Sté­pha­nie et Guillaume de Luxem­bourg « Va­lo­ri­ser et faire connaître nos créa­teurs »

Ils ont inau­gu­ré, le 28 no­vembre, Au 19 Li­ber­té, la deuxième bien­nale des mé­tiers d’art, De mains de maîtres, créée à leur ini­tia­tive en 2016. L’oc­ca­sion de confier à Point de Vue leurs es­poirs et leur fier­té.

Point de Vue - - Sommaire - Par An­toine Mi­chel­land Pho­tos Da­vid At­lan

On di­rait un jeu de piste, en amont du ver­nis­sage, pré­vu à 19 heures. Le grand-duc hé­ri­tier Guillaume et son épouse vont du 19 Li­ber­té qui ac­cueille l’ex­po­si­tion De mains de maîtres, dé­sor­mais de­ve­nue bien­nale, à l’ate­lier du cou­tu­rier Ez­ri Kahn en pas­sant par la Vil­la Vau­ban, mu­sée d’art de la ville de Luxem­bourg. Ma­nière de sou­li­gner l’in­no­va­tion de cette se­conde édi­tion : « La bien­nale hors les murs, à tra­vers les mu­sées, les ga­le­ries, les ar­ti­sans eux-mêmes qui ouvrent les portes de leurs ate­liers, s’en­thou­siasme Guillaume. Ce­la donne au vi­si­teur une ex­pé­rience plus large qui lui per­met d’ap­pré­hen­der la vie de l’ar­ti­san et la ri­chesse de notre pa­tri­moine his­to­rique et ar­tis­tique. » Et de voir des oeuvres d’ex­po­sants ma­riées à d’autres col­lec­tions ou de dia­lo­guer avec les créa­teurs. « En 2016, nous avons été très en­cou­ra­gés de voir à quel point les Luxem­bour­geois se sont in­té­res­sés à l’ar­ti­sa­nat d’art. Le suc­cès de De mains de maîtres se me­sure aus­si à l’im­pact qu’il a eu à l’étran­ger. Nous avons pu par­ti­ci­per au Grand Pa­lais, à Pa­ris, à l’ex­po­si­tion Ré­vé­la­tions qui a été un tour­nant pour nos ar­ti­sans. Ils ont réa­li­sé qu’ils pou­vaient aus­si s’ex­por­ter. Il y a eu aus­si Bruxelles et des in­vi­ta­tions de Ve­nise, de Londres. » An­cien « châ­teau de la si­dé­rur­gie », au­jourd’hui siège de la Banque et Caisse d’épargne de l’État, le 19 Li­ber­té, qui ac­cueille le coeur de la bien­nale, offre le re­flet de ce tro­pisme in­ter­na­tio­nal. Aux créa­teurs et ar­ti­sans luxem­bour­geois s’ajoutent les Eu­ro­péens, Fran­çais – via le par­te­na­riat avec les Ate­liers d’art de France –, Belges, Al­le­mands et, au rez-de-chaus­sée, les col­la­bo­ra­tions ar­tistes et ma­nu­fac­tures. Le couple hé­ri­tier y ef­fec­tue une vi­site pri­vée en fin de ma­ti­née, en com­pa­gnie du grand-duc, du prince Guillaume et de son épouse la prin­cesse Si­billa. Au fil des salles, im­po­santes ou in­times, le bois, l’acier, le verre, la cé­ra­mique, les tis­sus, les arts gra­phiques se tu­toient, se mêlent, se dé­clinent en des as­so­cia­tions pleines de créa­ti­vi­té. « L’ar­ti­sa­nat luxem­bour­geois est unique en ce qu’il s’ins­pire d’au-de­là de ses fron­tières. Il a exis­té ici de­puis tou­jours et de­puis tou­jours se nour­rit du fait que le Luxem­bourg est une plate-forme d’échanges entre les cul­tures ger­ma­nique, fran­çaise et belge. En 2016, nous avons créé une bourse pour des Luxem­bour­geois qui vou­draient se for­mer dans un mé­tier d’art. Une jeune femme, Sa­rah Meyers, a ga­gné, dont le tra­vail est d’ailleurs ex­po­sé à la bien­nale 2018. Elle est par­tie en Chine dé­cou­vrir des tech­niques an­ces­trales de por­ce­laine. Et c’est ce que nous vou­lons, que des jeunes aillent ain­si à l’étran­ger et en rap­portent des sa­voir-faire qui vont nour­rir une iden­ti­té, une culture plus lo­cale. » En­tou­rés de Jean-Marc Di­manche, com­mis­saire gé­né­ral de la bien­nale, de Ro­land Kuhn, pré­sident de la chambre des mé­tiers, du Fran­çais Hen­ri Job­bé-Du­val, com­mis­saire de l’ex­po­si­tion Ré­vé­la­tions, tous membres du ju­ry de la bien­nale, le grand-duc hé­ri­tier et la grande-du­chesse hé­ri­tière conti­nuent de dia­lo­guer avec ar­ti­sans et créa­teurs, d’in­ter­ro­ger une trou­vaille, une tech­nique. Avec pas­sion. Bien­tôt, le ver­nis­sage of­fi­ciel va dé­bu­ter sur un dis­cours de la prin­cesse Sté­pha­nie et en pré­sence, entre cent autres, de Sté­phane Bern. Ul­time confi­dence avant de lan­cer ce qui fait l’évé­ne­ment au grand-du­ché, jus­qu’au 3 dé­cembre. « Je suis heu­reuse que nous ayons pu réa­li­ser cette ini­tia­tive en com­mun avec mon époux. Nous y avons mis tout notre coeur. C’est pour nous un im­mense plai­sir et une grande fier­té d’avoir pu l’ins­crire dans la du­rée en ins­tau­rant une bien­nale. Il est mer­veilleux de voir com­bien toutes les per­sonnes im­pli­quées, les par­te­naires pri­vés comme les ins­ti­tu­tion­nels, les ar­tistes et les ar­ti­sans et, bien sûr, le pu­blic, portent cette ini­tia­tive avec nous. » Et ce n’est qu’un dé­but.

La gran­de­du­chesse hé­ri­tière sur le par­cours hors les murs. Ici à la Vil­la Vau­ban, où ces Scor­pions de Pas­cale Seil, sculp­trice de verre, sont ex­po­sés en ré­so­nance avec les toiles de Jo­seph Probst. À droite, Sté­pha­nie et Guillaume au 19 Li­ber­té, de­vant des créa­tions de Ca­mille Ja­cobs.

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