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Ou­bliez les ver­sions en­fan­tines du Livre de la Jungle de Dis­ney. An­dy Ser­kis, le roi de la per­for­mance cap­ture, re­vient à l’am­biance sombre du livre de Ru­dyard Ki­pling.

Première - - SOMMAIRE - u PAR ÉLO­DIE BARDINET

Mowgli d’An­dy Ser­kis, L’amour est une fête de Cé­dric An­ger

Cet au­tomne, Mowgli re­vient au ci­né­ma. Mais at­ten­tion : « Il n’y au­ra pas de chan­son, pré­vient An­dy Ser­kis. Ah, si, je vous dis une bê­tise : il y en au­ra dans les scènes de village. Des mor­ceaux in­diens tra­di­tion­nels. Il y au­ra donc bien de la mu­sique, mais on n’en­ten­dra pas chan­ter les ani­maux. » Le mes­sage est clair : ou­bliez les adap­ta­tions fa­mi­liales de Dis­ney. Loin du man­tra « Il en faut peu pour être heu­reux », le réa­li­sa­teur veut re­trou­ver le ton sombre du re­cueil de nou­velles de Ru­dyard Ki­pling, pu­blié en 1894. Le Livre de la jungle étant pa­ra­doxa­le­ment de­ve­nu dans l’in­cons­cient col­lec­tif « une his­toire pour en­fants », il prend le pa­ri de sur­prendre le pu­blic avec ses ré­flexions sur l’hu­ma­ni­té, la bes­tia­li­té, ou le res­pect de la loi. Tout en se lan­çant un énorme dé­fi vi­suel.

Pour éviter toute com­pa­rai­son avec la ver­sion live de Jon Fa­vreau (2016), Ser­kis a pris son temps : dé­mar­ré en 2013, le pro­jet est tout juste fi­na­li­sé. Car la per­for­mance cap­ture, tech­nique d’ani­ma­tion nu­mé­rique dont il est de­ve­nu le plus fervent dé­fen­seur, a de­man­dé beau­coup de tra­vail. Après avoir don­né vie à Gol­lum, King Kong, le Ca­pi­taine Had­dock ou le singe Cé­sar, il joue Ba­loo aux cô­tés de Ch­ris­tian Bale (Ba­ghee­ra), Cate Blan­chett (Kaa) ou en­core Be­ne­dict Cum­ber­batch (Shere Khan). « Il ne fal­lait pas qu’on ait l’air de faire un do­cu­men­taire ani­ma­lier, évi­dem­ment. Nos créa­tures ont un de­si­gn par­ti­cu­lier... mais leurs émo­tions de­vaient être cré­dibles. Chaque ani­mal de­vait re­flé­ter les ex­pres­sions de son ac­teur. C’est dé­jà dif­fi­cile à faire avec les singes – sur la tri­lo­gie La Pla­nète des singes –, mais c’est en­core plus dur de de­man­der à Ch­ris­tian Bale d’être une pan­thère, à Cate Blan­chett d’être un ser­pent ou à Be­ne­dict Cum­ber­batch d’être un tigre, et que toutes ces in­car­na­tions soient co­hé­rentes entre elles. Il y a un mo­ment dans la phase de créa­tion où le vi­sage de l’homme et ce­lui de l’ani­mal se confondent, c’est dif­fi­cile à ex­pli­quer, mais c’est ce qui fait que l’émo­tion passe à l’écran. » Ce­la brouille aus­si la fron­tière entre l’homme et l’ani­mal, su­jet qui est au coeur du Livre de la jungle.

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