Le Guide

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agi­tée 1) Mère Qu’il a dû être dif­fi­cile pour Bap­tiste de se construire à l’ombre de Ni­na, sa ma­man fan­tasque. Le jeune homme (in­car­né par Vian­ney – son pre­mier grand rôle) a de­puis long­temps dé­ci­dé de tour­ner le dos à cette ci­gale, tour­billon de fo­lie ne vi­vant que dans le mo­ment pré­sent. L’in­cons­cience et la fan­tai­sie avec la­quelle elle dresse ses prio­ri­tés l’ont conduite aux portes de la ban­que­route. C’est en ten­tant un im­pro­bable coup pour se re­faire que Ni­na va fi­na­le­ment re­trou­ver son fils et tâ­cher de rat­tra­per le temps per­du. Fan­ny Ar­dant offre toute son éner­gie à ce per­son­nage qui nous exas­père au­tant qu’il nous touche. On rêve alors pour son fils, cet éter­nel en­fant as­soif­fé de ten­dresse, que sa mère lui offre en­fin l’at­ten­tion qu’il mé­rite. Diane Ku­rys signe un film res­sem­blant à son hé­roïne, fou­traque, ban­cal, mais ter­ri­ble­ment at­ta­chant. E. C. -Ma mère est folle, de Diane Ku­rys. Nou­velle danse 2)

À la fin du XIXe siècle, le neu­ro­logue Char­cot étu­die la « grande hys­té­rie ». À la Sal­pê­trière, ses pa­tients aux at­ti­tudes dé­li­rantes sont fil­més et pris en pho­to. Ces do­cu­ments lar­ge­ment dif­fu­sés dans l’Eu­rope en­tière amènent un cer­tain Char­lie Cha­plin à pas­ti­cher ce com­por­te­ment ir­ra­tion­nel avec son Char­lot qui ges­ti­cule. Cette forme d’aban­don de l’en­ve­loppe cor­po­relle est étu­diée au LaM de Lille. À tra­vers les des­sins mé­con­nus de l’im­mense dan­seur Ni­jins­ki ou les com­po­si­tions mu­si­cales com­plexes d’Adolf Wöl­fli, la mu­sique et la danse sont re­vi­si­tées sous le prisme

de l’art brut. Au­tant de « vé­ri­tés faites pour nos pieds, des vé­ri­tés qui se puissent dan­ser », comme l’écri­vait Nietzsche. P. C. --Dan­ser brut, jus­qu’au 6 jan­vier 2019, au Lille Mé­tro­pole mu­sée d’Art mo­derne, d’Art contem­po­rain et d’Art brut, 1, al­lée du Mu­sée, 59650 Ville­neuve-d’Ascq. mu­see-lam.fr Il était une fois Les Bron­zés 3)

Le 22 no­vembre 1978, sor­tait au ci­né­ma une co­mé­die ré­vo­lu­tion­nant les codes du genre, Les Bron­zés. In­ter­pré­tée par de jeunes ac­teurs in­con­nus et dé­jan­tés, is­sus du ca­fé-théâtre, et di­ri­gée par un Pa­trice Le­conte qua­si dé­bu­tant, cette sa­tire du Club Med al­lait, mal­gré des cri­tiques dé­tes­tables, in­ven­ter un nou­veau style, ce­lui du « film in­usable », se­lon les propres termes du réa­li­sa­teur. Qua­rante ans plus tard, ce­lui-ci re­vient en même temps que ses prin­ci­paux co­mé­diens sur l’in­croyable aven­ture des Bron­zés 1, 2 et 3. Le plai­sir ma­ni­feste avec le­quel ils évoquent leurs sou­ve­nirs est d’au­tant plus conta­gieux que les ex­traits et phrases cultes ne manquent pas… I. P. --Les Bron­zés : les se­crets de 40 ans d’ami­tié et de suc­cès, de De­bo­rah Uzan-Dia­mant et Laur­line Dan­guy des Dé­serts, mer­cre­di 5 dé­cembre, sur C8, à 21 heures. Viens chez moi, j’ai un Stein­way 4)

L’his­toire du jazz re­cèle des anec­dotes toutes aus­si in­so­lites et ré­jouis­santes les unes que les autres. Cette ren­contre au­tour du pia­no de Laurent Cour­tha­liac ne fait pas ex­cep­tion. Après

avoir fait res­tau­rer un pres­ti­gieux Stein­way D, l’ar­tiste a convié huit confrères ha­bi­tués des clubs et amis à jouer les plus beaux so­los du clas­sique amé­ri­cain… un peu pour éprou­ver l’ins­tru­ment re­mis à neuf, mais sur­tout pour le plai­sir. De Yard­bird Suite de Char­lie Par­ker à Lu­cky To Be Me de Bern­stein, en pas­sant par Ask Me Now de The­lo­nious Monk, les neuf pia­nistes, dont Ma­nuel Ro­che­man ou Laurent Coq, s’en sont don­né à coeur joie, nour­ris­sant un cof­fret ex­cep­tion­nel à s’of­frir ab­so­lu­ment. F. del V. --At Bar­loyd’s (Pia­no So­los) (9 CD), Jazz & People. L’épo­pée russe 5)

Ce fut l’un des chocs du der­nier Fes­ti­val de Cannes. Dans Le­to, Ki­rill Se­re­bren­ni­kov nous dé­peint la scène rock de Le­nin­grad dans les an­nées 1980 dont l’ef­fer­ves­cence créa­trice se heurte au contexte po­li­tique hos­tile. Au­tour de Mike Naou­men­ko et sa femme Na­ta­scha (Ro­man Bi­lyk et Iri­na Star­shen­baum), gra­vitent les pé­pites de l’un­der­ground so­vié­tique dont l’énig­ma­tique Vik­tor Tsoi (Teo Yoo, ici au cô­té de Fi­lipp Av­deyev), lea­der du groupe Ki­no. Dans une mise en scène aux images su­blimes, le ci­néaste rend hom­mage à ces fi­gures ayant réel­le­ment exis­té, qui ont ré­vo­lu­tion­né le rock de l’autre cô­té du ri­deau de fer. Il filme ces Lou Reed ou Da­vid Bo­wie mé­con­nus le temps d’un été – le­to en russe – tra­ver­sé par un im­pro­bable fris­son de li­ber­té. Une même li­ber­té qui échappe pour l’heure à Ki­rill Se­re­bren­ni­kov, as­si­gné à ré­si­dence à Mos­cou et qui n’a pu se rendre à Cannes pour y pré­sen­ter son film. E. C. --Le­to, de Ki­rill Se­re­bren­ni­kov.

Vir­tuose 6) Sur la scène du Pa­lais des Con­grès, soixante-dix dan­seurs de l’En­semble na­tio­nal d’Ukraine, créé en 1937 par les maîtres de bal­let Pav­lo Virs­ky et My­ko­la Bo­lo­tov, viennent en­flam­mer les soi­rées pa­ri­siennes de leur fougue ly­rique. Ins­pi­rés par le folk­lore russe, mais aus­si for­més à l’ex­cel­lence clas­sique, ils dé­ploient une éner­gie conta­gieuse et tour­billon­nante. Un ins­tant de ro­man­tisme, de poé­sie et de force sin­gu­lière, qui donne à com­prendre l’âme slave dans ce qu’elle a de plus créa­tif. F. del V. --En­semble na­tio­nal Virs­ky, du 5 au 9 dé­cembre, au pa­lais des Con­grès. vi­pa­ris.com Ca­len­drier de l’Avent 7)

Le châ­teau de Ver­sailles donne le coup d’en­voi du temps des fêtes avec un vé­ri­table fes­ti­val de mu­sique sa­crée : Ora­to­rio de Noël, Messe en si mi­neur et Can­tates de Jean-Sé­bas­tien Bach, Mes­sie et Ode à sainte Cé­cile de Haen­del, Noël royal de Char­pen­tier et bien d’autres ré­jouis­sances mu­si­cales vous at­tendent dans le cadre spec­ta­cu­laire de la Cha­pelle royale. Le tout ser­vi par des in­ter­prètes aus­si in­ves­tis que la Cap­pel­la Me­di­ter­ra­nea du chef es­pa­gnol Leo­nar­do García Alarcón ou Le Concert Spi­ri­tuel d’Her­vé Ni­quet, sans ou­blier les chan­teurs, comme la so­pra­no San­drine Piau ou en­core le contre-té­nor Ja­kub Jó­zef Or­lins­ki. P. S. --Concerts de mu­sique sa­crée, du 8 au 22 dé­cembre. De 20 à 150 €. cha­teau­ver­sailles-spec­tacles.fr

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