COUR­RIER Votre Point de Vue

Point de Vue - - Sommaire - Par Isa­belle Pia

La mort au champ d’hon­neur de son fils avia­teur, abat­tu en Lor­raine en 1917, plonge le comte Moïse de Ca­mon­do dans un cha­grin in­fi­ni. En sa mé­moire, il dé­cide de lé­guer à l’État l’ex­cep­tion­nelle col­lec­tion d’art dé­co­ra­tif du XVIIIe siècle qu’il lui des­ti­nait, ain­si que l’hô­tel qui l’abri­tait sur le parc Mon­ceau, au­jourd’hui mu­sée Nis­sim de Ca­mon­do*.

Mis­sion pho­to­gra­phique. Le 5 sep­tembre 1917, en fin de ma­ti­née, le lieu­te­nant Ca­mon­do et le sous­lieu­te­nant De­ses­sard quittent la base de Villers-lès-Nan­cy à bord d’un bi­plan Do­rand. Pris en chasse par trois avions al­le­mands, à 3 000 mètres d’al­ti­tude, les Fran­çais en abattent un, avant d’être tou­chés. Trieste où ils s’étaient éta­blis. Pour avoir sou­te­nu cette réuni­fi­ca­tion, le roi Vic­tor-Em­ma­nuel II leur oc­troie le titre de comte. Quatre ans plus tard, ils dé­cident d’ins­tal­ler leur banque, I.Ca­mon­do & Cie, à Pa­ris. En 1891, Moïse de Ca­mon­do épouse une jeune fille ap­par­te­nant à une autre dy­nas­tie fi­nan­cière, Irène Ca­hen d’An­vers – en­fant, elle a ser­vi de mo­dèle à un ta­bleau d’Au­guste Re­noir. Ar­ran­gé, le ma­riage n’est pas heu­reux et Irène quitte bien­tôt son ma­ri pour les beaux yeux d’un autre comte ita­lien. Entre-temps, deux en­fants sont nés, Nis­sim en 1892, puis Béa­trice en 1894, dont Moïse ob­tient la garde. Entre chasse à courre, équi­ta­tion, cures ther­males et vil­lé­gia­tures dans des sta­tions bal­néaires hup­pées, les Ca­mon­do mènent un train de vie aris­to­cra­tique. Pas­sion­né d’art dé­co­ra­tif fran­çais de la fin du XVIIIe, Moïse dé­bute une col­lec­tion d’oeuvres au­then­tiques à la­quelle il convient bien­tôt d’of­frir un écrin ap­pro­prié. En 1911, il com­mande à l’ar­chi­tecte l d l d

duc et la grande-du­chesse de Luxem­bourg, proches du couple pré­si­den­tiel, le Pre­mier mi­nistre ca­na­dien Jus­tin Tru­deau ou en­core le prince Al­bert et la prin- mage ren­du sous l’Arc de triomphe, et tan­dis que les chefs d’État et de gou­ver­ne­ment dé­jeunent à l’Ély­sée et à Ma­ti­gnon, c’est à Ver­sailles que la pre­mière

Pho­to sou­ve­nir au châ­teau de Ver­sailles pour Bri­gitte Ma­cron en­tou­rée d’une qua­ran­taine de ses ho­mo­logues ve­nus du monde en­tier, par­mi les­quels fi­gu­raient la prin­cesse Char­lène de Mo­na­co et Me­la­nia Trump.

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