VICE

Première - - PREVIEW - PAR FRAN­ÇOIS LÉ­GER

The Big Short : Le Casse du siècle a mar­qué une rup­ture franche dans la car­rière d’Adam McKay, jus­qu’ici consi­dé­ré comme un cinéaste du lou­foque et le porte-voix d’une cré­ti­ne­rie ty­pi­que­ment américaine (Pré­sen­ta­teur ve­dette : La Lé­gende de Ron Bur­gun­dy, Fran­gins mal­gré eux, Ve­ry Bad Cops). Avec Vice, il pour­suit son aus­cul­ta­tion des cou­lisses du pou­voir – cette fois-ci po­li­tique – sur le même ton, mi-mo­queur, mi-cy­nique. Un biopic acide de Dick Che­ney, ré­pu­té comme ayant été le plus puis­sant vice-pré­sident de l’his­toire des États-Unis, qui pour­rait bien mettre un Christian Bale mé­con­nais­sable dans la course à l’Os­car du meilleur ac­teur. Be­don­nant (il a prix 18 kg pour le rôle), à moi­tié chauve, lu­nettes rondes vis­sées sur le nez, phra­sé construit sur des pauses de faux ti­mide qui cachent un évident com­plexe de su­pé­rio­ri­té : Christian Bale est ma­gné­tique et dé­vore tout sur son pas­sage dans la bande-an­nonce, même ses pe­tits ca­ma­rades de jeu, pour­tant pas en reste (Steve Ca­rell dans la peau de Do­nald Rum­sfeld ; Sam Ro­ck­well tor­dant de naï­ve­té en George W. Bush). Une per­for­mance, dans ce que le terme a de plus noble. « Je ne voulais sur­tout pas d’une simple imi­ta­tion de Dick Che­ney. Et j’ai im­mé­dia­te­ment su que Christian était l’ac­teur par­fait pour l’in­ter­pré­ter, a dé­cla­ré Adam McKay. Il a dé­cons­truit la per­son­na­li­té de Dick Che­ney avant de la ras­sem­bler à sa fa­çon. Je n’ai ja­mais vu d’équi­valent à sa tech­nique de jeu, ni ob­ser­vé quel­qu’un tra­vailler au­tant, être si dur en­vers lui-même, et avoir un tel pou­voir de fas­ci­na­tion à l’écran. Je ne crois pas qu’il existe quel­qu’un d’autre comme Christian Bale sur la pla­nète Terre. » L’Os­car, on vous dit.

VICE De Adam McKay • Avec Christian Bale, Amy Adams, Steve Ca­rell… • Sor­tie 13 fé­vrier 2019

Christian Bale et Amy Adams

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