quatre jours par se­maine.

Châ­teau de Wind­sor Ci-des­sus, le do­maine de Wind­sor. Le châ­teau est en haut. À l’in­té­rieur du cercle, le do­maine de Frog­more.

Frog­more cot­tage à l’époque où Ab­dul Ka­rim (à gauche), le ser­vi­teur in­dien de la reine Vic­to­ria, y vi­vait. À droite, la grande-du­chesse Xe­nia de Rus­sie qui fit ajou­ter une aile au bâ­ti­ment.

Frog­more House

Frog­more Cot­tage

Le do­maine de Frog­more a l’avan­tage de com­por­ter de nom­breuses dé­pen­dances. Do­ria Ra­gland, la mère de la du­chesse de Sus­sex pour­rait s’ins­tal­ler dans l’une d’entre elles.

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