SÉ­LEC­TION VI­DÉO

Première - - SOMMAIRE -

Bat­man contre le Fan­tôme mas­qué ; Au poste ! ; The Last Pic­ture Show ; no­tules DVD

La té­lé peut-elle nous of­frir de grands mo­ments de ci­né­ma ? Sû­re­ment, mais en France, les ar­gen­tiers et les ins­ti­tu­tions ont dé­ci­dé qu’un film qui ne sor­tait pas en salles s’ap­pe­lait un « té­lé­film ». Même s’il re­monte à une époque où l’on se mo­quait com­plè­te­ment de ce genre de dé­bats ter­mi­no­lo­giques, le somp­tueux Bat­man contre le Fan­tôme mas­qué, sou­vent consi­dé­ré comme le « meilleur film Bat­man ja­mais réa­li­sé », de­vien­drait sur nos terres « le meilleur té­lé­film Bat­man ja­mais réa­li­sé » – il n’est sor­ti ici qu’en VHS. Un titre ho­no­ri­fique sou­dai­ne­ment moins pres­ti­gieux mais qui pré­sente l’avan­tage de ne pas trop bles­ser l’or­gueil des très sen­sibles Tim Bur­ton ou Ch­ris­to­pher No­lan. On de­meure le pays de la ci­né­phi­lie, l’af­faire est en­ten­due. Néan­moins, il faut res­ter hon­nête et re­con­naître que l’ADN in­dus­triel de ce pro­jet-là est pu­re­ment té­lé­vi­suel. Adap­ta­tion au for­mat long de la sé­rie ani­mée Bat­man ap­pa­rue au dé­but des an­nées 90,

BAT­MAN FIL­MO EX­PRESS

ce Fan­tôme mas­qué était à l’ori­gine pré­vu pour le mar­ché vi­déo. Épa­tés par le ré­sul­tat, les pontes de la War­ner dé­ci­dèrent au tout der­nier mo­ment de sor­tir le film en salles. C’est le gé­nie conjoint de Bruce Timm (co­réa­li­sa­teur et di­rec­teur ar­tis­tique de la sé­rie) et Paul Di­ni (cos­cé­na­riste et scri­bouillard star du show) qui fi­nit par pro­pul­ser l’ob­jet dans une case plus grande, plus noble et plus évé­ne­men­tielle que celle à la­quelle il était des­ti­né. Pen­sé comme un grand mélo fris­son­nant, loo­ké comme un Ma­buse pour les mômes des 90s et ryth­mé par des sé­quences d’ac­tion d’une bru­ta­li­té exem­plaire, Le Fan­tôme mas­qué trou­vait dans la salle de ci­né­ma son écrin évident. Contre­coup de cette sor­tie pré­ci­pi­tée, la cam­pagne mar­ke­ting du film vi­ra au dé­sastre de com, per­sonne n’étant au cou­rant qu’un nou­veau Bat­man concoc­té par les types de la sé­rie ani­mée (qui, elle, en­chaî­nait les car­tons d’au­dience) s’ap­prê­tait à dé­bar­quer en salles. Mais la re­con­nais­sance ne se fit pas at­tendre et une re­nom­mée, à la fois im­mense et très sou­ter­raine, en­toure de­puis sa sor­tie cet ob­jet bâ­tard et ter­ri­ble­ment sé­dui­sant. « Le meilleur film Bat­man ja­mais réa­li­sé ! » : on au­ra beau­coup en­ten­du cette phrase, mais es­sen­tiel­le­ment dans la bouche des fans et de la cri­tique – c’est-à-dire des gens très bruyants, très in­for­més mais com­plè­te­ment mi­no­ri­taires. Que reste-t-il vrai­ment de cet ob­jet dans l’in­cons­cient col­lec­tif ? Ça dé­pend du point de vue adop­té. En France, le film tient es­sen­tiel­le­ment du sou­ve­nir. Beau­coup disent l’avoir aper­çu et ado­ré il y a fort long­temps sur Ca­nal+, mais étant de­ve­nue in­vi­sible de­puis l’ère de la VHS, cette concep­tion du Ca­ped Cru­sa­der ima­gi­née par Timm et Di­ni a été com­plè­te­ment en­se­ve­lie par les di­verses adap­ta­tions live ou la ré­cente sé­rie de jeux vi­déo Bat­man : Ar­kham.

LE FILM ÉLA­BORE UNE DRÔLE D’HY­PO­THÈSE : ET SI BAT­MAN ÉTAIT UN AMOU­REUX AU COEUR MEUR­TRI ?

Qu’est-ce qui peut bien se jouer d’aus­si fort dans ce ré­cit-là ? Ça tient à pas grand-chose, à peine à une émo­tion qui passe. Ori­gin sto­ry dis­crète et im­pres­sion­niste, Le Fan­tôme mas­qué es­quive tout ce qui vend la soupe su­per­hé­roïque d’au­jourd’hui. C’est une aven­ture qua­si rou­ti­nière (té­lé­vi­suelle ?) de Bat­man, à ce­ci près qu’elle est tra­ver­sée par une his­toire d’amour com­plè­te­ment mor­bide. Au mo­ment où ap­pa­raît dans Go­tham un nou­veau jus­ti­cier ul­tra violent dé­zin­guant du mal­frat au

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