Point de Vue

GUILLAUME ET STÉ­PHA­NIE DE LUXEM­BOURG

Le pre­mier Noël du prince Charles

- PRO­POS RE­CUEILLIS PAR THO­MAS PERNETTE PHO­TOS JULIO PIATTI Lifestyle · Good News · Family · Parenting · Celebrations · Luxembourg · Germany · Belgium · Sint-Niklaas

À quelques jours des fêtes de fin d’an­née, le grand-duc hé­ri­tier et son épouse ont re­çu Point de Vue chez eux, au châ­teau de Fi­sch­bach, le temps d’un en­tre­tien ex­clu­sif. En pré­sence de leur fils Charles, au­jourd’hui âgé de sept mois, ils confient leur joie d’être pa­rents, ra­content l’édu­ca­tion dont ils rêvent pour le prince et la ma­gie de ce pre­mier Noël à trois.

Ma­dame, Mon­sei­gneur, on ima­gine que la nais­sance de Charles a été un bou­le­ver­se­ment dans votre vie ?

STÉ­PHA­NIE DE LUXEM­BOURG : C’était un bou­le­ver­se­ment, comme pour tous les pa­rents bien sûr, mais ce­la a été très na­tu­rel. Dans notre his­toire, il y a eu un temps à deux, puis à pré­sent, un temps à trois. On a l’im­pres­sion que Charles a tou­jours été là.

GUILLAUME DE LUXEM­BOURG : Per­son­nel­le­ment, j’ai vé­cu l’ar­ri­vée de Charles comme une étape ex­tra­or­di­naire. Je ne m’at­ten­dais pas à ce­la. En tant qu’homme, j’ai l’im­pres­sion qu’on ar­rive moins à se pro­je­ter dans l’ar­ri­vée de l’en­fant, c’est par­fois dif­fi­cile de se rendre compte. Pour moi, ce­la a été une sorte de bou­le­ver­se­ment. Je me suis sur­pris à être ce­lui que j’es­pé­rais être sans en être en­core cer­tain.

« Comme tout pa­rent, nous vou­lons qu’il soit heu­reux, épa­noui. On rêve de lui don­ner les bases qui lui per­met­tront d’avan­cer dans la vie. »

Jus­te­ment, Mon­sei­gneur, les pères d’au­jourd’hui s’en­gagent bien plus dans l’édu­ca­tion des en­fants que les gé­né­ra­tions pré­cé­dentes. Faites-vous par­tie de ces nouveaux pères ?

G. D. L. : Les cir­cons­tances me per­mettent d’être très pré­sent, car les voyages à l’étran­ger ont été an­nu­lés ou re­por­tés en 2021. Même si je suis ab­sent la jour­née, chaque soir je suis là et je peux pro­fi­ter de Charles. Et m’in­ves­tir, en tant que père mo­derne, dans toutes les tâches ! Je me lève la nuit, c’est moi le ma­tin qui m’oc­cupe de lui avant de pas­ser le re­lais à par­tir de 8 heures. J’ai énor­mé­ment de chance.

À qui se­lon vous, ou se­lon vos proches, le prince Charles res­semble-t-il le plus ?

S. D. L. : C’est le por­trait de mon ma­ri ! Il a les mêmes ex­pres­sions, c’est tel­le­ment drôle, no­tam­ment le re­gard. Je vois Guillaume dans les yeux de Charles. C’est ex­tra­or­di­naire. Mon ma­ri a une fa­çon très par­ti­cu­lière de sou­rire, avec les yeux. Et Charles a dé­jà la même !

G. D. L. : C’est vrai que Charles va être un pe­tit gar­çon brun aux yeux mar­ron. Et c’est vrai qu’il a mes yeux, qui sont aus­si ceux de ma soeur et de ma mère. Mais c’est amu­sant, parce que, de mon cô­té, je vois beau­coup d’ex­pres­sions de Sté­pha­nie.

De quelle édu­ca­tion rê­vez-vous tous deux pour le prince ?

S. D. L. : Comme tout pa­rent, nous vou­lons qu’il soit heu­reux, épa­noui. On rêve de lui don­ner les bases qui lui per­met­tront d’avan­cer dans la vie de fa­çon se­reine, d’af­fron­ter les dif­fi­cul­tés, car tôt ou tard, on en ren­contre tous. Dans l’édu­ca­tion, on cherche à la fois à don­ner un cadre dans le­quel l’en­fant pour­ra s’épa­nouir et, en même temps, le pré­pa­rer à af­fron­ter le monde qui l’en­toure.

Mon­sei­gneur, a-t-on une en­fance « nor­male » quand on est ap­pe­lé à ré­gner un jour ?

G. D. L. : Nous al­lons nous ef­for­cer de lui don­ner une en­fance nor­male. Je crois que c’est ex­trê­me­ment im­por­tant.

J’ai eu le bon­heur d’avoir une en­fance pré­ser­vée jus­qu’à un cer­tain âge grâce à mes pa­rents et je pense que nous al­lons agir de la même fa­çon. Pour que Charles, jus­te­ment, soit un en­fant comme les autres, dans une école, ici au Luxem­bourg, avec d’autres en­fants, et qu’il ne soit pas consi­dé­ré comme quel­qu’un de dif­fé­rent.

S. D. L. : Il y a un temps pour tout et la pe­tite en­fance n’est cer­tai­ne­ment pas l’âge où il doit réa­li­ser ce qui l’at­tend dans le fu­tur. C’est l’âge du jeu, de la dé­cou­verte… Et puis, nous avons la chance de vivre à la cam­pagne, c’est le cadre idéal pour jouer de­hors, construire des ca­banes. Et, bien sûr, sen­tir l’amour de ses pa­rents et de sa fa­mille. Quand il se­ra en âge de com­prendre, nous lui ex­pli­que­rons.

Ma­dame, vous êtes mu­si­cienne. Est-ce que vous sen­si­bi­li­sez dé­jà le prince à la mu­sique ?

S. D. L. : Je lui fais écou­ter de la mu­sique clas­sique, no­tam­ment des choeurs. Je me suis ren­du compte que les voix l’apaisent beau­coup. Je le vois, dans la voi­ture, quand il pleure, qu’il est fa­ti­gué et qu’il cherche le som­meil. En quelques se­condes, il s’en­dort. Je joue

aus­si de la mu­sique de­vant lui. Mais je vais être hon­nête, la pre­mière fois, il n’a pas du tout ai­mé ! J’avais ar­rê­té le vio­lon à la fin de ma gros­sesse et j’ai re­pris il y a deux mois seule­ment. La pre­mière fois qu’il a en­ten­du le vio­lon, il a hur­lé (rires). G. D. L. : Il se de­man­dait ce qu’était ce bruit ! (rires) S. D. L. : Pour­tant, il avait dé­jà en­ten­du des en­re­gis­tre­ments. Mais il est vrai que la pré­sence de l’ins­tru­ment, le son, tout est com­plè­te­ment dif­fé­rent… La deuxième fois que j’ai joué, il m’a écou­tée et m’a re­gar­dée, sur­pris, sans pleu­rer. Je vous ras­sure : main­te­nant, il en re­de­mande ! Hier, je jouais en­core en sa pré­sence. Il était mé­con­tent que j’ar­rête.

Quels grands-pa­rents sont le grand-duc et la grande-du­chesse?

G. D. L. : Ils sont tel­le­ment tou­chants. La grande-du­chesse a une pas­sion pour Charles. Mal­heu­reu­se­ment, du fait de la Co­vid-19, elle le voit bien moins que ce qu’elle sou­hai­te­rait. Mais quand ce­la ar­rive, c’est tou­jours une fête. Et pour Charles aus­si. Charles sou­rit, lui fait des grands signes. Et avec mon père, c’est la même chose. Mon père a un très fort at­ta­che­ment à Charles et, ré­ci­pro­que­ment, Charles pour son grand-père. La seule chose qui nous in­quiète, c’est qu’ils le gâtent trop… Ce qui est le beau rôle de tout grand-pa­rent !

Nous en­trons dans la pé­riode de Noël, une pé­riode d’es­pé­rance mais for­cé­ment par­ti­cu­lière cette an­née. Qu’est-ce que la Co­vid-19 va changer pour vous et vos fa­milles dans ces cé­lé­bra­tions ?

S. D. L. : Ce se­ra très dif­fé­rent car nous avons l’ha­bi­tude, chaque an­née, de pas­ser du temps avec nos deux fa­milles. Cette an­née, je vois dif­fi­ci­le­ment comment ce­la se­ra pos­sible. Je crois que ce se­ra l’oc­ca­sion, main­te­nant que nous avons notre propre fa­mille, de cé­lé­brer Noël tous les trois. Ce se­ra très beau aus­si. C’est une nou­velle dy­na­mique. Ce se­ra moins bruyant, c’est sûr, car chez moi nous sommes huit frères et soeurs, avec vingt-quatre ne­veux et nièces, et c’est très vi­vant ! (rires) Là, ce se­ra beau­coup plus calme. Mais nous nous ré­jouis­sons. Vu l’âge de Charles, il n’en au­ra pas sou­ve­nir. Mais quand on voit comment il re­garde le sa­pin, toutes les lu­mières… Le pre­mier Noël d’un en­fant c’est quelque chose d’in­ou­bliable.

En quoi les fêtes de fin d’an­née sont-elles ma­giques au Luxem­bourg ? Quelles sont les tra­di­tions luxem­bour­geoises ?

S. D. L. : En temps nor­mal, au Luxem­bourg, la tra­di­tion des mar­chés de Noël est partout, comme en Al­le­magne ou en Al­sace. Ces mar­chés de Noël sont ma­gni­fiques…

G. D. L. : Mais comme cette an­née ils ne peuvent pas avoir lieu, les com­mer­çants, ici au Luxem­bourg, se sur­passent pour dé­co­rer leurs vi­trines !

S. D. L. : Et beau­coup de gens en font de même avec leur mai­son. Dès la tom­bée de la nuit, dans les vil­lages, tout est illu­mi­né. Mais n’ou­bliez pas que la Saint-Ni­co­las, le 6 dé­cembre, est une tra­di­tion im­por­tante, au Luxem­bourg comme en Bel­gique. Saint Ni­co­las, c’est un peu l’an­cêtre du père Noël. Il y a plu­sieurs ver­sions de la lé­gende, mais dans toutes, saint Ni­co­las vient en aide aux en­fants. En Bel­gique, où j’ai gran­di, il ap­porte des cadeaux aux en­fants sages et passe par la che­mi­née, comme le Père Noël.

G. D. L. : Au Luxem­bourg, il vient sur son âne ! C’est pour ce­la qu’avant d’al­ler se cou­cher, les en­fants laissent du sucre et une ca­rotte. Vous sa­vez, quand j’étais pe­tit, saint Ni­co­las ve­nait vrai­ment chez nous. On le voyait ar­ri­ver de­puis le che­min. C’était un mo­ment très ex­ci­tant pour nous. Il nous par­lait, il nous connais­sait. Mal­heu­reu­se­ment, à ce mo­ment-là, mon père n’était ja­mais là, il était tou­jours re­te­nu… Et étran­ge­ment, il ar­ri­vait juste après le dé­part de saint Ni­co­las ! (rires)

Et Noël ?

S. D. L. : Quand j’étais pe­tite, il y avait vrai­ment une dis­tinc­tion entre la Saint-Ni­co­las et Noël. Saint Ni­co­las nous ap­por­tait certes des cadeaux, mais Noël était avant tout la fête de fa­mille. J’ai sou­ve­nir du grand dé­jeu­ner de Noël tous en­semble, de l’am­biance. C’était fée­rique.

G. D. L. : Noël, c’est aus­si le che­min qui mène jus­qu’au 25 dé­cembre. Chez nous aus­si, mes pa­rents s’ef­for­çaient de créer un es­prit de fête dès le pre­mier jour de l’avent, quand on dé­co­rait le sa­pin. Il y avait tou­jours des chants de Noël, dans ce sa­lon qui est le nôtre au­jourd’hui. Ce sont de très beaux sou­ve­nirs que, j’es­père, nous pour­rons re­vivre, avec Charles d’abord, et le reste de la fa­mille.

Quels cadeaux peut es­pé­rer le prince Charles ?

S. D. L. : Pour un bé­bé de sept mois, je crois que la ma­man s’offre sur­tout des cadeaux à el­le­même… (rires) Charles, je pense, va re­ce­voir de nom­breux py­ja­mas et de jo­lies te­nues…

G. D. L. : Et puis nous avons dé­jà été tel­le­ment gâ­tés par tous nos com­pa­triotes de­puis sa nais­sance. Ce­la nous a beau­coup tou­chés.

Avec quelques se­maines d’avance, peut-on vous de­man­der quels voeux vous for­mu­lez pour l’an­née 2021?

G. D. L. : Notre voeu le plus cher est que nous puis­sions re­ve­nir à une cer­taine nor­ma­li­té, que cette pan­dé­mie cesse, car elle crée énor­mé­ment de souf­france, beau­coup de gens sont iso­lés. Que 2021 soit une an­née clé­mente pour toutes les fa­milles qui ont le dé­sir et le be­soin de se re­trou­ver.

« Notre voeu le plus cher est que 2021 soit une an­née clé­mente pour toutes les fa­milles qui ont le be­soin de se re­trou­ver. »

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Le prince Charles de Luxem­bourg est né le 10 mai 2020. Après son père, le grand-duc hé­ri­tier Guillaume, il est se­cond dans l’ordre de suc­ces­sion au trône de Luxem­bourg.
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Dans le sa­lon du châ­teau de Fi­sch­bach, le prince Charles dé­couvre le sa­pin, dé­co­ré dès le pre­mier jour de l’avent. Ré­si­dence des grands-ducs hé­ri­tiers, c’est à Fi­sch­bach que Guillaume de Luxem­bourg a gran­di. Le châ­teau se­ra aus­si la ré­si­dence du grand-duc Jean après son ab­di­ca­tion en 2000.
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Pro­fi­tant d’un rayon de so­leil, Guillaume, Sté­pha­nie et Charles de Luxem­bourg en pro­me­nade dans les jar­dins de Fi­sch­bach.

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