John­nys’en­va-t-en­guerre (1971), Su­per­man (1979), LesHom­mes­du­feu (2017)

Première - - FILMS - CH­RIS­TOPHE NARBONNE

jo­li­ment ren­due par la mise en scène, qui ajuste son tem­po à ses gestes dé­li­cats et à ses pa­roles ras­su­rantes. Sau­ver ou pé­rir passe de la cin­quième à la se­conde en un plan, re­met­tant tous les comp­teurs à zé­ro. Il ne s’agit plus d’al­ler de l’avant et de pla­ni­fier des choses mais de se re­mettre de­bout et de par­ler. L’ob­ses­sion n’est plus la vie mais la mort, comme l’in­carnent les pein­tures ef­frayantes de James En­sor, ob­jets de fas­ci­na­tion pour Franck. Ca­ché der­rière un masque ci­ca­tri­sant, agi­té de pul­sions sui­ci­daires, l’an­cien pompier vi­re­vol­tant n’est plus que l’ombre de lui-même (la pho­to clair-obs­cur est au pas­sage ma­gni­fique) et doit en­ta­mer sa ré­édu­ca­tion sous l’oeil fa­ti­gué de Cé­cile et ce­lui, pu­dique, de la ca­mé­ra. L’épouse cou­rage ga­gnée par le dé­cou­ra­ge­ment de­vient cen­trale dans ce ré­cit épique et mul­tiple, qui se re­centre pro­gres­si­ve­ment sur le couple et le dia­logue comme mo­teurs d’une re­cons­truc­tion ré­ci­proque et sur le re­gard comme vec­teur de ten­sions – Les Yeux sans vi­sage ren­contre Scènes de la vie conju­gale. Cé­cile a ain­si droit à la meilleure scène du film, au cours de la­quelle elle confie son désa­mour au mé­de­cin de Franck, qui trouve les mots justes non pas pour lui faire la mo­rale, mais pour lui don­ner des rai­sons d’es­pé­rer. Qui au­rait cru qu’après L’Af­faire SK1 Fré­dé­ric Tel­lier ré­ha­bi­li­te­rait le mé­lo­drame avec un tel brio ?

uF­rance • Fré­dé­ric Tel­lier • Pierre Ni­ney, Anaïs De­mous­tier, Vincent Rot­tiers... • 1 h 56 • 28 no­vembre

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